Edito mai 2025
Face à la guerre et à la casse de l’École publique,
refuser de se taire et de laisser faire !
Silence dans les rangs !
C’est l’injonction adressée par les autorités de l’Éducation nationale à cette enseignante du lycée de Sens (Yonne) suspendue pour avoir observé une minute de silence avec des élèves volontaires en hommage aux victimes palestiniennes des bombardements israéliens le 18 mars, et à ces lycéennes de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) inquiétées et menacées de sanctions pour avoir déployé un drapeau palestinien à l’occasion d’une fête des arts et de la Culture le 4 avril.
À l’heure où l’offensive israélienne redouble de violence et où les voix s’élèvent de plus en plus nombreuses, y-compris parmi des soutiens du gouvernement israélien, pour dénoncer la guerre génocidaire menée depuis 19 mois contre les Palestiniens, amenant l’Union Européenne à envisager de réviser son accord d’association avec Israël, cet acharnement à réprimer toute expression en faveur de la paix et de la solidarité envers les Palestiniens est inacceptable et soulève une indignation grandissante dans les établissements scolaires et au-delà.
En quelques jours, les motions de soutien à notre collègue de Sens se sont multipliées. Des rassemblements intersyndicaux s’organisent pour le 28 mai dans tout le pays. Les organisations FNEC FP-FO, FSU, CGT Educ’action, SUD Education, ont interpelé la ministre Borne afin que « cette suspension soit annulée et qu’aucune sanction ne soit prise », et appellent à un rassemblement devant le ministère.
Pour sa part, le Secrétaire général de la Confédération FO, Frédéric Souillot, demande au Président de la République de prendre « des mesures pour mettre fin à (la) guerre (à Gaza), obtenir la libération de tous les otages et donner aux peuples israéliens et palestiniens l’assurance de la sécurité, du respect et d’une paix durable ».
Face aux travailleurs refusant de se taire et de laisser faire, la répression et la division apparaissent comme les derniers recours d’un gouvernement illégitime dont le ministre de l’intérieur enfonce le pays dans une surenchère liberticide et autoritaire en engageant la dissolution d’Urgence Palestine et de la Jeune Garde, et dont le premier ministre, s’est discrédité en persistant à mentir sur son rôle dans l’affaire Bétharram devant la commission d’enquête parlementaire qui l’auditionnait le 14 mai, afin de protéger coûte que coûte l’enseignement privé catholique.
C’est que décidément, les mesures d’austérité, l’« économie de guerre », ont du mal à passer. Après l’échec du conclave sur les retraites, Macron et Bayrou cherchent tous les expédients, tous les moyens de diversion, pour imposer les 40 milliards d’euros de réduction des dépenses publiques qu’ils prévoient au budget 2026 : référendum sur un « plan d’ensemble » de réduction des déficits, conférence sociale pour « discuter du financement de la protection sociale », convention citoyenne sur les temps de l’enfant, assises de la santé scolaire…
Pendant ce temps, à l’Éducation nationale, sous la conduite de Madame 49.3, le train des contre-réformes poursuit sa course : confirmation des groupes de besoin en 6ème et 5ème ; nouveaux programmes de cycle 3 en Français et en Mathématiques dans le cadre du « choc des savoirs » ; publication le 17 avril du décret sur la formation des enseignants rejetée par les personnels et les syndicats en 2024 ; nouvelles mesures sur les carrières dans le cadre de PPCR ; vote le 6 mai de la proposition de loi généralisant les PAS…
Mais les passages en force n’empêchent pas que depuis des mois, dans de nombreux départements, personnels, parents, élus se mobilisent contre les suppressions de postes, les fermetures de classes…. Le 1er mai, plusieurs centaines de milliers de travailleurs ont manifesté dans tout le pays, montrant leur combativité. Le 5 puis le 13 mai, à Grenoble, des centaines de personnels et de parents se sont mobilisés pour réclamer des moyens…
Dans cette situation, le comité national des écoles et établissements mobilisés réuni le 14 mai, constatant que « parents, personnels, élus ne lâchent rien pour exiger les moyens nécessaires et indispensables pour l’école », a décidé d’appeler à « des actions dans les départements le 10 juin » (grève, blocages, rassemblements, conférences de presse…), puis d’organiser une conférence de délégués suivie d’un nouveau rassemblement devant le ministère le 11 juin.
Avec la FNEC FP-FO, le
SNFOLC sera toujours aux côtés de ceux, personnels, parents, lycéens, qui refusent de se taire et de laisser faire. C’est pourquoi il appelle ses syndicats, ses militants, à tout faire pour diffuser largement cet appel et assurer le succès des mobilisations des 10 et 11 juin.
François Pozzo Di Borgo
secrétaire générale
du SNFOLC
