Réponse du SNETAA-FO et du SNFOLC aux autres syndicats de PLP

samedi 25 juin 2011


Chers camarades,

Nous avons lu avec la plus grande attention le projet de synthèse d’appel national pour la défense de l’enseignement professionnel que vous nous avez retourné.

Nous avons pris bonne note de l’intégration de quelques éléments de nos propositions d’amendements.

Pour autant, un certain nombre de questions déterminantes n’ont pas été prises en compte :
-  Sur les formations : il n’est pas question de la demande d’ouverture en LP de sections de CAP à côté des bac pro, l’arrêt de la fermeture des sections, et de notre opposition au lycée des métiers
-  Sur la décentralisation, la formule retenue est pour le moins ambigüe : il est dit que les organisations sont « opposées à toute nouvelle étape de la décentralisation qui se traduirait par un désengagement de l’Etat dans la formation professionnelle initiale », ce qui peut largement être interprété comme une approbation de la décentralisation, sous condition de compensation des charges par l’Etat. Rien n’est dit sur l’autonomie des établissements, que nous avions proposé de condamner. Nous sommes également très interrogatifs, dans la réponse donnée à la CFDT par le SNUEP, car celui-ci n’était pas contradictoire à l’appel de Bobigny (signé il est vrai par le SNUEP, le SNES, la CGT, l’UNSA-Education, SGEN-CFDT) qui se prononce pour « l’articulation des objectifs nationaux avec les projets éducatifs des établissements d’enseignement et des institutions culturelles publiques et ceux des territoires ».
-  sur les diplômes : refuser de parler du CCF et des ECVET (qui doivent commencer à être mis en place dès 2012) revient à les approuver (qui ne dit mot consent...)
-  sur le statut des personnels : nous avions proposé que soit explicitement fait référence au « maintien du corps national des PLP sous statut de fonctionnaire d’Etat et de son statut particulier ».... c’est devenu le « maintien des personnels enseignants et d’Education des lycées professionnels sous statut de fonctionnaire d’Etat », ce qui n’est pas du tout pareil. Dire qu’il y a aussi des CPE ou des PEPS dans les LP n’est pas un argument : il s’agit de savoir si les LP et leur corps des PLP doivent être maintenus ou bien si nous ouvrons la porte à la mise en place d’une « corps unique » du secondaire, ce qui va aussi dans le sens du « lycée unique », et donc de la disparition des LP. Cette question est totalement reliée à la mastérisation. Inutile de vous préciser qu’en tant que syndicats en charge de cette catégorie, cela nous semble une question déterminante.

Nous sommes également interrogatifs sur la demande de réouverture des débats sur la voie professionnelle. Le gouvernement par la voix du Premier Ministre ne vient-il pas de s’adresser au CESE en vue de préparer un projet de loi afin de « franchir une nouvelle étape dans la construction d’une flexicurité à la française », qui devrait aborder entre autre « l’articulation entre formation initiale et formation continue et la place des universités ». et donc cela revient à ne considérer la formation professionnelle que comme une formation d’adaptation au marché du travail dans le cadre de la formation tout au long de la vie.
Tout ceci vient aussi dans le contexte de la loi Warsmann qui entend transformer les GRETA en GIP.
Au terme de la mise en place de ces orientations le sort des LP est directement menacé.
Plutôt que de réclamer un débat, il nous semble plutôt nécessaire d’affirmer nettement les garanties et les revendications que nous souhaitons porter dans les prochaines semaines et prochains mois. Nous sommes également interrogatifs sur la revendication.
Vous comprendrez que dans ces conditions nous ne puissions cosigner le projet que vous nous proposez, puisque son contenu revendicatif est très éloigné et même contradictoire avec nos mandats.
Recevez, chers camarades, nos salutations syndicalistes les meilleures et l’expression de notre détermination à défendre les lycées professionnels, les professeurs de lycée professionnel et leur statut.

Christian LAGE,
Secrétaire Général du SNETAA-FO

Jacques PARIS,
Secrétaire Général du SNFOLC

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