Edito septembre 2022

Une rentrée « qui se passe bien » ?

En êtes-vous certain monsieur le ministre ?

 

Après le covid, avec la guerre en Ukraine, puis les incendies de cet été et la canicule… le gouvernement n’a de cesse de nous dire qu’il nous faut agir avec sobriété et résilience et renoncer à l’abondance dont nous avons bénéficié, sic !

Derrière ces grands mots et le « nous sommes en guerre », encore une fois, lors de la conférence de presse du Président de la République le 5 septembre, plusieurs objectifs se dessinent. D’une part, celui de faire renoncer les salariés à toute revendication dans tous les secteurs et donc à la grève et à la mobilisation qui permettent d’obtenir des augmentations de salaires et des améliorations des conditions de travail. Revendications plus que jamais d’actualité. D’autre part, dans cette situation d’urgence, l’objectif est aussi d’inciter à participer à son Conseil National de la Refondation, lancé le 8 septembre, et qui sera décliné à l’Ecole dès le 9 septembre.

 

Résumons, il nous est demandé au nom de l’union nationale face à tous les dangers d’agir ensemble, sans distinction, salariés, syndicats, patrons et gouvernement comme si tous les intérêts convergeaient.

Le SNFOLC et la FNEC FP-FO ont été clairs. Pour nous, il n’est pas question de participer à une opération d’enfumage dont l’objectif est d’étouffer les revendications et de nous associer à de nouvelles régressions sociales. Le SNFOLC se félicite de la décision de la Confédération FO de ne pas participer au CNR de M. Macron. Par ailleurs, le ministre a concédé lors de l’audience FO du 5 septembre qu’elle n’était pas obligatoire dans les établissements. La position de FO est un réel point d’appui pour résister à la territorialisation de l’Ecole, pour la défense des personnels et celle de l’instruction.

 

Alors dans ce contexte faut-il croire les derniers propos de la première ministre Borne, le 1er septembre dans la Somme sur la rentrée scolaire ? « Grâce au travail qui est mené par le ministre et toutes ses équipes, je pense qu’on peut dire qu’aujourd’hui on a une rentrée qui se passe bien », « les remontées que nous avons de la part des différents rectorats nous laissent penser que la rentrée se passe dans de bonnes conditions ». Et ceux de P. Ndiaye, lors d’un déplacement à Toulouse, le 2 septembre : « On nous avait promis le pire, mais c’est une rentrée réussie ». C’est ce qu’a répété le ministre lors de l’audience fédérale du 5 septembre : « une rentrée comparable à 2021, une rentrée convenable ». Le ministre applique certes la méthode Coué pour lui-même et ses collaborateurs et il souhaite nous convaincre… mais cela ne fonctionne pas !

 

Pour preuve, ce que les syndicats départementaux du SNFOLC constatent en matière de manque de postes, de classes surchargées, de conditions de travail dégradées. Les mobilisations ont eu lieu dès la rentrée et d’autres sont prévues. Dans de nombreux collèges et lycées, la grève a été décidée le 5 septembre. Des rassemblements se sont tenus les 7 et 8 septembre. Comment expliquer ces mobilisations si tout va si bien dans les établissements à cette rentrée ? Ce ne sont pas les propos du ministre qui vont rassurer les personnels. Lors de l’audience FO au ministère du lundi 5 septembre, à la demande de mise en place de concours exceptionnels dans le second degré, le ministre a opposé un « non » ferme et définitif. Ce serait trop compliqué, juridiquement impossible et « le second degré a l’habitude des contractuels »…

Le SNFOLC n’entend pas en rester là car non seulement on ne va pas opposer titulaires et contractuels, mais il est impossible de se satisfaire du manque de professeurs, de CPE, d’AED, etc. sauf à accepter de renoncer aux revendications des personnels. Quant aux salaires : pas d’augmentation prévue alors que l’inflation continue d’augmenter. Ce que prévoit le ministre dans le droit fil des annonces d’E. Macron, c’est « un pacte de missions ». Soit en langage plus clair, un salaire qui dépendrait des missions acceptées en plus. Autrement dit, quelques miettes en contrepartie de la casse des statuts par les personnels eux-mêmes qui accepteraient d’assurer en plus de leurs missions, celles des autres personnels, y compris celles des personnels de direction ! Pour FO, c’est une ligne rouge que le ministre serait bien inspiré de ne pas franchir.

 

Plaçons, chers camarades et collègues, cette rentrée 2022 sous le signe de la résistance et de la combativité avec FO. Bonne rentrée à tous, et n’oubliez pas que le syndicat est à votre disposition. Ensemble nous sommes plus forts ! Organisés, nous pouvons gagner !

 

Edith Bouratchik

secrétaire générale du SNFOLC