REP+ : recrutement sur profil, inacceptable !

18 février 2016

samedi 20 février 2016


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REP+ : recrutement sur profil, inacceptable !

CV et lettre de motivation généralisés

Dans un nombre significatif d’académies, les rectorats mettent en place un recrutement profilé pour les affectations des professeurs en établissement REP+. C’est le cas notamment à Paris, Lille, Lyon, Nancy-Metz depuis 2015, et Versailles cette année. Une « fiche de poste » liste les missions et activités attendues des futurs enseignants en REP+ affectés par le biais du mouvement spécifique académique, sur profil (CV, lettre de motivation...). Parmi les missions définies à Versailles, qui rejoignent ce qui se pratique déjà dans d’autres académies : « pratiquer la différenciation pédagogique », « connaître et rencontrer les différents acteurs du réseau », « participer à la mise en œuvre du projet de réseau », « coopérer avec les familles », « formation, concertation interne à l’établissement et en inter-degré » dans le cadre du « temps de travail collectif dégagé par la pondération ».

Un profilage pour accepter la réunionnite

Il s’agit à travers une fiche de poste de faire accepter l’alourdissement de la charge de travail des enseignants. Ces missions listées deviendraient alors opposables. Il s’agit d’une définition locale et territorialisée du statut, c’est-à-dire contre les statuts nationaux. Le gouvernement entend poursuivre dans le public, comme dans le privé avec la remise en cause du Code du travail, la déréglementation ! Ce sont aussi des centaines de postes supplémentaires qui sont soustraits au mouvement général.

Le profilage permet d’appliquer plein pot le décret Hamon dont nous demandons l’abrogation. La contrainte devient la règle, comme pour la formation-formatage à la réforme du collège. Ministre et recteurs oublient la mobilisation des personnels dans nombre d’établissements REP+ qui a permis de ne pas imposer ces temps de réunion « sans limites ».

Car au nom d’une pondération qui a été fallacieusement présentée comme une reconnaissance, une réponse à la difficulté éprouvée par les enseignants, il s’agit en réalité de fixer un cadre de missions « sans limites ». Cela n’est pas sans rappeler les ex-RAR (Réseau ambition réussite) ou l’ex-dispositif ECLAIR qualifié de « précurseur de l’éducation nationale future » (vœux de Luc Chatel à la presse, 11 janvier 2012). Précurseur, et pour cause !

Ce recrutement profilé rejoint une des préconisations du rapport de l’IGAENR remis au ministère de l’Education nationale en décembre dernier, à savoir « définir les objectifs et stratégies RH propres à chaque académie » c’est-à-dire poursuivre la territorialisation de l’Education nationale – en application de la loi Peillon dite de Refondation de l’école de 2013. C’est de cette même loi que découle la réforme du collège, que le ministère cherche toujours à imposer la réforme du collège à marche forcée, contre la résistance des personnels encore réaffirmée par la grève le 26 janvier dernier : 5000 collèges, 5000 organisations et contenus différents, 5000 recrutements différents ?

Les personnels exerçant dans un établissement relevant de l’éducation prioritaire ne veulent pas d’un alourdissement de leurs missions. Ils veulent des moyens supplémentaires permettant l’augmentation du nombre de postes (enseignants, d’éducation et d’orientation), la diminution des effectifs par classe ! Le SNFOLC revendique : le respect des obligations règlementaires de service définies en maxima hebdomadaires d’heures d’enseignement, la mise au mouvement de tous les postes, l’arrêt du recrutement sur profil.


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