Réforme du lycée
Il n’y a
aucune convergence possible
entre les projets du ministre
et
la volonté des enseignants !
Depuis
juin, toutes les interventions gouvernementales, ainsi que celles de
M. de Gaudemar, chargé par le ministre de piloter la réforme
du lycée, ont concordé. Ils veulent supprimer 180
heures annuelles de cours (de 1 152 à 972 heures) pour
les élèves de seconde, soit 5 heures de moins en
moyenne par semaine dès la rentrée 2009 !
Ce
qui entraînerait la suppression de 16 à 17 000
postes.
Le passage du baccalauréat par contrôle
continu a été annoncé, préparé par
la mise en place de tous les enseignements sous forme de modules
semestriels : 60% de l’horaire élève
réservés aux enseignements dits fondamentaux (soit 3
heures de moins en moyenne par semaine), SVT, Physique-Chimie, SES…
en étant exclus.
Le lycée campus a résumé
le ministre.
Le recrutement des enseignants se ferait après
un master éducation avec suppression des concours du
CAPES et de l’agrégation dès 2010 !
Dès
le mois de juin, M. Darcos a déclaré « Cette
réforme, nous n’en voulons pas,
abandonnez-la
! »on ne peut pas séparer [la réforme du lycée]
de la commission Pochard sur l’évolution du métier »,
commission qui préconisait l’annualisation et la
polyvalence.
Un des 16 points de convergence dit
clairement : « le service des enseignants devra mieux
intégrer la diversité des actions éducatives… ».
M. de Gaudemar déclare en juillet « l’accompagnement
du lycéen doit être une innovation majeure du nouveau
lycée dont doivent être tirées toutes les
conséquences, notamment quant à la conception du métier
d’enseignant… ».
Le décret du 25
mai 1950 qui définit nos services en maxima hebdomadaires
d’heures d’enseignement dans la discipline serait
« obsolète ». Des catégories,
comme les COP et sans doute les CPE sont, elles, promises à
une disparition pure et simple.
Mais d’où
le ministre Darcos tire-t-il une telle audace ?
En
2006-2007,
la totalité des organisations syndicales de l’enseignement
secondaire avaient, ensemble, exigé l’abrogation du
décret de Robien qui entendait diminuer nos rémunérations
en supprimant les décharges statutaires, instaurer la
polyvalence, permettre l’affectation systématique sur
plusieurs établissements et communes. M. Darcos avait dû
abroger ce décret de Robien et rétablir le décret
du 25 mai 1950.
Le 11 juin dernier, le SNES, le SNEP, le
SGEN-CFDT, l’UNSEN-CGT, l’UNSA, le SNALC ont signé
avec le ministre les 16
points de convergence sur les objectifs et principes directeurs de la
réforme des lycées
qui prévoient notamment d’instaurer « une
modularité de l’enseignement »
et une « nouvelle
conception du métier d’enseignant ».
Force
Ouvrière pour sa part a refusé de signer
ces 16
points de convergence
Certains
ont dit espérer qu’en signant les points de
convergence, ils pourraient préserver l’essentiel.
Mais aujourd’hui personne ne peut plus invoquer de pareilles
considérations tactiques. Les « modules »
sont clairement l’habillage des suppressions d’heures et
de postes. La nouvelle conception ministérielle du métier,
c’est la dénaturation des missions et la dégradation
considérable de nos conditions de travail. En trois ans la
réforme du lycée entraînerait la suppression de
plus de 50 000 postes !
Le 17 septembre, la CGT a décidé
de « se retirer de la négociation ».
Le
SNES et le SNEP ont décidé malgré tout de rester
dans le cadre des 16 points de convergence, le SGEN-CFDT,
l’UNSA, le SNALC également.
N’est-ce pas la
signature des divers protocoles et autres points de convergence
par les organisations syndicales qui donne au ministre la possibilité
de poursuivre sa remise en cause des garanties statutaires des
enseignants ?
N’est-ce pas cette signature qui lui
donne l’audace d’appeler réforme de l’école une vaste
entreprise de fermetures de postes, de déréglementation
et de désorganisation à tous les étages de
l’école publique républicaine, de la maternelle à
l’université ?
Les personnels
sont prêts à se battre sur leurs revendications
Tous les
enseignants veulent défendre les postes, les heures de cours,
les dédoublements, les programmes nationaux, les disciplines,
le baccalauréat, leurs conditions de travail, le décret
du 25 mai 1950 qui définit les services des professeurs en
maxima hebdomadaires d’heures d’enseignement. Ils ne sont
ni CPE, ni COP, ni assistantes sociales.
Les personnels veulent
défendre leur statut, ils ne veulent pas des
contre-réformes !
Face à cette volonté
intacte, réaffirmée dans les grèves de l’année
scolaire dernière, la responsabilité de ceux qui
choisissent de cautionner les décisions du ministre par le
maintien de leur signature est grande !
L’enjeu n’est
pas une simple question de calendrier d’application.
La
réforme du lycée ne doit pas être accompagnée,
elle doit être combattue !
Si aujourd’hui les
organisations syndicales, exigeaient, comme elles l’ont fait
contre le décret de Robien, l’abandon de la réforme
du lycée, nul doute que les personnels l’imposeraient.
Le ministre Darcos devrait reculer !
C’est pourquoi
le SNFOLC propose à tous les personnels dans les
établissements, dans l’unité, de s’adresser
ensemble au ministre :
«
Cette réforme, nous n’en voulons pas,
abandonnez-la !
»
Jeudi 23
octobre : appel de FO à la grève
et à
la manifestation nationale
L’UIAFP FO (Union interfédérale
des agents de la Fonction publique) appelle à la manifestation
nationale à Paris, l’ensemble des fonctionnaires d’État,
hospitaliers, territoriaux, contre la destruction de la Fonction
publique républicaine et des statuts par la RGPP (Révision
générale des politiques publiques) et le projet de loi
hôpital, jeudi 23 octobre.
C’est cette révision
générale des politiques publiques que Darcos applique
dans l’enseignement secondaire avec la réforme du
lycée.
La FNEC FP-FO dépose un préavis de
grève et organise un rassemblement au ministère de
l’Éducation nationale en fin de matinée. Le
cortège rejoindra ensuite la manifestation nationale avec tous
les fonctionnaires.