SORTIR DE L’IMPASSE. Lettre ouverte aux adhérents, militants, responsables du SNALC.

mardi 8 novembre 2011


Cher(e)s Collègues,

Le 20 Octobre, en fin de journée, lors des opérations de dépouillement du vote électronique pour les élections professionnelles, le verdict des urnes est tombé. Il est sans appel.

Avec 4,7% des voix, loin derrière... SUD et la CGT, l’Union pour l’Ecole Républicaine n’obtient aucun siège au Comité Technique Ministériel et un nombre désespérément bas aux Comités Techniques Académiques. Irai-je jusqu’à dire que l’UER a vécu, elle qui n’eut d’autre existence que fantasmée ?...

Toute volonté de sarcasme ou d’ironie exclue - je me suis trop longtemps investi au sein du SNALC pour y succomber - les conséquences de ce désastre crèvent les yeux. Considéré comme non représentatif, le SNALC ne dispose plus, aujourd’hui, d’aucun moyen pour faire avancer ses revendications. Le SNALC n’a plus, à ce jour, aucun pouvoir d’influence, son poids dans les négociations sera nul, puisqu’il n’aura plus même la possibilité d’y participer...

Autre effet, et non des moindres : la division de ses moyens syndicaux, (décharges), par quatre. Que l’échéance en advienne l’année scolaire à venir ou la suivante, ne change rien au caractère inexorable de l’affaire. En dépit de certaines assertions, il sera impossible d’assurer, avec quelque crédibilité, le fonctionnement d’un syndicat structuré en se fondant presque exclusivement sur le bénévolat. Certes, le SNALC conserve ses cinq sièges en CAPN et progresse dans les CAPA. Mais avec quels moyens humains pourra-t-il assurer le rôle de prestataire de service à quoi son absence au CTM le réduit ? A la perte de la représentativité se joindra, forcément, l’absence d’efficacité. A cela s’ajoutera l’hémorragie des adhérents, qui, dès à présent, s’amorce. Cette dernière achèvera de ruiner, financièrement cette fois, une organisation rendue exsangue... Que vont devenir les salariées, elles qui ne disposent pas, à notre instar, d’un statut et d’une sécurité de l’emploi ? Je pense aussi aux années d’efforts consentis pour acquérir les locaux de la rue de Trévise. Je songe enfin au désarroi des militants du SNALC, confrontés, dans leur établissement, aux représentants souvent agressifs des organisations signataires des accords de Bercy, reconnues représentatives. Va-t-on continuer de les tromper en prétendant que les résultats aux élections professionnelles constituent un éclatant succès ?

Qu’il plaise ou non, la logique syndicale induite par la loi de Juillet 2010 n’est plus catégorielle, mais professionnelle. La représentativité légale est désormais calculée sur la base des résultats électoraux au niveau ministériel. C’est la même logique qui prévaut pour toute la fonction publique, ainsi que dans le secteur privé. Certaines confédérations sont, de ce fait, menacées de disparition ; (pour le secteur privé la représentativité sera établie en 2013).

On peut, certes, se complaire dans le rêve éveillé, s’acharner jusqu’à l’absurde dans le déni de réalité... Mais il faudra bien, quelque jour, ouvrir les yeux et siffler la fin de la récréation.

La vérité est que la FGAF, dont la Fédération Autonome de la Fonction Publique Territoriale (FAFPT) vient de claquer la porte, n’est plus qu’un ectoplasme : son secrétaire général trône, assis sur du vide.
La vérité est que la CSEN, privée de tout moyen d’agir avant les élections, n’est plus qu’une coquille sans contenu. Le SNE est à l’agonie, l’Autonome-Sup va disparaître dès 2014, le SPLEN s’est d’ores et déjà dilué dans la catégorie des ATRF.

La vérité est que la FAEN, la CFTC, les SAGES, SIES et autres SIAES, hormis le partage de quelques dépouilles, n’ont plus aucun intérêt commun avec le SNALC, ni aucun avantage à tirer d’une « union » morte avant que d’être née...

Tel est le fiasco où la stratégie de son actuel président a conduit le SNALC.
Mais peut-on accepter que plus de cent ans de luttes pour la transmission du savoir, pour l’égalité des droits, pour l’accès de la personne à l’autonomie rationnelle, pour la défense de la mission des professeurs et de leur statut passent, en raison d’une réponse inadaptée à une loi scélérate, en pertes et profits ? Peut-on se résigner à voir tout un patrimoine syndical relégué, dans le meilleur des cas, au vaste mais poussiéreux musée des illusions perdues ?

Certains avaient eu la lucidité de l’entrevoir et le courage de l’annoncer : les adhérents du SNALC n’ont plus, aujourd’hui, que deux façons de sortir de l’impasse : laisser le syndicat se saborder ou rejoindre Force Ouvrière.

Alors que l’UER n’obtient aucun siège au CTM, La Fédération Nationale de l’Education, de la Culture et de la Formation Professionnelle FO (FNECFP-FO), avec plus de 10% des suffrages, frôle le deuxième siège et devient la troisième organisation de l’Education, devant le SGEN-CFDT. Elle obtient 26 sièges aux Comités Techniques Académiques. Dans le même temps, la confédération Force Ouvrière, à l’issue des derniers scrutins, qui auront lieu le 22 novembre prochain, est en passe de conquérir la première place dans la fonction publique d’Etat, devant la FSU. Elle disposera de sièges aux Conseil Supérieurs des trois fonctions publiques. Sa puissance constitue aujourd’hui, pour l’ensemble des salariés, un instrument de lutte pour imposer leurs revendications, préserver leurs acquis et leurs retraites.

Force Ouvrière n’a pas signé les accords de Bercy sur la représentativité syndicale. Elle n’a aucune responsabilité dans la loi liberticide de Juillet 2010. Sa très forte progression lors des élections professionnelles des différents ministères s’explique par sa résistance à la volonté gouvernementale de modeler le paysage syndical pour mieux le soumettre à son bon vouloir. La charte d’Amiens la rend totalement indépendante des partis politiques.

En ce qui concerne l’Education, les adhérents du SNALC se retrouveront dans l’action de Force Ouvrière, guidée par l’attachement à la transmission du savoir, par la défense obstinée des statuts de 1950, par l’attachement à la liberté pédagogique, par le refus de toutes les pseudos réformes imposées par le pédagogisme, par son combat contre le collège unique, contre le lycée light, contre l’autonomie de l’établissement. FO apporte la crédibilité d’une grande confédération au combat pour l’égalité des droits, au sein d’une école laïque consacrée à l’instruction publique. Reconnue représentative, face aux syndicats qui accompagnent les « réformes » au détriment des personnels, elle a aujourd’hui vocation à accueillir toutes celles et ceux qui veulent voir s’amplifier leur engagement pour une autre politique scolaire.

Sortir de l’impasse, c’est prendre conscience de la réalité : la stratégie d’union disparate avec la CFTC et la FAEN était suicidaire. Sortir de l’impasse, c’est rejoindre Force Ouvrière, c’est rejoindre son syndicat du secondaire, le SNFOLC, pour y poursuivre la lutte. Plus nous y serons nombreux, mieux nous y serons entendus. C’est ainsi, et seulement ainsi, que nous contribuerons à développer une force susceptible d’offrir une alternative crédible aux organisations signataires des accords de Bercy.

Bernard KUNTZ

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