Audience Xavier Darcos, ministre de
l’Éducation nationale : compte-rendu
Statut
des enseignants :
la FNEC FP FO reçue par le
ministre de l’Éducation nationale
Le
mercredi 5 décembre à 17 heures, une délégation
de la FNEC FP FO était reçue par monsieur Xavier
DARCOS, ministre de l’Éducation nationale, à la
suite de notre demande.
Nous avons souhaité aborder avec le
ministre, les questions relatives au statut des personnels, et
notamment des corps d’enseignants à l’occasion
d’événements récents qui accompagnent les
auditions organisées par la Commission présidée
par monsieur Pochard sur la « révision du métier
des enseignants ».
Certaines initiatives prises par le
ministère vont plus vite que la commission elle-même.
Nous avions compris qu’un Livre vert devait sortir à
la mi-décembre et que des négociations s’ouvriraient
en janvier sur la base de propositions contenues dans un Livre
blanc. Nous avions exprimé lors de notre audition à
la Sorbonne par la commission, une revendication bien simple :
il ne peut y avoir d’amélioration fondée sur la
remise en cause des décrets statutaires des différents
corps d’enseignants relevant du statut de la Fonction publique
de l’État.
Or, notre syndicat du premier degré,
le SNUDI , attaché, comme la fédération et
la confédération, à la négociation à
tous les niveaux et sans préalable, s’est trouvé
confronté à un protocole déjà arrêté
entérinant l’annualisation de 108 heures dans les
obligations de service. Il s’est trouvé contraint de
refuser de le signer. Et à cette date le SNUDI FO est écarté
de fait des discussions en cours sur les propositions ministérielles
d’orientation pur l ‘école primaire.
Les
fédérations FO concernées n’ont signé
aucun protocole sur les régimes spéciaux. Elles
participent à toutes les « négociations »
sur leurs positions sans qu’on leur oppose
d’inacceptables préalables. Pourquoi n’en
serait-il pas de même dans l’Éducation nationale ?
C’est notre conception du rôle du syndicat dans une
démocratie.
Le
ministre a
indiqué qu’il n’ y avait pas d’interférence
entre le protocole premier degré et la commission Pochard.
« La commission Pochard n’engage qu’elle » ;
pour le ministre, « un accord brutal, immédiat, a
été signé avec le SGEN et le SNUIPP ».
Il ne préjuge pas de l’utilisation des deux heures du
samedi matin. Malgré ce que le ministre a qualifié de
« ratage » concernant l’exclusion du
SNUDI de la discussion, il s’est engagé à
entendre notre syndicat et à ce qu’il soit reçu
sur ces questions.
Le SNUDI participera aux discussions bien que
n’ayant pas signé le protocole.
Sur
les horaires, le ministre a précisé qu’il ne
faisait pas d’objection de principe au regroupement de ces
heures, comme déjà il y a annualisation de la 27ème
heure. Il pourrait y avoir regroupement mensuel ou autre. Il faut
aller vite, avant la fin du mois de février 2008.
« Ce
que je peux vous garantir c’est qu’il n’y a pas
réduction des services à 24 heures. C’est acté
par le protocole »
Nous
avons rappelé que dès 1989, nous avions exprimé
notre désaccord avec l’annualisation au ministre de
l’époque.
Nous avons rappelé notre attachement
à la définition égalitaire des obligations de
service : horaires hebdomadaires sur tout le territoire,
définition qui correspond aussi aux garanties de
fonctionnement de l’école pour tous les élèves.
Nous avons précisé notre opposition à toute
« contractualisation » d’obligations de
service, par définition contraire au statut.
Nous avons
évoqué des informations diffusées au sujet d’une
quatrième Fonction publique des enseignants, et qui de fait
les sortirait de la Fonction publique de l’État. Cela
nous fait craindre qu’un même processus que dans le
premier degré s’engage dans le second degré ?
Notre syndicat des lycées et collèges a élaboré
30 questions précises concernant la situation des personnels
d’enseignement, d’éducation et d’orientation
du secondaire. Le ministre s’est engagé
à les étudier.
Le pire n’est pas certain.
Nous avions pris acte de la concrétisation de la décision
annoncée avant l’élection présidentielle
de l’abrogation du décret De Robien. Ce fut pour les
professeurs une décision très importante. C’était
la reconnaissance de leur rôle, de leur qualification et de
leurs obligations de services garanties par le décret de mai
1950. De leur appartenance à la Fonction publique de l’État.
On a l’impression que le décret de De Robien à
peine chassé par la porte revient par la fenêtre.
