Communiqué
du SNUDI FO (1er degré)
Une loi contre
le droit de grève
Un décret qui bafoue la liberté
de négocier !
Le
Décret n° 2008-1246 du 1er décembre
relatif aux règles d’organisation et de déroulement
de la négociation préalable au dépôt d’un
préavis de grève prévue aux article L 133-2 et
L133-11 du code de l’éducation vient d’être
publié.
Ce
décret qui a pour objectif de « prévenir
les conflits » (article 3 de la loi du 20 août
2008) s’inscrit dans le prolongement de la mise en œuvre
« d’un droit d’accueil pour les élèves
des écoles maternelles et élémentaires pendant
le temps scolaire » qui impose une déclaration
préalable de grève d’un délai de 48 heures
pour les enseignants.
Pour Force Ouvrière, la loi du 20
août 2008 est une remise en cause du droit de grève.
C’est
ce que le secrétaire général de la Confédération
FO, Jean-Claude Mailly, a indiqué en audience dès le 27
mai 2008 auprès du ministre M. Darcos.
Pour Force Ouvrière,
le décret du 1er décembre bafoue la liberté
de négocier. Force Ouvrière a voté contre ce
projet de décret au CTPM du 4 septembre 2008.
Une volonté
de nier les revendications
Les
personnels de l’Éducation nationale ont manifesté
et fait grève le 20 novembre 2008 avec des taux de grévistes
de plus de 70%.
Ils rejettent :
- l’annualisation
du service des enseignants du 1er degré institué
par les décrets Darcos
- la suppression de 11 000
postes de RASED (dont 3 000 cette année), la suppression de 2
heures de classe pour les élèves
- la suppression de
13 500 postes au budget 2009
- la remise en cause du
droit syndical et du droit de grève
Le ministre ne
veut pas répondre à ces revendications.
À
l’opposé, le ministre entend instaurer avec le décret
sur la « négociation préalable » une
procédure complexe et longue de 13 jours minimum.
En effet,
après un délai de 3 jours pour répondre à
la notification écrite du syndicat l’administration
dispose de 8 jours pour mener à son terme la
« négociation préalable ».
Au
terme de cette « négociation »
l’administration s’arroge le droit d’établir
un « relevé de conclusion de la négociation »
dans lequel elle inscrit « la liste des points d’accord
et de désaccords constatés … »
C’est
au terme de ces 8 jours que le syndicat peut alors déposer un
préavis de grève qui impose un nouveau délai de
5 jours, soit 13 jours au total.
S’il s’agit d’éviter
les grèves, il suffit que le ministre respecte la liberté
de négocier en toute circonstance sur les revendications qui
motivent la grève.
Le préavis de 5 jours est déjà
une contrainte contre le droit de grève. Ce nouveau dispositif
l’aggrave considérablement.
Il s’agit par le
biais de cette procédure d’encadrer, de freiner,
d’institutionnaliser les relations employeurs/syndicats dans un
cadre contraignant de « prévention des conflits »
et de « dialogue social » que le gouvernement
oppose au droit syndical et à la liberté de négociation
sur la seule base de la défense des intérêts
particuliers et des revendications.
Force
Ouvrière n’a pas signé le relevé de
décisions sur le dialogue social.
Le
décret du 1er décembre vise à
généraliser la méthode du relevé de
conclusions cosigné par les syndicats et l’autorité
administrative sur un diagnostic partagé ou point de
convergence.
Ce décret est une véritable remise en
cause d’une liberté individuelle et d’un droit
collectif essentiel à la démocratie : le droit des
salariés à défendre leurs intérêts
particuliers opposés à ceux de leur employeur et le
droit de grève.
Une mise sous
tutelle des syndicats
De
plus le ministre veut imposer aux organisations syndicales la
composition de la délégation qui les représente :
-
Le décret limite le nombre des membres de la délégation
à 4
- Le décret impose que la délégation
soit composée uniquement des titulaires d’une décharge
de service au titre de l’article 16. Ce n’est donc plus
le syndicat mais l’employeur qui détermine librement la
composition de la délégation qui le représente
dans la « négociation ».
C’est
une remise en cause du droit des syndicats à s’administrer
librement.
Pour le SNUDI FO ce décret menace gravement le
droit de grève, l’indépendance syndicale et la
liberté de négociation. Il mettra tout en oeuvre pour
que ce décret soit retiré, que le droit syndical soit
pleinement respecté.
Il en va de la démocratie.
Montreuil,
le 10 décembre 2008