FNEC-FP-FO

Référentiel de compétence, déclaration liminaire FNEC-FP FO le 28 janvier

28 janvier 2013

lundi 28 janvier 2013

Déclaration liminaire « référentiel de compétences »
Réunion du 28 janvier 2013

NB : Cette déclaration a été formulée en deux parties pour correspondre à l’organisation des débats proposée par l’administration.

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Vous nous présentez aujourd’hui la troisième version du projet de référentiel de compétences des « métiers du professorat et de l’éducation ».

Force est de constater que si la forme change, les différentes versions ne modifient pas la démarche sous-jacente.

Le projet de circulaire joint indique que ces référentiels, sont bien une des mesures d’application du projet de loi d’orientation, qu’il a vocation a servir de cadre aux futurs masters des « métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation « mais concerne la totalité des enseignants en poste puisque présenté comme résumant les compétences nécessaires pour exercer.

Remarquons que l’intitulé du master, faisant référence à la « formation » en général, concept élastique, s’il donne satisfaction à ceux qui demandent une formation qui ne soit pas « scolaro-centrée », établit qu’il ne s’agit plus simplement de former des personnels exerçant dans des établissements scolaires. Quant à la nature et au niveau scientifique du diplôme universitaire, le catalogue des compétences laisse planer bien des interrogations. La réforme de la masterisation, dans laquelle ils s’inscrivent, font de plus en plus apparaître qu’il ne s’agit pas d’aboutir à une élévation du niveau universitaire des personnels mais que cela aboutit à l’inverse.

Permettez une remarque sur ce qui ne figure pas dans ce texte : il n’est pas question des professeurs d’école, des professeurs certifiés, des professeurs de lycées professionnels, des agrégés. Ce projet est-il l’acte I de la mise en place d’une filière de métier unique de la maternelle à la terminale, ou tout au moins à la troisième, la référence au socle étant omniprésente, à tel point que nous pouvons nous poser la question : les ESPE sont-elles le lieu de formation de « professeurs de socle » ? Est-ce l’annonce d’un aggiornamento statutaire ?

Que vont devenir les statuts particuliers des différents corps cités ci-dessus ? Quelles conséquences sur les textes régissant les obligations de service, par exemple les décrets du 25 mai 1950, pour les enseignants du second degré ? Cette question est pour nous incontournable.

Ajoutons que les référentiels ne font aucune référence au statut général de la fonction publique et aux garanties fondamentales du fonctionnaire.

Par ailleurs, la volonté de mettre en place un référentiel commun débouche sur une ambiguïté forte : la publication de textes particuliers pour les documentalistes, les CPE et les PLP, sous la forme de textes adjoints où d’alinéas particuliers, semble en contradiction avec les objectifs initiaux et débouche sur une sorte de « catalogue » relevant de l’accumulation empirique plus que de la construction synthétique. Pour la FNECFP -FO, opposée à la notion de corps unique, l’ensemble montre l’impossibilité fondamentale d’élaborer un référentiel commun et le caractère ingérable de la démarche entreprise, en raison de ses impératifs plus idéologiques que réalistes.

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Nous prenons acte que les aspects semblant impliquer un retour à un projet d’évaluation des personnels semblable à celui du ministre précédent ont été gommés au profit de considérations plus anodines. (« Réfléchir sur sa pratique – seul ou entre pairs – et réinvestir les résultats de sa réflexion dans l’action. ») Nous resterons, toutefois, d’une extrême vigilance à ce propos comme aux autres, considérant que l’esprit du texte persiste en dépit de « toilettages » successifs.

Venons-en au contenu précis des textes.

La dernière version procède d’une liste de compétences multiples, énonçant des missions floues, (« Savoir transmettre et faire partager les valeurs de la République, dont la laïcité. ») impactées par des considérations locales dans le cadre des PET et de l’acte III de la décentralisation. (« Coopérer dans la mise en place de projets, de travaux et d’évaluations collectifs. Coopérer avec les équipes pédagogiques et éducatives d’autres établissements, notamment dans le cadre d’un environnement numérique de travail, et en vue de favoriser la relation inter-degrés. »)

De surcroît, certains objectifs sont de nature à placer les professeurs dans des situations de dilemme incompatibles avec les valeurs laïques pourtant citées préalablement. (Prendre en compte les préalables, les représentations sociales, genre, origine ethnique, socio-économique et culturelles et les relations que les élèves entretiennent avec les objets de culture pour traiter les blocages dans l’accès aux connaissances.)

Ces aspects impliquent, en outre, une véritable mise sous tutelle des enseignants par les autorités locales, les projets éducatifs territoriaux et contrats d’établissement, ainsi qu’une remise an cause, sous couvert de modernisation, de la définition des obligations de services en heures d’enseignement, et en particulier des décrets de 50, ainsi que l’accumulation des tâches et sujétions, et l’allongement indéfini du temps de présence des personnels.

D’autre part, le texte, qui multiplie les tâches assignées aux enseignants, tend à y adjoindre des missions, (Contribuer à assurer la sécurité et la sûreté des élèves, à prévenir et à gérer les violences scolaires, à identifier toute forme d’exclusion, de discrimination, de violence ainsi que tout signe pouvant traduire des situations de grande difficulté sociale ou de maltraitance.) qui relèvent de personnels d’orientation, sociaux et médicaux spécialisés, que les gouvernements successifs ont systématiquement négligés. FO rappelle que les enseignants n’ont pas à prendre en charge des missions pour lesquelles ils n’ont pas été recrutés et que les politiques de pénurie et d’austérité successives se sont acharnées à mettre à mal.

  •  La FNECFP-FO considère que la finalité de l’enseignement consiste en la transmission du savoir (ces termes sont absents des textes qui nous sont soumis) lors même que le référentiel proposé envisage les connaissances disciplinaires à travers le prisme de l’interdisciplinarité, la transversalité, les relations inter degrés, même si la dernière version tente d’atténuer, en apparence, cet aspect. En substituant les connaissances au profit de compétences, qui constituent la référence ultime tout au long du référentiel, ce dernier cherche manifestement à mettre en œuvre l’école du socle et la remise en cause du lycée dans son architecture actuelle. Remarquons de plus que le mot programme qui figure une fois a perdu son qualificatif de national.
  •  Cette démarche entraînera de nombreuses atteintes à la liberté pédagogique individuelle, confondue avec une démarche collective et inscrite obligatoirement dans un cadre idéologique restrictif. (« Appuyer le choix et le contenu de ses interventions sur les données récentes de la recherche en matière de didactique et de sciences de l’éducation. »)

Pour conclure ces projets, pas plus que le récent décret sur les rythmes scolaires, qui vient d’être publié malgré le rejet général dont il est l’objet, ces projets ne sont de nature à nous satisfaire.

Le ministre, s’il veut éviter un conflit serait bien inspiré de renoncer à de tels projets et d’ouvrir des négociations sur les revendications des personnels.

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