SNFOLC

STI : le ministère publie les avis du CHSCT, 8 novembre + pétition. 17 octobre 2013

8 novembre et 17 octobre 2013

vendredi 15 novembre 2013

Pour FO :
cette réforme
doit au bas mot
être remise
à plat et ce
dans les plus
brefs délais
avant que
d’autres
situations
dramatiques
ne soient
à déplorer

Réforme de la filière STI :
le CHSCT demande
l’ouverture d’une négociation.



CHS_14_oct_reponse MEN_8_nov

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17 octobre 2013 :

Suite au suicide d’un professeur de STI de l’académie d’Aix Marseille, le CHSCT du Ministère de l’Education Nationale s’est réuni de manière extraordinaire ce 14 octobre.

La délégation FO, assistée d’un expert, a établi, faits et témoignages à l’appui, les effets néfastes de la réforme STI sur les collègues. Pour FO cette pseudo modernisation signe l’arrêt de mort de la filière. Les collègues ne supportent plus de devoir enseigner des disciplines qu’ils ne maîtrisent pas, d’être mutés parfois très loin de leur résidence, de devoir enseigner des disciplines connexes (techno, chimie,…), de devoir se reconvertir.

Cette réforme conduite à la hussarde par le prédécesseur de Monsieur PEILLON s’est traduite par une formation réduite à de l’autoformation sur le temps personnel et à l’augmentation de la charge de travail. Elle a, par ailleurs, provoqué la baisse du niveau des élèves, un déroulement inacceptable des épreuves du Bac remettant en cause le travail même des professeurs (notes corrigées, niveau des épreuves revu…)

Considérant l’état de santé de nos collègues : abattements, démotivations burn-out, colère, multiplication des troubles psycho-sociaux, le CHSCT a donc rendu deux avis :

► Le premier concerne les mesures à prendre pour la mise en oeuvre d’un plan d’action national urgent pour prévenir, réduire et supprimer les risques professionnels auxquels sont actuellement soumis les enseignants de la filière technologique industrielle, des mesures d’urgence en terme de formation et d’allègement de service, la réaffectation des collègues qui le souhaitent dans les lycées technologiques.

► Le second adopté par FO et la FSU indique :
« En raison des atteintes avérées à la santé des personnels dont l’employeur est responsable, le CHSCT demande l’ouverture immédiate d’une négociation sur la réforme STI. Il saisit le CT de cette préconisation au titre de l’article 48. »
(L’UNSA a voté contre rappelant son soutien à la réforme).

Le représentant FO au CHSCT concluait ainsi son intervention : « Parce qu’un emplâtre ne saurait soigner une jambe de bois, cette réforme doit au bas mot être remise à plat et ce dans les plus brefs délais avant que d’autres situations dramatiques ne soient à déplorer. »

C’est en ce sens que le représentant FO est intervenu mercredi 16 octobre au Comité Technique Ministériel.

(communiqué FNEC FP FO du 15 octobre)

Le SNFOLC propose aux collègues de se réunir et de s’adresser au ministre en s’appuyant sur l’avis adopté au CHSCT ministériel par FO-FSU.

sti RV comm petition snfolc 15-10

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Déclaration de la FNEC FP FO Au CHSCT Ministériel du 14 octobre 2013.

Réforme STI :
Le ministère doit remettre à plat la réforme !

La mise en place de la réforme des STI est à l’ordre du jour de ce comité d’hygiène et de sécurité et des conditions de travail ministériel (CHS-CTM) notamment à la demande de FO et suite au suicide d’un professeur de STI dans l’académie d’Aix Marseille.

A FORCE OUVRIERE nous ne doutons pas que le geste désespéré de notre collègue soit le résultat de son activité professionnelle et en particulier la résultante directe de la réforme des STI.

Nous avons déjà souligné que la réforme a débouché sur un gâchis des qualifications et des services. FO continue de demander que le ministre annonce une remise à plat de la réforme, l’ouverture de discussions pour assurer l’avenir de la filière des STI.

Nous apportons ici les nombreux témoignages transmis par les collègues de STI et en rappelant la revendication de FO exprimée lors du CHS CTM du 15 avril 2013 : « la meilleure façon de prévenir les risques psychosociaux pouvant résulter des mesures de la réforme de la filière STI est, sur le fond, d’abandonner cette réforme ou, à tout le moins, de tout remettre à plat. En effet, tous les problèmes demeurent que ce soit au niveau de la formation, de l’affectation des personnels enseignants concernés, de l’organisation des épreuves du baccalauréat ».

La réforme des STI a été mise en place au pas de charge par le précédent ministère Chatel. Elle a été poursuivie par M. le MINISTRE Peillon.
Dans un communiqué intersyndical du 9 février 2011, FO, avec les syndicats SNES-FSU, SNEP-FSU, SNUEP-FSU, CGT Educ’action, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN et Sud Education ont demandé la remise à plat de la réforme jusqu’ici sans succès.

Quel est le bilan de la réforme des STI et qu’est-ce qui est remis en cause par nos collègues ?

Modernisation ou disparition de la filière ?

La réforme de la filière technologique n’a pas répondu à une logique de modernisation mais une logique de liquidation. Déjà depuis longtemps les patrons annoncent que pour eux le niveau IV c’est le bac pro et non le bac technologique.

La disparition d’une quarantaine de disciplines diluées dans 4 spécialités, un tronc commun et une section unique STI2D répond à une volonté manifeste de faire disparaître un enseignement disciplinaire cohérent et d’effectuer des économies à grandes échelles : remplacer les ateliers par le travail sur ordinateur et aux simulations plutôt qu’aux travaux pratiques.

