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Vers un socle sans Ecole ? 18 septembre 2014

18 septembre 2014

jeudi 18 septembre 2014

L’article 32 de la loi Peillon n°2013-595 du 8 juillet 2013 a chargé le Conseil Supérieur des Programmes de formuler des
propositions sur le contenu du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Après bien des remous et
la démission de son éminent président, Alain Boissinot, cet organisme a rendu public le 10 juin 2014 un premier projet
qui fait défiler de manière presque caricaturale les poncifs mis en oeuvre depuis au moins quatre décennies pour détruire
l’Ecole de la République.


“Il ne faut pas croire que ce soit proportionner l’enseignement
aux enfants que de le rapetisser.”

Lettre aux instituteurs, Jean Jaurès,
La Dépêche de Toulouse, 15 janvier 1888.

La dilution des disciplines

Les cinq « piliers » du socle de 2005 étaient liés aux disciplines
 : langue française, principaux éléments de mathématiques,
culture humaniste, langue vivante étrangère, TICE.

Tel n’est plus le cas des « cinq domaines de formations » du
socle de 2014 : langages pour penser et communiquer, méthodes
et outils pour apprendre, formation de la personne et
du citoyen, observation et compréhension du monde, représentations
du monde et l’activité humaine. Les matières d’enseignement
ne sont plus tolérées que dans la mesure où elles
peuvent contribuer à l’acquisition des compétences générales
et transversales.

Ainsi le premier domaine de formation fera-t-il intervenir
ponctuellement un peu de français, de langues vivantes étrangères
et régionales, de mathématiques (langages scientifiques),
d’histoire géographie (lecture de carte), d’EPS
(gestuelle, travail du corps)… A terme c’est la cohérence de
chaque discipline qui est menacée.

Le fétichisme de la modernité

Le vide laissé par cette mise à l’écart des contenus est censé
être comblé par les nouvelles technologies, le « numérique
 », « internet », « logiciels », « tableur » autant de mots magiques
destinés à impressionner le public un peu comme les
mots latins servaient aux médecins de Molière pour en imposer
à leurs patients. Sans plus de résultat.

Le recours aux signes de la modernité dissimule de plus en
plus mal une triste vérité : les élèves d’aujourd’hui ne maîtrisent
plus les savoirs essentiels possédés pourtant par les
écoliers d’autrefois. A quoi bon apprendre les tables de multiplication
à l’ère des calculatrices ?

La mission première de l’Ecole n’est pas d’être à la pointe
de la nouveauté mais d’enseigner les connaissances pérennes.

Le formatage idéologique

La logique du socle est tout entière construite sur le mépris
des élèves, jugés incapables ou indignes d’être instruits. Désespérant
de leur intelligence, on fait appel à leurs sentiments,
à leur « sensibilité », à leur « empathie », à leur bon
coeur, comme si renonçant à donner aux adolescents les
moyens de se diriger par la raison, on s’efforçait de les dominer
par les émotions. Tout cela au nom de la morale et du
vivre ensemble.

Pour leur bien, on prétend leur inculquer les « valeurs communes
 » du moment, « le respect du monde vivant et de la
biodiversité », l’Union Européenne et ses règles de fonctionnement…

Pour assurer cette socialisation des « jeunes », nul besoin
de maîtres très qualifiés. Dans le cadre de la réforme des
rythmes scolaires, les communes se contentent de recruter
des animateurs détenteurs du seul BAFA.

Le ministère prévoit d’organiser en septembre-octobre 2014
une consultation des équipes pédagogiques et éducatives sur
ce texte. Une sorte de plébiscite « citoyen » afin de laisser
croire à l’opinion que les enseignants sont prêts à renoncer à
leur qualification disciplinaire pour se transformer en zélateurs
de la mode et de la pensée unique. Qu’il ne compte pas
sur Force Ouvrière pour applaudir à cette mise à mort de
l’Ecole de la République.

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