Audience SNFOLC

STI2D : FO reçue par l’Inspection générale

samedi 28 avril 2012

Une délégation du SNFOLC conduite par Edith Bouratchik (secrétaire générale adjointe) et des professeurs de STI des sections du SNFOLC de Bordeaux, Créteil, Dijon, Nantes a été reçue le 16 avril 2012 par Norbert Perrot et Dominique Taraud, Inspecteurs Généraux de STI.


FO : La délégation a rappelé son opposition à la réforme lors des votes du CSE, du CIC et du CTPM. Compte tenu de la situation, la délégation a demandé la remise à plat de ce dossier et pour le moins des garanties sur la formation, les postes, le mouvement.

En effet, la progression annoncée de 3% des effectifs cette année (beaucoup de collègues perçoivent au contraire une baisse des effectifs dans les lycées) se traduit en cette rentrée par des cartes scolaires en nombre dans toutes les académies, 21 à Bordeaux, 18 à Dijon, 23 à Nice, 33 à Lyon, Nantes …

Les derniers rapports de L’Inspection Générale, remis au ministre, soulignent le « désarroi » et le « mal être » des enseignants. Le CHSCT-M (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ministériel) doit inscrire, à la demande de FO, ce point à l’ordre du jour du prochain comité.

IG : Ce n’est pas la généralité, la situation est difficile, mais ce n’est pas le désarroi, sauf quelques cas de collègues qui aujourd’hui, suite à la réforme, ont probablement plus leur place en enseignement professionnel qu’en lycée. En novembre, et nous avons pesé les mots, il y avait un désarroi, mais depuis il y a aussi beaucoup d’espoir, nous pouvons le constater dans nos nombreux déplacements, le plaisir des collègues qui nous disent « ce n’est pas les mêmes élèves que nous avons devant nous, ils sont intéressés, … ».

Postes

FO : Sur les postes, il y a des cartes scolaires en nombre dans les académies, des changements forcés de discipline, des collègues nommés TZR sur l’académie. A Nantes, tous les postes de STI sont gelés, le recteur a fait une circulaire qui laisse au chef d’établissement le choix de désigner le collègue dont le poste doit être supprimé ! FO a défendu les collègues, et demandé pour le moins la réunion d’un groupe de travail.

Cela relance le désarroi. La direction des ressources humaines du rectorat nous a déclaré qu’il n’y avait plus de mutation statutaire (nb : c’est-à-dire liée à la discipline et à l’ancienneté de poste). Dans plusieurs académies (Nantes, Reims, Dijon..), il n’y a plus de mutation intra académique, ou bien dans d’autres (Bordeaux, …) des postes spécifiques STI2D apparaissent au mouvement intra ! Les collègues se demandent comment ils vont s’en sortir.

IG : Cela ne dépend pas de nous, les recteurs n’ont pas consulté l’inspection générale. C’est la nouvelle gouvernance ! Le souhait des recteurs, poussé par le cabinet, est que les bonnes personnes soient au bon endroit. On ne nous a pas demandé notre avis, les inspecteurs territoriaux sont pilotés par le recteur. Nous, nous dépendons du ministère. Par contre, en ce qui concerne l’affectation sur poste de BTS, l’IG est favorable au mouvement spécifique.

Reclassement, formation, matériel

FO : Dans l’académie de Dijon les effectifs sont en baisse. A Nantes, l’option « Energie Environnement » n’attirent pas les élèves Il y a des problèmes dans la répartition par filières.

IG : Est-ce vraiment dû à la réforme STI2D ? Des lycées ont fait le choix de reculer le choix de l’option en première en privilégiant le transversal jusqu’à la toussaint.

FO : Qu’en est-il des reclassements des collègues de STI par rapport au nouveau CAPET ?

IG : Les enseignants certifiés seront reclassés après entretien auprès des Ressources Humaines du rectorat, de l’inspection (IPR) et du proviseur suivant les 4 options au concours EE, SIN, ITEC, AC. Les agrégés suivront ensuite avec trois options.

