Edito septembre 2021

Un été et une rentrée très particuliers : agir !

L’été a été marqué par l’intervention du Président de la République le 12 juillet. Au-delà des débats à l’Assemblée nationale et au Sénat qui s’en sont suivis, ce sont plus les manifestations du 14 juillet qui ont retenu l’attention que les feux d’artifices. Manifestations spontanées contre des propositions du gouvernement introduisant via le « pass sanitaire » des mesures contre les droits des salariés du public et du privé. Avant même la publication de la loi, le 5 août, la ministre du travail confirmait que la suspension de contrat prévue par cette loi sur le « passe sanitaire », « ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de licenciements ». Le licenciement sera « moins encadré » (BFM, 27 juillet). De la même façon, dans les invectives contre les salariés hospitaliers, Olivier Véran, le jour de la promulgation de la loi affirmait qu’il « vient un temps où ces personnes n’auront plus le loisir de faire grève puisque par définition cette obligation vaccinale s’appliquera », ce que la confédération FO a fortement condamné. Applaudis un jour et licenciés le lendemain ! Dans l’Education nationale, nombre de nos collègues sont concernés, notamment toute la médecine scolaire et les Psy-EN.
Mais comme si cela ne suffisait pas de vouloir contrôler la population, de suspendre les salaires avec, à la clé, la menace de licenciements, notre ministre, lui aussi s’est illustré. Dès juillet, J-M Blanquer a décliné ses dispositifs pour la rentrée 2021. Parle-t-il de créations de classes, de créations de postes, de recrutement sur les listes complémentaires, de maintien des contractuels, d’annulation des stagiaires alternants, par exemple ? Absolument pas et ses déclarations depuis 15 jours le confirment. C’est toujours 1 800 postes supprimés dans le second degré, des dizaines de postes aux concours non pourvus, des milliers de contractuels licenciés, des petits boulots pour enseigner, une régression galopante. Surtout, pour le ministre, pas question de recruter des personnels titulaires. Sa doctrine, c’est-à-dire celle du gouvernement, consiste à baisser le coût du travail. Plutôt recruter des contractuels à moindre coût dans les disciplines déficitaires du moment et licencier les autres.
Le gouvernement a laissé le second degré s’effondrer : des classes pléthoriques, ingérables, des moyens réduits tous les ans, des diplômes laminés. Les seuls moyens accordés selon le ministre, ce sont 700 AED pour solde de tout compte en France, Guadeloupe, Martinique, Polynésie, Réunion, Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte et uniquement consacrés aux vaccinobus et vaccinodromes. Chacun peut faire les comptes : 700 AED pour 101 départements, 7 230 collèges, 4 145 lycées.
Le SNFOLC avec la FNEC FP-FO a résisté et continue à résister pour que l’Ecole de demain ne soit pas une Ecole en télétravail dans laquelle les heures de cours et les programmes nationaux seraient réservés à une minorité. Car ce n’est pas cela l’Ecole de la République. Nous sommes tous attachés à l’Ecole de la République qui ne peut supporter la réduction des droits à l’instruction.
Le ministre Blanquer a profité de la crise sanitaire pour mettre en place le contrôle continu pour le baccalauréat. D’abord présenté comme une solution à la situation crée par la crise sanitaire en 2020, il l’étend en 2021 et le généralise pour 2022 et 2023. Aujourd’hui il ose nous présenter comme l’Ecole de demain une école sans moyens, sans postes, des élèves « évincés » et sans diplômes au nom du covid et du budget. Mais, quoi qu’en disent les ministres, l’attachement au diplôme est toujours présent, l’attachement à l’instruction est puissant.
Dans ce climat délétère, le gouvernement voudrait nous faire renoncer à nos droits et à nos revendications. Le Premier ministre, les ministres Blanquer et Véran voudraient que l’on ne soit plus des syndicats mais des relais de leur politique de destruction de l’Ecole publique. Ils iront jusqu’au bout. Nous aussi ! L’intersyndicale FNEC FP-FO, FSU, CGT éduc action, Sud éducation appelle « à se mobiliser dès la rentrée, à se mettre en grève le 23 septembre et à préparer la mobilisation interprofessionnelle ». C’est pourquoi nous réunissons les personnels. Les assemblées générales se tiennent. Elles traduisent la détermination des personnels à résister et défendre leurs droits. Pour les reconquérir, agissons ensemble pour les revendications.


Bonne rentrée à toutes et à tous.