Communiqué FNEC FP FO

Réunion à l’Assemblée nationale sur les manuels scolaires -10 janvier 2012

10 janvier 2012

mardi 10 janvier 2012


Le groupe de travail présidé par le député Xavier Breton a réuni les syndicats (FNEC
FP-FO, FSU, UNSA, CFTC, SNALC-CSEN, SNCL-FAEN), pour analyser les raisons
de l’incident concernant des manuels de SVT à propos de la théorie des genres
« devenir homme ou femme ». Il souhaitait recueillir les propositions des syndicats
sur l’élaboration des manuels scolaires.

Catherine Lang, secrétaire nationale SNETAAFO et Laurent Baussier, secrétaire
national du SNFOLC, représentaient la fédération FO de l’enseignement et de la
culture.

M. Breton a posé la problématique de la façon suivante : pensez-vous qu’il faille
rendre transparent le processus d’élaboration des manuels scolaires ?
A quel moment prévoir une réunion entre rédacteurs des programmes et les éditeurs ?
La consultation des projets de programme doit-elle être plus ouverte et publique ?
Doit-on donner un agrément ou un label à un manuel scolaire ?

La FNEC-FP-FO a déploré la méthode qui consiste à ne pas donner l’ordre du jour de
la réunion, les syndicats découvrant le sujet.
FO a rappelé qu’elle ne se prononcerait pas sur le contenu des programmes, qu’elle
n’est pas une fédération avec une doctrine pédagogique, ni un syndicat des
enseignements mais un syndicat mandaté pour la défense des personnels. En cela elle
veille à ce que les enseignants puissent enseigner, transmettre des connaissances dans
le respect des programmes nationaux et des statuts dans le respect de la conscience
des élèves. L’enseignant apporte les connaissances, condition pour que l’élève se forge
son opinion.

Concernant l’incident des manuels de SVT, FO a précisé que la polémique sur ce sujet
était le fait d’un lobby politico-associatif, qu’il ne fallait pas confondre la rédaction des
programmes d’enseignement et leur transposition par les éditeurs dans les manuels.
Cette dernière relève des éditeurs et de leur responsabilité.

FO s’est opposé fermement à la mise en débat des programmes d’instruction par la
société civile.

Ce serait faire intervenir dans le processus d’élaboration des programmes les
associations, les églises, le patronat (…), qui n’ont aucune compétence scientifique ni
pédagogique.

Ce serait ouvrir la porte aux lobbys, au morcellement de l’enseignement, à la
définition locale des programmes d’enseignement en fonction des groupes de pression
locaux, à une remise en cause de la laïcité en faisant des programmes l’enjeu de
discussions.

Elle a rappelé son attachement au manifeste des instituteurs syndicalistes de 1905 précisant que l’enseignement du
théorème de Pythagore ne variait pas en fonction des majorités à l’Assemblée. Elle a rappelé que l’éducation
nationale, service public d’enseignement, avait la charge des programmes et les éditeurs, entreprises privées, la
charge des manuels dans une logique de marché.

FO a demandé que pour couper court à ce genre de polémique stérile, le ministre réaffirme la neutralité de
l’enseignement public et que les programmes s’inscrivent dans le respect de la laïcité.

FO a rappelé que l’enseignant est libre d’utiliser l’actualité pour instruire les élèves dans le respect des programmes
nationaux.

FO a rappelé que les enseignants n’avaient pas besoin d’un manuel agréé, qu’ils savent lire les manuels scolaires et
faire le tri. Pour cela, le ministère doit respecter et garantir leur liberté pédagogique mise en danger par le projet de
décret sur l’évaluation. Si ce cadre là est respecté, la question d’un manuel labellisé ou agrémenté ne se pose pas.

FO a réaffirmé que les inspecteurs pédagogiques étaient les garants du respect de ces programmes et qu’il fallait
consolider leur rôle plutôt que de les accaparer à la mise en oeuvre d’expérimentations dérogatoires ( ECLAIR et
Ecole du socle).

FO a déploré les parodies de consultations des enseignants sur les programmes, le décalage entre l’avis donné par les
enseignants et le résultat dans le BO. En particulier les récents programmes, découlant notamment de la réforme du
lycée dans le secondaire, ont suscité de vives critiques, et même un rejet de nombreux spécialistes dans les votes
négatifs souvent majoritaires au CSE.

Pour la FNEC-FP-FO, la consultation lancée par le député est un élément de plus de l’attaque frontale lancée par le
ministère contre la laïcité de l’Ecole et les programmes d’enseignement nationaux.

  • -Au moment où le projet de décret sur l’évaluation des enseignants les exposerait à toutes sortes de pressions locales
    (parents d’élèves, associations, lobbys) ;
  • - Au moment où le projet Chatel, par l’autonomie accrue des établissements, par la suppression de la notation
    pédagogique et du rôle des inspecteurs signerait l’arrêt de mort des programmes d’enseignement nationaux, la FNEC-FP-FO demande que les idées lancées par le député restent sans suite.
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