FO : Pourquoi ne pas donner aux enseignants des moyens pour leur formation, soit une année de formation, de remise à niveau ?

IG : C’est un problème qui se traite au niveau académique.

FO : Il y a une grande disparité entre les académies avec des incitations fortes à passer en technologie.

Des collègues qui ne sont pas formés vont devoir enseigner dès la rentrée en terminale ou en collège, les collègues ne peuvent pas s’auto-former.
Les collègues qui n’ont pas suivi la formation, n’ont pas eu les codes pour accéder à la formation en ligne. Il y a l’aspect disciplinaire, pédagogique et le temps de travail nécessaire entre enseignants pour préparer les séquences.

IG : Pour l’affectation en technologie collège, peu importe la formation, pour un enseignant de lycée il n’y a pas de problèmes. Pour le lycée, il y a un travail à faire, on a préconisé un travail par équipe pluri technologique. On avait demandé aux chefs de travaux de banaliser une demi-journée hebdomadaire.

Sur la formation, on a fait le choix d’axer la formation sur le fond et non sur des séquences pédagogiques. Le calendrier est contraint, les activités seront mises en ligne.

FO : A Nantes, on a eu les 240 h heures de formation, mais en rajoutant un cinquième jour de travail !

IG : Pour la formation, on a demandé à 120 professeurs de construire 23 modules d’enseignement transversal, ils seront remis en ligne d’ici juin.
On n’a pas eu le temps pour le spécifique. Il y aura un séminaire en septembre, les corps d’inspection sont débordés !

FO : les collègues en formation sont désorientés, pas assez de temps, beaucoup de chose à apprendre et que vont-ils faire avec les élèves ? Pour la spécialité « Energie environnement », il n’y a plus de physique appliquée, nous ne savons plus comment faire, car les élèves ne connaissent pas l’électricité. Sur le matériel et la réalisation des projets de bac, il y a le problème des moyens insuffisants, du matériel et de sa gestion par les personnels agents dont les postes sont supprimés.

Les épreuves du baccalauréat

FO : la délégation a posé le problème des redoublants qui ne sont pas préparés aux nouvelles épreuves.

IG : 2h par semaines sont prévus dans le cadre de l’autonomie des établissements, il y aura un sujet spécifique pour la physique chimie.

FO : les nouvelles épreuves au BO du 22 mars 2012 posent plusieurs problèmes :

  • - le coefficient, les fiches d’évaluation peu lisibles, le projet à évaluer,
  • - de quel projet s’agit-il ?
  • - Pour certaines séries, il n’y a pas de matériel et donc pas de projets (projets sur lesquels beaucoup d’enseignants ne sont pas encore formés),
  • - la validation en LV1 par des professeurs qui n’ont pas eux-mêmes la certification.

IG : Les coefficients ont été définis par le cabinet, nous n’avons pas eu notre mot à dire. Pour le projet cela dépend de la spécialité : s’il n’est pas possible de faire une réalisation comme en architecture et construction, le projet sera effectué par simulation. L’épreuve finale de projet de spécialité sera évaluée par des professeurs non impliqués dans son suivi, c’est-à-dire du lycée ou d’un autre, si besoin.

Avec l’autonomie et de la déconcentration, chaque recteur fait sa propre gestion dans le cadre de la réduction des moyens et des postes et de la « nouvelle gouvernance rectorale ».

Pour FO, cette réforme déqualifie et précarise les professeurs. Elle menace de disparition la filière technologique Nos collègues souhaitent avoir un avenir dans une qualification disciplinaire qu’ils ont choisie lors de leur concours ; à ce jour, ils n’ont aucune garantie ni sur la poursuite de leur enseignement, ni sur leur poste.

FO appelle les personnels à se réunir, à poursuivre la bataille revendicative :
  • - Cette réforme doit être abandonnée.
  • - Il est urgent d’ouvrir de réelles négociations qui préservent l’avenir des sections STI, le statut, la qualification disciplinaire, l’enseignement et les postes.

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