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Pour que vive le baccalauréat, examen national et anonyme. Communiqué SNFOLC 5 juin 2014

5 juin 2014

vendredi 6 juin 2014


A quelques jours des épreuves écrites du baccalauréat le SNFOLC tient à réaffirmer son attachement à
ce diplôme et à sa délivrance sous forme d’un examen national anonyme, garante de l’égalité de droits
des candidats et de l’existence même de programmes nationaux dans l’enseignement secondaire.

L’existence du baccalauréat et ses modalités, qui étaient il y a quelques années quasi unanimement
admises font aujourd’hui l’objet de remises en causes multiples. On se souvient de la campagne
médiatique organisée en 2013 sur le coût prétendu du baccalauréat (4 milliards), et son caractère
obsolète, qui aurait selon ses promoteurs justifié la généralisation du contrôle en cours d’année.

L’évaluation en cours d’année (ECA), c’est justement ce à quoi les professeurs de langues vivantes
s’opposent dans les sections S et ES depuis la session 2012, conséquence de la réforme du lycée mise
en oeuvre par le gouvernement précédent. La demande d’un retour à des épreuves orales ponctuelles
et anonymes, s’est jusqu’à présent heurtée à une fin de non recevoir. Les aménagements décidés par
M. Peillon n’ont rien résolu, ni sur les conditions de passage des épreuves, ni sur la désorganisation des
cours (réduits à 2 heures hebdomadaires en langues). De plus la mise en oeuvre de ces épreuves
demande un travail important et non rémunéré, au prétexte qu’il s’agit d’une mission liée à
l’enseignement, dans la logique du projet de décret refondant les missions et obligations de service
des enseignants de M. Peillon. Le SNFOLC a demandé au nouveau ministre de ne pas le publier.

Alors que les enseignants corrigent les épreuves dans des conditions toujours plus difficiles, le SNFOLC
attire l’attention de tous sur les projets ministériels explicités dans la circulaire de rentrée, tendant à
remettre en cause la notation chiffrée sous prétexte qu’elle serait perçue comme une « récompense »
ou une « sanction » et ne « renseigne pas l’élève sur ce qu’il sait faire ou ne pas faire ».(1)

Cette logique ouvre la voie à la remise en cause de tous les examens et diplômes nationaux. Elle
conduit aujourd’hui à remettre en cause ouvertement le brevet : « Il faut sortir de la dualité socle
brevet (…) Il faut une seule évaluation, compréhensible par tout le monde, reposant sur une
évaluation de tout le parcours". (2) a ainsi déclaré le président du Conseil Supérieur des Programmes,
en charge notamment de la refonte des examens et diplômes nationaux. Cette évaluation porterait
sur les 5 domaines définis dans le socle, et non plus sur les disciplines : « langages, méthodes pour
apprendre, formation citoyenne et personnelle, représentation du monde, compréhension du
monde. »

La perspective annoncée d’un « continuum bac-3, bac+3 » évoquée dans les textes officiels pourrait
aussi servir de justification à une remise en cause du baccalauréat, examen national de fin d’études
secondaires et premier grade universitaire. Elle pourrait annoncer un éclatement de l’enseignement
secondaire lui-même, écartelé entre l’école du socle (école et collège) et l’enseignement supérieur.

Plutôt que de s’entêter à mettre en place des réformes qui déstabilisent l’institution scolaire et
rendent de plus en plus difficile l’exercice de leurs missions par les enseignants, le ministre serait bien
inspiré de les geler et de tout remettre à plat.

Il serait aussi bien inspiré d’améliorer les conditions de rémunérations des personnels, à commencer
par l’augmentation de la valeur du point d’indice et pour les professeurs qui font passer les examens la
rémunération des vacations et indemnités de correction.

(1) circulaire de rentrée, annexe 3

(2) A. Boissinot, président du CSP, devant la commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale, le 28 mai 2014

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