STI2D : une deuxième vague de liquidation à l’horizon ?

dimanche 14 février 2016

FO alerte !


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L’IGEN et l’IGAENR évaluent « dans quelle mesure les objectifs initiaux de la rénovation de la voie technologique ont été atteints » : conforter la voie, élever la qualification des élèves...Auditionné, le SNFOLC a relayé les témoignages des collègues : échec total ! Fragilisation des disciplines, des diplômes, diminution des heures de cours (-25%) : en tous points, la STI2D semble un laboratoire de la réforme du collège !

La réforme STI2D : la voie technologique, vidée de son contenu

Un an après avoir tenté de supprimer la voie, le ministère a lancé, en 2010, la réforme STI2D. Suppression de 12 spécialités, pourtant encore enseignées dans le supérieur, remplacées par 4 disciplines généralisantes, enseignements transversaux... Résultat : déqualification des professeurs, dévaluation des enseignements, suppressions de postes, mutations et reconversions forcées. Et 10 % des collègues en souffrance au travail. Une intersyndicale réunissant SNFOLC, SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, CGT-éduc’action, SNALC, SNLC et SUD a demandé la remise à plat de la réforme.

Évaluation-maison : remise en cause du baccalauréat, diplôme national et premier grade universitaire

Le bac STI2D : des oraux-maison en technologie en anglais, les élèves apprennent un exposé par cœur. Pour la « spécialité », évaluation sur un projet, en CCF puis sur la base d’un oral- maison avec des grilles de notation illisibles : des évaluations à géométrie variable ouvrant la voie à des pressions diverses. Avec un coefficient 12, c’est le jackpot pour les élèves ! Une épreuve finale sur l’enseignement transversal avec les notes à intégrer sur un logiciel qui remonte automatiquement les notes pour fabriquer la moyenne attendue par l’administration. Beaucoup de collègues refusent de signer les bordereaux de notation.

Le post-bac : une catastrophe

Le taux de réussite au bac en STI a augmenté mais les bacheliers échouent dans leurs débouchés naturels : BTS, IUT ou école d’ingénieur.
« Il faut s’interroger sur la place de la voie technologique » déclare
l’IGEN et aller plus loin ?

Pour l’IGEN, des enseignements généraux et transversaux devaient permettre aux élèves de se spécialiser dans les études supérieures. Il reconnaît qu’ils échouent dans les débouchés de la filière. Il s’interroge sur la place de la voie technologique, affirmant que la ministre veut que atteindre les 50 % de bacheliers pro en BTS (la loi du 22 juillet 2013 fixait déjà un pourcentage minimal). Il s’ interroge sur la distinction entre voie technologique et professionnelle, peu lisible, selon lui, pour les familles...Et pour cause ! L’identité proprement technologique de la STI2D a été particulièrement affaiblie !

Derrière ce discours, il y a la remise en cause de la voie technologique !

C’est le lycée unique, modulaire du socle avec évaluation-maison sur projets, élaboré dans le rapport parlementaire sur le lycée daté du 8 juillet 2015 !
Le SNFOLC invite les collègues à se réunir pour dresser la liste de leurs revendications. Défense et renforcement de la voie technologique : rétablissements des dédoublements nationaux et des épreuves ponctuelles, anonymes et terminales du baccalauréat, maintien et renforcement de la voie technologique en particulier des disciplines correspondant aux spécialités des sciences technologiques et de l’industrie !


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