Réforme du lycée : une menace directe pour les personnels de labos

jeudi 29 avril 2010, par Claude Singer


Le SNFOLC a été reçu par le cabinet du ministre le 16 novembre 2009.
Il s’agissait d’une réunion d’information et non de négociation : le cabinet a présenté ses « pistes de réflexion pour la seconde et le cycle terminal », « synthèse », selon ses propres termes, des discussions dans les groupes de travail, dont le SNFOLC a été écarté [1]

Les grilles horaires rendues publiques le 19 novembre 2009 confirment totalement ce qui a été dit par le représentants du ministère. Rappelons que la nouvelle seconde devrait entrer en application en septembre 2010 prochain.

Le projet tel qu’il a été présenté par le ministère se traduit pour les enseignants par :
- une diminution de 2 heures des horaires disciplinaires des élèves
- la gestion d’un tiers de l’horaire de 2nde par le conseil d’administration selon un projet élaboré par le conseil pédagogique
- la suppression des règles nationales en matière d’attribution des dédoublements
- le plus grand flou sur les perspectives pour la voie technologique
- l’éclatement du groupe-classe entre ces divers aménagements censés répondre aux difficultés individuelles des élèves
- la possibilité pour chaque l’établissement de regrouper ses moyens horaires et de déroger à l’horaire hebdomadaire
- la multiplication de tâches autres que les cours disciplinaires.

Cette contre-réforme démolit le lycée, établissement d’enseignement fondé sur des règles et des horaires définis au plan national. Ces derniers garantissent la transmission des connaissances dans des conditions sereines

Les conséquences sont directes pour les personnels de labos
Ce projet pulvérise les règles nationales.

Les dédoublements ne seraient plus garantis, les TP non plus.

Il n’y aurait plus de normes de dédoublement, ni de TP, ni de TD.
Les heures affectées aujourd’hui à l’enseignement à effectifs allégés (dédoublements, modules, aide individualisée,…) seraient globalisées à hauteur de 10 heures dans le tableau produit par le ministère à l’issue des groupes de travail.

Le ministre veut que le « projet pédagogique » peut prévoir un cadre autre qu’hebdomadaire pour l’utilisation de ces heures.

Autrement dit tout devient possible : on entre dans une logique d’annualisation latente des emplois du temps des élèves… et des professeurs. L’égalité de traitement des élèves sur tout le territoire national disparaît au profit de la logique d’autonomie… qui aboutit à l’accroissement des inégalités et à la mise en concurrence des établissements.

Si les TP sont supprimés dans un établissement et pas dans un autre, le sort des personnels de labo devient subordonné aux décisions du conseil pédagogique et du C.A. !

M. Chatel a ressorti la réforme Darcos des cartons. Elle n’est pas plus acceptable aujourd’hui qu’hier.

Le SNFOLC demande que le ministère reprenne le dossier à zéro et ouvre des négociations sans exclusive qui prennent en compte les demandes des personnels.

Dans l’immédiat le SNFOLC appelle les personnels à se réunir dans les établissements et à s’adresser avec leurs organisations syndicales au ministre pour qu’il abandonne son projet.

Notes

[1L’argument mis en avant est celui d’une prétendue représentativité spécifique aux lycées. Rappelons que FO, la CGT, SUD, victimes de cette mesure sont représentés au CTPM et ont adressé une demande commune à M. Chatel pour que toutes les organisations soient invitées, sans ostracisme. Les raisons réelles de cette discrimination avérée sont beaucoup plus certainement que seuls les signataires des points de convergence en juin 2008 avec M. Darcos ont été conviés à participer à ces groupes de travail (FSU, SGEN-CFDT, UNSA, FAEN, CSEN)….


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