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Rentrée 2014 : les enseignants font leurs comptes - 18 septembre 2014

18 septembre 2014

jeudi 18 septembre 2014

C’est la rentrée, chacun fait ses comptes et constate le recul spectaculaire de son pouvoir d’achat. Chacun
se demande à quelle dépense il va devoir renoncer et parfois comment il va boucler les mois à venir.
Rien d’exagéré dans ce constat. Mais comment expliquer que les enseignants recrutés avec un niveau
d’étude de plus en plus élevé soient de plus en plus mal payés ? Il y a des raisons à cela.


Non seulement les salaires sont bloqués depuis 2010 mais
le traitement des
enseignants est en baisse.

- 0,38% depuis janvier 2014. Le traitement lui-même est
en baisse : le prélèvement de la retenue pour pension civile
augmente chaque année : 7,85% du traitement brut en
2010 ; 8,12% en 2011 ; 8,39% en 2012 ; 8,76% en 2013 ;
9,14% en 2014.

- 37,5% à cette rentrée. C’est la baisse de l’indemnité
versée aux enseignants et CPE, tuteurs d’un stagiaire. Elle
passe de 2 000 euros (plafond) à 1 250 euros à compter du
1er septembre 2014.

Depuis 2010, c’est une baisse cumulée de 8% en moyenne
de pouvoir d’achat (qui s’ajoute à une baisse d’environ 8%
en prix constants entre 2000 et 2010).

Pour reconnecter le traitement avec le coût de la vie, il faudrait
augmenter les salaires d’autant.

Dans le même temps, le coût de la vie ne cesse d’augmenter.
Les prix à la consommation augmentent de 0,5% sur
un an (sources INSEE) - quelques exemple dans le tableau
ci-dessous.

Septembre, électricité + 5% ! Selon le dernier rapport de
la Commission de régulation de l’énergie, le prix de l’électricité
devait connaître une hausse de 5% d’ici l’automne
pour aligner les tarifs de l’électricité sur les coûts de production.
L’État pourrait même procéder à une facture de
rattrapage, évaluée à une trentaine d’euros environ par
clients. 9 ménages sur 10 concernés !

A cela s’ajoutent les impôts : le tiers provisionnel en septembre
est en augmentation pour de nombreux collègues.
Pour les enseignants, le constat est amer et le quotidien devient
difficile. Les collègues précaires (contractuels et
AED) se retrouvent dans des situations pénibles.

Le poids des réformes

Les rythmes scolaires

Dans certaines communes, en fonction des moyens financiers
et des choix opérés par les élus locaux, les offres
d’activités sont souvent payantes pour les parents. C’est
une dépense supplémentaire. Au moment des activités prévues
dans le cadre des rythmes scolaires, l’école n’est plus
obligatoire, elle risque de ne plus être laïque, mais il est
aussi à craindre qu’elle ne soit plus gratuite.

Le « pacte de responsabilité » préfigure des menaces à
l’encontre de la Sécu et des prestations familiales.

• 10 milliards d’euros pris à l’assurance-maladie, qui, bien
entendu, seront à financer par les salariés eux-mêmes.

• gel (donc perte de pouvoir d’achat) pour toutes les prestations
sociales (retraites, allocations familiales, etc.) hors
les minima sociaux.

Dans le même temps, 30 milliards d’euros d’aides supplémentaires
sont prévues aux entreprises et 8 milliards de réduction
fiscale, soit 38 milliards !

Hasard du calendrier, les entreprises, qui ont commencé à
bénéficier du CICE (crédit impôt à la consommation) au
deuxième trimestre 2014, ont versé des dividendes record
à leurs actionnaires. Le journal La Tribune du 25 août cite
l’étude publiée par la société de gestion Henderson Global
Investors : la France est le pays « qui a réalisé la meilleure
performance et est également le plus important payeur de
dividendes en Europe, en hausse de 30,3% par rapport au
deuxième trimestre 2013 »
. Soit près de 31 milliards d’euros
versés par les entreprises françaises à leurs actionnaires…

De là à penser que cet argent viendrait de nos poches…

A cette rentrée, les comptes ne sont pas les mêmes pour
les personnels de l’Education nationale. L’austérité ne
frappe pas à toutes les portes.

Inquiétudes encore avec le décret Peillon qui prévoit de
remplacer les décharges statutaires par des indemnités. Là
encore cela ne fera pas le compte.

Austérité pour les crédits de fonctionnement

A Grenoble, lors du Comité Technique Académique du 23
juin 2014, M. le Recteur a présenté les mesures d’ajustement
pour cette rentrée et les projets de budgets opérationnels
de programme (BOP). Mais il semblerait que pour le
gouvernement ces restrictions soient insuffisantes. Aux
contraintes budgétaires du pacte de responsabilité de réductions
des dépenses publiques et sociales de 50 milliards
d’économie s’ajoutent désormais 4 milliards pour l’année
2014. Les mesures prévisionnelles présentées par le Recteur
traduisent cette politique d’austérité du gouvernement.
Ainsi le BOP 141 (2nd degré public) est en réduction de
21,35%. Résultats, les crédits pédagogiques (manuels
scolaires, contrats d’objectifs…) fondent de 29,3% (- 925
401€). Les frais de déplacement (hors formation) baissent
de 3%.

FO attire l’attention des personnels sur les conséquences
concrètes de ces mesures qui s’appliqueront dès septembre,
et sur la volonté ministérielle de modifier les statuts des
enseignants et personnels d’Éducation à la rentrée suivante.

Toutes ces mesures sont de nature à dégrader les conditions
de travail et rendre chaotique le fonctionnement des
établissements qui doivent accueillir plus d’élèves avec
moins d’enseignants titulaires.

FO invite les collègues à se rassembler sur les revendications
et à préparer le rapport de force pour bloquer cette
politique rétrograde qui porte atteinte à l’École de la République
et à ses personnels.


*chiffre INSEE des prix à la consommation de juillet 2013 à juillet 2014

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salaires -18 sept 2014

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