Ne
faut-il pas comprendre ainsi la question de monsieur Pochard :
« Seriez-vous disposés à accepter un peu de
« contrat » dans le statut ? »
Le
ministre a
indiqué qu’il n’avait même pas regardé
les videos des auditions de la commission Pochard. Il a néanmoins
convenu que c’était lui qui avait mis en place la
commission. Il nous a répondu qu’il pourrait donner son
point de vue sur le « rapport d’étape »
que monsieur Pochard rendra public lundi prochain.
Sur le statut,
il nous a dit que le « but de l’opération,
n’était pas toucher aux statuts, mais de mieux payer les
enseignants, et dans l’esprit du « travailler plus
pour gagner plus », de voir comment pour les volontaires,
comment mieux les associer à la politique éducative. »
« Nous
n’avons pas à toucher au statut » a-t-il dit
« pour améliorer ».
Le Livre blanc
annoncé pour janvier 2008 concernera le statut social des
enseignants, et des questions telles que la seconde carrière
ou pas. Le statut des enseignants restera le statut de la
Fonction publique d’État. Le ministre ignore d’où
viennent ces rumeurs récurrentes sur une 4ème
Fonction publique enseignante.
En revanche, le ministre ne
comprend pas l’obstination de FO dans son attachement au décret
de mai 1950 qu’il considère comme obsolète.
A
notre question sur le rapport Reiss au Sénat au sujet de
l’orientation, le ministre a répondu
qu’il n’était pas question de reprendre son projet
de supprimer l’ISO (indemnité de suivi et d’orientation)
des enseignants. Mais il a tenu à préciser que les
régions réclamaient le transfert du service
d’orientation et qu’il n’y était pas
défavorable, s’interrogeant sur l’efficacité
du service actuel. Il ne voyait pas en quoi le fait que les COP
soient fonctionnaires d’État les rendait plus efficaces.
Nous
avons enregistré sa réponse sur l’ISO, mais nous
avons indiqué que l’appartenance des COP à la
Fonction publique d’État était un gage
d’indépendance vis à vis des pouvoirs locaux et
des intérêts économiques. Pour résoudre
les difficultés actuelles, il faut au contraire renforcer les
CIO et recruter des COP.
Nous avons rappelé l’opposition
de la FGF FO au décret Fonction publique du 17 septembre 2007
sur l’entretien professionnel qui se substitue à la
notation. Même s’il ne s’applique pas aux
enseignants, nous savons que des propositions allant dans le même
sens sont faites dans le cadre de la commission Pochard. Le protocole
du premier degré ouvre également cette perspective :
juger les enseignants selon des critères de « rentabilité ».
Le journal Les Echos a publié une étude sur
« l’évaluation des fonctionnaires »
qui montre que déjà des établissements scolaires
mettent en œuvre une évaluation sur des critères
de performance. Que signifie alors de négocier pour
l’augmentation du point d’indice, si par ailleurs, on
prépare les conditions de l’individualisation des
salaires ?
Pour nous, il ne peut y avoir d’amélioration
du pouvoir d’achat de tous que fondée, pour tous, sur
l’augmentation du point d’indice dans le cadre d’une
négociation salariale pour toute la Fonction publique.
Le
ministre nous
a répondu uniquement sur le terrain de la façon dont
les inspections se déroulaient. Ce qu’il appelle
« évaluation » c’est que
l’inspecteur puisse revenir plusieurs fois pour travailler avec
le professeur, au lieu d’une inspection et une notation tous
les cinq ans.
Nous
avons rappelé la position du congrès de notre
confédération au sujet du « service
minimum » en matière de droit de grève à
la suite de l’émotion provoquée par la lettre du
ministre adressée aux recteurs et IA. Le ministre
a tenu à préciser qu’il s’agissait
uniquement de l’accueil des enfants sans que le droit de grève
ne soit remis en cause et qu’il savait que dans la plupart des
cas, cette question avait trouvé des solutions.
Enfin, le
ministre a répondu positivement à notre demande
d’étudier la question du dépouillement le
soir même des élections paritaires organisées de
telles façons que la sincérité du scrutin soit
totalement garantie.
Montreuil,
le 6 décembre 2007