Edito du journal de novembre 2025
D ans quelques semaines, des 15 au 19 décembre 2025, se réuniront à Angers le 20 ème congrès de la FNEC FP-FO et de plusieurs de ses syndicats nationaux, dont le 33ème congrès du SNFOLC qui se tiendra les 17 et 18 décembre. Dans quelle situation préparons-nous ce moment important de la vie de notre organisation, où se discuteront le bilan du mandat qui s’achève et nos résolutions pour le mandat à venir, et où il s’agira notamment de mettre notre syndicat en ordre de marche pour les élections professionnelles 2026 ?
À l’heure où ces lignes sont écrites ont lieu les débats au Parlement pour élaborer un budget 2026 dans un contexte où la crise politique qui secoue les institutions de la Vème République ne cesse de s’aggraver et de s’accélérer, les gouvernements illégitimes se succédant presque aussi vite qu’ils sont formés.
À l’origine de cette crise, il y a d’une part l’obstination du
président Macron à piétiner les règles les plus élémentaires de la démocratie depuis sa défaite aux élections de juin et juillet 2024. Il y a d’autre part le rejet largement majoritaire chez les travailleurs, actifs et retraités, et la jeunesse, des politiques de destruction des conquêtes sociales menées depuis 2017 par le chef de l’Etat, tombé à 11 % de côte de popularité, et ses gouvernements successifs, à commencer par la réforme des retraites.
Pour éviter la censure, et tenter d’imposer un budget d’austérité avec près de 40 milliards de coupes dans les dépenses publiques, le Premier ministre Lecornu, qui en est déjà à son deuxième gouvernement, a annoncé la suspension de la réforme Macron-Borne des retraites. Mais personne n’est dupe : le prix de cette suspension c’est la multiplication d’attaques contre la Sécurité sociale, qui célèbre ses 80 ans cette année, avec notamment le gel des pensions, le doublement des franchises médicales, la réduction de 7 milliards d’euros des dépenses de santé etc. Le président Macron l’a déclaré lui-même le 21 octobre, il n’y a, de fait, « ni abrogation, ni suspension » mais un simple « décalage » de la réforme (et donc le maintien des 64 ans et des 43 annuités), « avec un financement par des économies ».
Tandis que la CFDT se déclare d’ores et déjà prête à discuter de la « capitalisation » et d’un « système de retraite à la carte et par point », massivement rejeté en 2019, la Confédération FO tient bon sur l’exigence d’abrogation pure et simple de la réforme de 2023.
À l’Éducation nationale, tout en annonçant la création de 5 400 emplois supplémentaires, le gouvernement prévoit la suppression de 4 000 postes d’enseignement, dont 1 365 dans le second degré, pour la rentrée 2026. Le ministre Geffray explique qu’il s’agit de « s’adapter » à « l’effondrement démographique » (le nombre d’élèves devant passer de 12 à 10 millions d’ici à 2035-40).
Simultanément, le même qui affirme qu’il n’est pas là pour engager de grandes réformes, poursuit scrupuleusement la mise en œuvre des contre-réformes en cours, qu’il a largement contribué à lancer en tant que Directeur Général de l’Enseignement Scolaire entre 2019 et 2024, de la réforme du lycée et du baccalauréat au « choc des savoirs », en passant par l’acte 2 de l’école inclusive…
Et tandis que l’École, comme l’Hôpital, est à la diète, les milliards continuent à couler à flot pour l’armement : plus 7 milliards d’euros pour le ministère des armées !
C’est que, pour Macron et ses ministres, comme pour les gouvernements des 27 pays membres de l’UE, qui ont adopté le 23 octobre un plan de réarmement européen « pour la préparation de la défense 2030 », l’heure est à préparer la guerre, et ni l’école, ni la jeunesse ne sauraient y échapper.
Ainsi, dans le département de l’Eure, des collégiens de plusieurs établissements ont participé le 17 octobre, au titre du « Parcours avenir et du parcours citoyen » au salon de la défense à Evreux, où certains d’entre eux ont été incités à manier des armes et des équipements de combat (lire ci-contre). Avec la FNEC FP-FO, le SNFOLC s’oppose fermement à toute intégration de l’école à un dispositif militaire et à toute mesure d’embrigadement et de militarisation de la jeunesse !
Dans ces conditions, il est clair que la défense du syndicalisme indépendant, orienté sur le combat contre la marche à la guerre, contre les budgets de guerre et d’austérité et la construction du rapport de force pour gagner sur les revendications, contre la mécanique des journées d’action à répétition qui mène dans l’impasse, sera au centre des discussions et des résolutions du congrès fédéral et du SNFOLC.
