Réponse du SNFOLC à la proposition de STAGIAIRE IMPOSSIBLE d’audience commune au ministère

samedi 11 juin 2011


Chers collègues, chers camarades,

Le SNFOLC a bien pris connaissance de votre proposition de demande d’audience au ministre.

Comme vous le savez notre organisation a toujours combattu la mise en place de la masterisation ; cette position a été reprise par notre confédération qui est aussi intervenue auprès du ministre de l’éducation nationale, et a fait l’objet de campagnes publiques dans la presse nationale de la confédération FO ainsi que lors du meeting contre la RGPP, le 17 novembre 2010. Le lien de la réforme de la masterisation et des suppressions de postes n’est plus à démontrer puisque la masterisation a produit 18 202 suppressions de postes lors de son entrée en application, ce que Monsieur Darcos, lors de la passation de son ministère à Monsieur Chatel a lui-même reconnu.

C’est pourquoi, nous nous permettons de faire quelques réflexions sur la proposition d’audience commune auprès du ministre :

- N’est-il pas souhaitable, pour que notre demande soit en concordance avec les revendications formulées tout au long de l’année par les stagiaires qui, dans leurs témoignages, dans leurs réunions et interventions, ont souligné l’enfer de la masterisation et ses conséquences sur les conditions de travail, de formation, de demander l’abandon de cette réforme et par conséquent l’abrogation des décrets du 28.07.2009 avec une remise à plat de tout le dossier ? Pour rappel, l’adresse au ministre des sections SNES de Paris, Créteil, Versailles (8.10.2010) pour des améliorations immédiates des conditions de stage en collège et en lycée exigeait « l’abandon de la réforme actuelle et le rétablissement des emplois de stagiaire. »

- N’est-il pas souhaitable que la formulation « accompagnement pluraliste » soit modifiée pour, elle aussi, être en accord avec ce qui a été défendu tout au long de cette première année de mise en place ?
Ainsi pour rappel, lors du rassemblement de plusieurs centaines de manifestants, le 1er décembre 2010, une délégation SNES, SGEN, SUD, FO, CGT, collectif Stagiaire Impossible a été reçue au Ministère. Le compte-rendu très clair fait par Stagiaire Impossible explique notamment :

« Nous avons donc insisté sur la réalité catastrophique des conditions de stage dans lesquelles sont placés les stagiaires, utilisés comme moyens d’enseignement, conséquence directe de la réforme de la formation des maîtres dont toutes les organisations demandent l’abandon : temps plein devant élèves, classes à examen, charge de professeur principal, formation en plus du temps de service et insuffisante, tuteurs souvent hors de l’établissement d’exercice. Nous avons souligné la situation extrême de pression, de stress et d’épuisement de l’ensemble des stagiaires qui prennent sur leur temps de sommeil, contraints de demander des congés, voire s’orientant vers des démissions. La question des tuteurs, désignés souvent d’autorité, sans décharge, a également été abordée. (…).

Ce qui est logique car correspondant aux revendications du tract d’appel à l’AG du 20 octobre par Stagiaire Impossible, dans la continuité de l’appel de Torcy du 8 octobre, sur les revendications suivante : moins d’heures de service, un tuteur pour tous, des conditions de validation transparentes.

Lors de cette réunion (170 collègues), la revendication été mise au vote : « Droit à l’accompagnement d’un conseiller pédagogique non-évaluateur : 80 voix pour ». De la même façon, dans la lettre aux organisations syndicales qui annonce la constitution, le 1er octobre, de Stagiaire Impossible, l’une des trois revendications est la suivante : « soutien plus concret qui se manifesterait par la présence d’un tuteur pour chacun des stagiaires. »
C’est pourquoi, la formulation « accompagnement pluraliste » est pour le moins ambiguë et dessert la revendication.

Nous donnerons deux exemples : avant la masterisation, il y a toujours eu des tuteurs, rémunérés pour aider les stagiaires ; pour 2011, par exemple, le rectorat de Besançon met en place un « accompagnement pluraliste » puisqu’il souhaite encadrer les stagiaires par des « tuteurs disciplinaires » et des « tuteurs métier ». Ceci permet donc de s’émanciper de la mise en place d’un vrai tuteur tel que nous le connaissions, il y a à peine un an.

Enfin, nous attirons votre attention sur les dernières déclarations des ministres Chatel et Pecresse, le 23 mai, qui visent à mettre en place un tuteur professionnel accompagnant le stagiaire. Nous ne sommes pas pour qu’une nouvelle fonction, à l’instar du préfet des études, que nous rejetons tous, soit mise en place ; on aurait alors, une nouvelle fonction, « accompagnant pluraliste » toutes disciplines qui permettrait ainsi d’accompagner le stagiaire, le master, le M1, le M2, envoyés dans les classes avec multiplication de petits contrats et la mise en place d’un réel vivier de précaires à vie mais qui serait suivi par des « accompagnants pluralistes » déconnectés des disciplines et professionnalisés.

Ceci faciliterait, pour les ministres, la généralisation de l’alternance et favoriserait une seule entrée dans le métier par la professionnalisation des master d’enseignement. Il paraît donc souhaitable que la formulation de départ, « aucun stagiaire sans tuteur » soit conservée, formule à laquelle on peut ajouter : aucun stagiaire sans tuteur comme avant la masterisation.

Ces réflexions doivent nous permettre de trouver ensemble un cadre commun de demande d’audience en respectant les revendications des stagiaires qui nous demandent d’être à leurs côtés dans la défense de leurs revendications.

Cordialement,
Le SNFOLC

P.-S.


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