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Adresse aux personnels
mercredi 1er octobre 2008


Réforme du lycée

Il n’y a aucune convergence possible
entre les projets du ministre
et la volonté des enseignants !

Depuis juin, toutes les interventions gouvernementales, ainsi que celles de M. de Gaudemar, chargé par le ministre de piloter la réforme du lycée, ont concordé. Ils veulent supprimer 180 heures annuelles de cours (de 1 152 à 972 heures) pour les élèves de seconde, soit 5 heures de moins en moyenne par semaine dès la rentrée 2009 !
Ce qui entraînerait la suppression de 16 à 17 000 postes.
Le passage du baccalauréat par contrôle continu a été annoncé, préparé par la mise en place de tous les enseignements sous forme de modules semestriels : 60% de l’horaire élève réservés aux enseignements dits fondamentaux (soit 3 heures de moins en moyenne par semaine), SVT, Physique-Chimie, SES… en étant exclus.
Le lycée campus a résumé le ministre.
Le recrutement des enseignants se ferait après un master éducation avec suppression des concours du CAPES et de l’agrégation dès 2010 !
Dès le mois de juin, M. Darcos a déclaré « Cette réforme, nous n’en voulons pas,

abandonnez-la  ! »on ne peut pas séparer [la réforme du lycée] de la commission Pochard sur l’évolution du métier », commission qui préconisait l’annualisation et la polyvalence.
Un des 16 points de convergence dit clairement : « le service des enseignants devra mieux intégrer la diversité des actions éducatives… ».
M. de Gaudemar déclare en juillet « l’accompagnement du lycéen doit être une innovation majeure du nouveau lycée dont doivent être tirées toutes les conséquences, notamment quant à la conception du métier d’enseignant… ».
Le décret du 25 mai 1950 qui définit nos services en maxima hebdomadaires d’heures d’enseignement dans la discipline serait « obsolète ». Des catégories, comme les COP et sans doute les CPE sont, elles, promises à une disparition pure et simple.

Mais d’où le ministre Darcos tire-t-il une telle audace ?

En 2006-2007, la totalité des organisations syndicales de l’enseignement secondaire avaient, ensemble, exigé l’abrogation du décret de Robien qui entendait diminuer nos rémunérations en supprimant les décharges statutaires, instaurer la polyvalence, permettre l’affectation systématique sur plusieurs établissements et communes. M. Darcos avait dû abroger ce décret de Robien et rétablir le décret du 25 mai 1950.
Le 11 juin dernier, le SNES, le SNEP, le SGEN-CFDT, l’UNSEN-CGT, l’UNSA, le SNALC ont signé avec le ministre les
16 points de convergence sur les objectifs et principes directeurs de la réforme des lycées qui prévoient notamment d’instaurer « une modularité de l’enseignement » et une « nouvelle conception du métier d’enseignant ».

Force Ouvrière pour sa part a refusé de signer
ces 16 points de convergence

Certains ont dit espérer qu’en signant les points de convergence, ils pourraient préserver l’essentiel. Mais aujourd’hui personne ne peut plus invoquer de pareilles considérations tactiques. Les « modules » sont clairement l’habillage des suppressions d’heures et de postes. La nouvelle conception ministérielle du métier, c’est la dénaturation des missions et la dégradation considérable de nos conditions de travail. En trois ans la réforme du lycée entraînerait la suppression de plus de 50 000 postes !
Le 17 septembre, la CGT a décidé de « se retirer de la négociation ».
Le SNES et le SNEP ont décidé malgré tout de rester dans le cadre des 16 points de convergence, le SGEN-CFDT, l’UNSA, le SNALC également.
N’est-ce pas la signature des divers protocoles et autres points de convergence par les organisations syndicales qui donne au ministre la possibilité de poursuivre sa remise en cause des garanties statutaires des enseignants ?
N’est-ce pas cette signature qui lui donne l’audace d’appeler réforme de l’école une vaste entreprise de fermetures de postes, de déréglementation et de désorganisation à tous les étages de l’école publique républicaine, de la maternelle à l’université ?

Les personnels sont prêts à se battre sur leurs revendications

Tous les enseignants veulent défendre les postes, les heures de cours, les dédoublements, les programmes nationaux, les disciplines, le baccalauréat, leurs conditions de travail, le décret du 25 mai 1950 qui définit les services des professeurs en maxima hebdomadaires d’heures d’enseignement. Ils ne sont ni CPE, ni COP, ni assistantes sociales.
Les personnels veulent défendre leur statut, ils ne veulent pas des contre-réformes !
Face à cette volonté intacte, réaffirmée dans les grèves de l’année scolaire dernière, la responsabilité de ceux qui choisissent de cautionner les décisions du ministre par le maintien de leur signature est grande !
L’enjeu n’est pas une simple question de calendrier d’application.
La réforme du lycée ne doit pas être accompagnée, elle doit être combattue !
Si aujourd’hui les organisations syndicales, exigeaient, comme elles l’ont fait contre le décret de Robien, l’abandon de la réforme du lycée, nul doute que les personnels l’imposeraient. Le ministre Darcos devrait reculer !
C’est pourquoi le SNFOLC propose à tous les personnels dans les établissements, dans l’unité, de s’adresser ensemble au ministre :

 «  Cette réforme, nous n’en voulons pas,
abandonnez-la !  »

Jeudi 23 octobre : appel de FO à la grève
et à la manifestation nationale

L’UIAFP FO (Union interfédérale des agents de la Fonction publique) appelle à la manifestation nationale à Paris, l’ensemble des fonctionnaires d’État, hospitaliers, territoriaux, contre la destruction de la Fonction publique républicaine et des statuts par la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et le projet de loi hôpital, jeudi 23 octobre.
C’est cette révision générale des politiques publiques que Darcos applique dans l’enseignement secondaire avec la réforme du lycée.
La FNEC FP-FO dépose un préavis de grève et organise un rassemblement au ministère de l’Éducation nationale en fin de matinée. Le cortège rejoindra ensuite la manifestation nationale avec tous les fonctionnaires.

 




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