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Vers une Ecole sans notes ? SNFOLC 18 septembre 2014

18 septembre 2014

jeudi 18 septembre 2014

Afin de lutter « contre le poids des déterminismes sociaux sur la réussite scolaire des élèves
de l’Ecole de la République », Benoit Hamon a ouvert « un chantier ambitieux ».


Haro sur les notes

Il ne s’agit nullement de revenir sur les réformes qui ont diminué
drastiquement le nombre d’heures accordées aux enseignements
fondamentaux, qui ont entretenu la confusion
entre le scolaire et le périscolaire, ont rendu suspectes les notions
mêmes de transmission des connaissances, de programmes
nationaux ou de discipline. Non, pour le ministre
l’origine des inégalités est à rechercher ailleurs : dans la notation.

« Le système d’évaluation des élèves, tel qu’il existe à l’heure
actuelle, contribue fortement à accroître les inégalités scolaires.
 »
Les professeurs noteraient les copies en fonction des
catégories socioprofessionnelles des parents…

Pour y porter remède, le ministre a lancé en grande pompe
le 24 juin une « conférence nationale sur l’évaluation des
élèves »
. Un comité d’organisation, présidé par le recteur de
l’académie de Rennes, est mis en place, chargé de réunir des
groupes de travail et de nommer un jury « représentatif de la
communauté éducative et de la société civile »
. Au terme
d’une « semaine de l’évaluation » prévue du 8 au 12 décembre
2014, le jury remettra des recommandations.

De l’art de casser le thermomètre pour faire tomber la fièvre

Il serait urgent de faire cesser le scandale des mauvaises
notes. De nouveau les pouvoirs publics se fourvoient. Ce
n’est pas la mauvaise note en soi qui est en cause mais l’ignorance
qu’elle révèle. La circulaire n°IV-69-1 du 6 janvier
1969 qui demandait de remplacer « l’échelle de notation
traditionnelle de 0 à 20 »
par « les symboles A, B, C, D, E » n’a
eu aucun effet, elle remplaçait une graduation par une autre.
S’il était à présent question de les abolir toutes on ferait une
grave erreur. En laissant croire à un collégien, pour éviter de
le froisser, qu’il sait alors qu’il ne sait pas, on lui interdit de
se ressaisir, de surmonter par le travail les difficultés rencontrées,
de tremper son caractère.

Une mise en oeuvre insidieuse

Peu importe si l’opinion publique est opposée à 80% à la suppression
des notes à l’Ecole (IFOP, août 2012), et si des pays
comme la Suisse, le Danemark ou la Suède ont réintroduit
des évaluations chiffrées. En France, le LPC anticipe sur la
fin de la notation et, au nom de l’expérimentation, se multiplient
déjà les classes sans note.

Ces initiatives suscitent de l’aveu même de l’Inspection Générale
de multiples « résistances sociétales » tant de la part
des professeurs que des élèves et de leurs parents qui craignent
que leur enfant ne soit « mis en difficulté au lycée et
dans la vie, lorsqu’il devra se confronter à la compétition
avec les autres, compétition à laquelle il n’aura pas été préparé
puisque le système d’évaluation au collège l’aura précisément
évacuée. »
Dès lors, comme le reconnaissent les IG,
les projets qui ne sont pas imposés à tout un établissement
« ont peu de chance de survivre ».

La mesure ne répond pas à une logique de justice sociale ou
de lutte contre l’échec scolaire. Elle participe du vaste projet
défini par l’annexe de la loi Peillon n°2013-595 du 8 juillet
2013 visant à « modifier en profondeur l’organisation et le
contenu des enseignements et leur évaluation ainsi que les
pratiques pédagogiques. »
Elle est un des moyens pour détruire
l’Ecole de la République.

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