Ainsi, de nombreux collègues souvent issus de l’industrie, qualifiés, formés, passionnés ce sont vus du jour au lendemain sommés de changer de métier et d’abandonner tout leur savoir faire.

La plupart décrivent les difficultés dans lesquelles ils se trouvent à enseigner des disciplines qu’ils ne maîtrisent pas ou mal, leur sentiment d’isolement, d’impuissance et de faire « du mauvais boulot ».

Nos collègues ne supportent plus : les changements de discipline en STI et les affectations/mutations.

Les nouveaux CAPET fusionnent la technologie et les enseignements de spécialité. Les nouveaux recrutés peuvent être affectés en collège ou en série STI2D.

Pour les anciens recrutés, selon les chiffres du ministère, 6047 collègues ont accepté le changement, 867 ont refusé et 5228 n’ont pas répondu.
Pour FO, c’est clair, il s’agit d’un changement imposé à près de la moitié des collègues de STI ! Si le nombre de mutations en STI a augmenté, les collègues mutés n’ont aucune garantie sur les enseignements et services qu’ils devront assurer. Selon les académies, les anciens titulaires du CAPET ou de l’Agrégation devenus TZR par suppression de poste fixe, se voient de plus en plus souvent affectés en technologie, de manière partielle ou à temps plein.

L’installation des salles de cours et de travaux pratiques

Partout, on reconnaît que ni les locaux, ni les ateliers, ni les salles de cours n’ont été aménagés dans de bonne condition pour effectuer les tâches d’enseignement.

L’augmentation de la charge de travail :

Les cours en enseignement transversal en classe complète demandent un investissement énorme pour des résultats plus que discutables. Les conditions tant sur le contenu des enseignements que sur les effectifs se sont accrues.
De même pour les travaux pratiques, les professeurs doivent diriger 5 ou 6 projets pendant la même séance avec 20 élèves présents dans la salle.

La remise en cause de la liberté pédagogique individuelle :

Le travail sur projets transversaux impose aux collègues un travail qualifié « d’équipe » mais qui constitue une ingérence insupportable dans leur manière de travailler et d’enseigner.

Nos collègues dénoncent les conditions d’autoformation et les nouveaux CAPET
Tous sans exception dénoncent les conditions de reconversion qui ont été proposées. Formation « bidons » hors temps de travail qui se résument pour la plupart à de l’autoformation.

Tous dénoncent le niveau des nouveaux concours qui sont très en dessous de celui des anciennes spécialités : génie électrique, génie mécanique, génie civil. C’est la déqualification des enseignants et de leurs enseignements avec une lourde conséquence sur des séries qui perdent donc leur contenu disciplinaire au bénéfice de l’enseignement du développement durable, de la compétitivité des produits…

Les conséquences sur l’avenir des BTS qui recrutaient essentiellement des baccalauréats STI sont désastreuses. Le premier constat de nos collègues de BTS, c’est que les étudiants n’ont plus aucune connaissance technologique et qu’il sera très difficile d’en faire des techniciens supérieurs en 2 ans. Le BTS est donc très menacé.

Les nouvelles épreuves du baccalauréat : un désaveu du travail de nos collègues…
Comme en témoignent nos collègues, tout est faussé par les consignes pour les corrections du bac : questions trop « dures » éludées, consignes pour les jurys du bac afin de noter avec clémence, consignes pour le contrôle continu…
Ces consignes sont vécues par nos collègues à juste titre comme une remise en cause de leur travail et des pressions inadmissibles sur leur pédagogie dont l’évaluation est partie intégrante.

Dans quel état se trouvent nos collègues ?

On aurait tord de penser que le geste désespéré de notre collègue d’Aix/Marseille est un geste isolé. Tout d’abord parce qu’il a déjà eu des précédents. Ensuite parce que d’autres collègues sont au bord du gouffre. Enfin, les témoignages nombreux qui remontent de toutes les académies sans exception expriment un sentiment que nous connaissons :

Le même sentiment que celui qui a dominé à « France Télécom » ou qui se répend à « La Poste ». Celui où on demande à des salariés de changer de métiers, d’abandonner ce pourquoi ils étaient entrés dans le service public, avec les résultats que l’on sait et que l’on voit : des dizaines de suicides et de drames…

Abattements, démotivations, burn-out, dépressions, colère tels sont les sentiments généralement véhiculés par ces enseignants.

Il est urgent d’agir.

Au groupe de travail vous avez estimé ne pas disposer d’assez d’éléments pour le faire et vous envisagez un questionnaire auprès des personnels.

Nous vous répondons que cela ne peut correspondre à la situation. Tout d’abord vous disposez du rapport sans concession de l’Inspection Général. Si vous souhaitez encore des éléments supplémentaires, nous demandons que le CHSCT M fasse appel à un expert indépendant et extérieur dans le cadre de l’article 55 du décret 82-453 modifié.

La FNEC FP FO demande des mesures d’urgence :

  • 1. Le suivi médical individuel et immédiat pour tous les personnels de STI
  • 2. L’arrêt immédiat des changements de disciplines, des mutations plus ou moins choisies,

Et surtout, parce qu’un emplâtre ne saurait soigner une jambe de bois, la FNEC FP FO souhaite que le CHSCT M saisisse le Comité Technique Ministériel pour que la réforme des STI soit « remise à plat » et ce dans les plus brefs délais avant que nous ne déplorions d’autres situations comme celle de Monsieur JACQUE.

déclaration FNEC CHSTH STI 14-10-13
sti RV comm petition snfolc 15-10

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