FO

Résolution du CCN FO du 14 janvier 1983 contre le Rapport Legrand

4 juin 2015

jeudi 4 juin 2015

En 1983, le rapport Legrand, rejeté massivement par les
syndicats au nom de la défense de l’enseignement
disciplinaire et des statuts, prévoyait que
la réforme du collège s’appuie sur la refonte du
statut des enseignants.
Il avait été condamné vigoureusement
par la Confédération FO.

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Le Comité Confédéral de la CGT-Force Ouvrière, réuni à Paris les 12, 13 et 14 janvier 1983, exprime son désaccord à l’égard des projets du Ministre de l’Education nationale et ses chargés de mission.

La réorganisation des collèges telle qu’elle est envisagée

- fera entrer en 6ème tous les enfants de 11 ans sans se préoccuper de savoir s’ils ont acquis les éléments fondamentaux de lecture, d’écriture et de calcul.

- risque d’enfermer les élèves dans une scolarité « en continu » qui ne remédie pas à l’échec scolaire.

- débouchera sur un curieux « brevet des collèges » qui, loin d’attester d’un niveau déterminé, donnera la photographie indélébile de la situation à laquelle chacun est parvenu à 15 ou 16 ans.

- repoussera à la fin de scolarité au collège le problème de la sélection mais, à ce terme, les écarts seront tels que cette sélection sera plus sévère.

Ce projet, basé sur la volonté que les enseignants des collèges participent largement à la « socialisation » des enfants, leur confie des rôles tels que celui de « tuteur » qui n’entrent ni dans leur véritable mission, ni dans le cadre de la formation qu’ils ont reçue. Le tutorat, en faisant appel à l’affectivité, peut mettre en danger la personnalité même des enfants.

Il aggrave sensiblement leurs conditions de travail en même temps qu’il diminue leurs rémunérations.

Les mesures de décentralisation qui donneront aux collectivités territoriales l’entière responsabilité de la détermination du « réseau » des établissements, de leur construction et de leur équipement soumettront inévitablement les structures scolaires à l’environnement politique et à des groupes de pressions locaux.

La gestion tripartite des établissements permettra aux parents et aux personnalités extérieures d’intervenir dans des problèmes d’ordre strictement pédagogique, qui ne sont pas de leur compétence. Les programmes nationaux deviendront d’ailleurs illusoires puisque chaque conseil d’établissement aura la possibilité de les « adapter ».

Le « projet d’établissement » qui doit être élaboré par chaque conseil et qui déterminera « l’identité » de l’établissement

- détruira l’unicité de l’enseignement public

- introduira dans tous les établissements publics des activités de caractère spirituel, intellectuel ou sportif, qui pourront être organisées avec le concours « d’associations » extérieures à l’école.

- c’est l’équivalent du « caractère propre » des établissements privés, c’est l’abandon de la laïcité de l’enseignement public.

Dans tous ces changements, essentiellement de caractère structurel, le CCN ne voit guère de mesures propres à améliorer la qualité de l’enseignement. Il redoute au contraire que le report des procédures d’orientation, à la fin de la scolarité obligatoire conduise un plus grand nombre de jeunes à quitter le système éducatif sans avoir reçu de formation professionnelle. La réalisation de celle-ci dans une tranche d’âge de 16-18 ans ne peut s’admettre que si elle s’accompagne d’importantes mesures sociales, à l’égard et des jeunes, qui permettent à ces derniers de se libérer des contraintes matérielles et financières que beaucoup ne sont pas en mesure de supporter.

Le CCN est favorable à l’intégration des jeunes handicapés dans les structures non spécialisées de l’enseignement. Celle-ci doit néanmoins se faire sans précipitation ni démagogie et s’accompagner de la mise en place des moyens propres, en particulier pour la détection des handicaps dès le plus jeune âge.

La Confédération FO s’est toujours prononcée pour que l’école offre les activités facultatives complémentaires à celles de la classe, sous réserve qu’elles soient conduites par des personnels qualifiés.

Elle affirme sa volonté de peser de son poids pour le développement d’un enseignement public permettant à tous les jeunes d’exprimer au mieux leurs aptitudes tout en respectant leurs différences et la diversité de leurs objectifs.

Elle proclame qu’aucun changement positif dans l’Education ne peut s’assortir d’attitudes méprisantes et de brimades à l’égard des enseignants qui exercent un métier rendu de plus en plus difficile par les erreurs multiples successivement commises par les Pouvoirs publics.

FO n’acceptera pas la « privatisation » des établissements publics d’enseignement, par le biais des pouvoirs démesurés donnés aux conseils d’établissements, même si cela est présenté sous le prétexte de la mise en place d’un « grand service public, laïque, unifié ».


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