FO vous alerte
Le statut de
fonctionnaire d’État,
les missions des COP,
l’existence des CIO directement menacés !
Les 17 et
18 septembre se sont tenues à Lyon de journées sur le
thème « gérer les transitions :
l’orientation tout au long de la vie dans l’espace
européen » dans le cadre de la Présidence
française de l’Union Européenne.
Dans le cadre
de ces journées, le ministre Xavier Darcos, le recteur Jean
Paul de Gaudemar, le directeur interministériel à
l’orientation Bernard Saint Girons et le directeur de
l’enseignement supérieur Patrick Hetzel se sont
notamment exprimés.
L’orientation confiée
aux enseignants, ainsi que « le conseil et le suivi »
(il n’y manque que l’observation continue !) C’est
la proposition de JP de Gaudemar, largement développée
dans la réforme du lycée.
Une « agence ».
C’est la proposition de B. Saint Girons. Les « agences »,
c’est le nom qui a été trouvé par l’Union
européenne pour organiser le transfert de fonctionnaires à
des organismes privés. La Poste est en train de devenir une
« agence », service « d’intérêt
général »….
Le transfert aux
régions, ce sont les propositions du HCE (juillet 2008)
qui a osé qualifier les services d’orientation de
« dispositif pléthorique, redondant et peu
efficace ». C’est ce que nous avons combattu avec
succès en 2003.
Nous n’en voulons pas. Il
n’en est pas question.
Nous avons un statut qui définit
nos missions, notre salaire, notre affectation, nos conditions de
travail. Nous voulons le garder.
Les professeurs doivent
enseigner.
Les conseillers d’orientation psychologues
doivent continuer à exercer leur fonction de conseil et de
suivi auprès des élèves et leur famille.
Abandon de la
réforme du lycée !
Le SNFOLC
invite les conseillers d’orientation psychologues avec les
professeurs et les CPE dans les établissements scolaires à
s’adresser ensemble au ministre, comme nous l’avions fait
en 2003 :
- nous voulons garder nos statuts spécifiques
et nos missions : les professeurs veulent rester professeurs,
les COP veulent rester COP, les CPE veulent rester CPE, nous voulons
rester fonctionnaires d’État,
- abandon de la réforme
des lycées,
- pas de privatisation ni externalisation des
missions et services.
Citons
des extraits des propos des uns et des autres lors des journées
des 17 et 18 septembre :
Xavier
Darcos veut
renforcer le rôle des enseignants dans les processus
d’orientation, « Cela suppose qu’ils aient une
connaissance précise des filières de l’enseignement
supérieur et de la réalité du monde du travail.
Cela suppose aussi de mieux reconnaître leur rôle de
conseil et de suivi et c’est ce que j’ai commencé à
faire en augmentant l’indemnité d’orientation accordée
aux professeurs principaux des classes de bac pro 3 ans »,
indique le ministre.
La question de l’orientation est donc
« fondamentale, complexe, récurrente tant pour nos
jeunes concitoyens que pour les responsables éducatifs que
nous sommes et qui doivent penser en terme européen ».
Le ministre veut passer de « l’orientation subie à
l’orientation choisie », à travers trois axes de
travail : faciliter la découverte des métiers dès
le collège, rénover la voie professionnelle, et mieux
préparer les jeunes à l’enseignement
supérieur.
Interrogé par l’AEF sur d’éventuels
nouveaux chantiers en matière d’orientation, reprenant
notamment les préconisations du HCE, Xavier Darcos répond :
« le HCE appelle à ce que tout le monde se sente en
charge de l’orientation (parents, éducateurs, etc.). « Il
n’y a pas de solution miracle (...). C’est un sujet complexe que
celui de l’orientation, qui dépend notamment, de l’élève
lui-même, de la confiance qu’il a en lui, de l’image qu’il se
fait de son destin, de l’image des parents... »
Le
ministre appelle les pays européens à s’inspirer du
modèle britannique en matière d’orientation, citant les
dispositifs qui permettent d’étendre « l’orientation
scolaire à la famille, la santé, la maternité,
le logement ». Xavier Darcos mentionne enfin Learndirect,
un service qui propose des informations sur l’orientation par
téléphone et par Internet. Ce service « connaît
une succès qui ne se dément pas puisqu’il a reçu
près de 10 millions d’appels en 10 ans d’existence. »
Jean-Paul
de Gaudemar,
recteur de l’académie d’Aix-Marseille et chargé de
mission sur la réforme du lycée, prévoit
d’introduire un temps de préparation à
l’orientation identifié, sous une forme qui implique le
personnel de l’Éducation nationale, les régions et les
acteurs économiques. Bernard Saint-Girons, délégué
interministériel à l’orientation, rappelle la
« responsabilité » des établissements
dans l’accompagnement individuel et l’orientation.
Bernard
Saint Girons
Cette
question de la gouvernance est au centre des débats qui mènent
à un constat unanime : il faut changer le fonctionnement pour
« plus d’efficacité ». « Il
faut faire attention car la diversité et la complexité
des intervenants de l’orientation scolaire et professionnelle peut
être synonyme de dispersion ou de cloisonnement »,
alerte Bernard Saint-Girons. « Travailler dans la
continuité est difficile », remarque-t-il, en
proposant, soit d’ « intégrer » les
services au sein d’une « agence », soit de
« développer une culture commune des acteurs autour
de l’orientation » en impliquant les enseignants, les
conseillers d’orientation, les familles et les professionnels. Il
souhaite que les enseignants soient formés sur « les
questions d’orientation et de connaissance des métiers »
et qu’ils aient « une culture minimale de l’économie ».
Les
axes du projet de résolution (présenté
au Conseil éducation, jeunesse et culture des pays membres de
l’union européenne les 20 et 21 novembre) sont :
-
« favoriser l’acquisition de la capacité à
s’orienter » : rendre les citoyens « acteurs »
de leur parcours de formation et leur vie professionnelle (en
définissant des compétences clés et les
qualifications, en donnant de l’information sur l’environnement
économique, et en développant le sens de
l’auto-évaluation) ;
- « faciliter l’accès
à tous les citoyens aux services d’orientation » :
l’orientation est un « service d’intérêt
général » (efforts sur les plus démunis,
lisibilité de l’offre, accompagnement, libre accès à
la documentation, conseils, promotion des services d’orientation) ;
-
« développer la qualité des services »
: "efficacité évaluée et efficience
mesurée » (définir des objectifs, développer
des outils de prospective emplois/compétences,
professionnaliser les acteurs de l’orientation, développer un
dispositif de recueil de données fiables et créer des
standards de qualité incluant la satisfaction des
bénéficiaires).