communiqué du snfolc

Livret Personnel de compétences abandon ! Un rapport de l’inspection générale accablant pour le LPC

20 septembre 2012

jeudi 20 septembre 2012

Au lieu de mettre un terme au
désastre, le ministre annonce la
simplification du LPC dans le
courant de l’année. Pourquoi
s’acharner à poursuivre ?
Qui peut prétendre que le LPC, la
loi Fillon et le socle ont amélioré
la réussite scolaire ?


Le ministre V. Peillon a décidé de
maintenir le LPC malgré le bilan
calamiteux qu’en dresse l’Inspection
générale dans son rapport
d’août 2012. Pourquoi ?

A en croire son prédécesseur, les enseignants
étaient censés s’emparer du LPC et du socle,
pour favoriser la réussite des élèves et mieux
communiquer avec les parents.
En fait la majorité des items sont validés en
bloc et les parents d’élèves renoncent à se lancer
dans sa lecture...

Le ministre a reconnu le 7 septembre que le
LPC est « un casse-tête stérile pour les professeurs
 »
, d’une « inutile complexité ». L’Inspection
générale affirme que non seulement il
fausse les résultats du DNB mais qu’il est
aussi d’une « complexité injustifiée ». Pour
elle, le LPC ne permet pas un réel suivi des
élèves et encore moins leur évaluation. Elle
dénonce « une situation regrettablement disparate
selon les académies et les établissements
 »
. Elle reconnaît que « les équipes
considèrent qu’elles ont été livrées à ellesmêmes,
tout en exprimant la crainte d’avoir
infligé un traitement inéquitable à leurs
élèves »
.

Au lieu de mettre un terme au désastre, le ministre
annonce la simplification du LPC dans
le courant de l’année. Pourquoi le maintenir
devant un tel constat ?

La réponse est dans le rapport de l’IGEN :

« Les pratiques d’enseignement et d’évaluation
doivent évoluer dans la logique du socle »

Le LPC est l’outil emblématique du socle
commun institué par loi de 2005 « d’orientation
et de programme pour l’avenir de l’École »
de François Fillon. Ni la loi Fillon, ni le socle,
ni le LPC n’ont amélioré la réussite scolaire.
Ils représentent plutôt un appauvrissement du
savoir.

En annonçant la troisième version du
LPC, V. Peillon réaffirme donc que le
cadre qu’il entend imposer est celui du
« socle commun des connaissances et des
compétences » et de l’ « Ecole du socle »
de la circulaire de rentrée Chatel qu’il a
maintenue.

C’est soutenir une logique contraire aux diplômes
nationaux et aux programmes disciplinaires
nationaux. C’est en ce sens que le
rapport de l’IGEN préconise la mise en oeuvre
d’un DNB en contrôle continu réduit au socle
commun.

C’est la loi d’orientation de 2005 qui conduit
à dissoudre les statuts des enseignants dans la
polyvalence et la flexibilité. C’est chercher à
« primariser » le collège et à organiser la mobilité
des professeurs du secondaire comme
des professeurs des écoles entre le primaire et
le secondaire, ce qui est d’ores et déjà expérimenté.

Devenir profs de socle ? Non merci !

Les enseignants sont attachés à l’instruction,
aux programmes nationaux et aux diplômes
nationaux. Ils sont professeurs dans une discipline.
Ils ont un statut national, ils sont professeurs
dans une discipline, ce qui est garanti
par les décrets du 25 mai 1950.

Si le ministre a le pouvoir de modifier le LPC
quelques jours après la rentrée scolaire, et
donc de reporter son utilisation à une période
inconnue dans l’année, c’est aussi la preuve
qu’il peut y mettre un terme définitif.

Le SNFOLC l’affirme : la décision qui s’impose
est l’abandon définitif du livret personnel
de compétences et du socle commun.
Le SNFOLC invite les enseignants à se réunir
et à s’adresser au ministre :

Monsieur le Ministre,

  • nous constatons que le LPC et le socle commun n’ont pas amélioré les résultats de nos élèves
  • le LPC représente une charge de travail supplémentaire non rémunérée
  • il s’oppose à l’exercice de notre liberté pédagogique

Nous demandons l’abandon pur et simple du LPC

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tract_LPC_20sept12

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LPC : Un rapport officiel reconnaît « des difficultés » mais s’obstine

Peut-on sauver le soldat LPC ? Pour l’Inspection générale, qui publie un rapport sur « la mise en oeuvre du livret personnel de compétences au collège » (LPC), il le faut absolument. Pourtant le rapport montre que, de sa validation aventureuse à sa cohabitation loupée avec le brevet, le déploiement du LPC est en échec. « Réussite technique » pour le rapport des inspecteurs Brigitte Hazard et Roger-François Gauthier, le déploiement du LPC ne permet quand même pas un réel suivi des élèves et encore moins leur évaluation. Alors pourquoi s’obstiner ? Il y a des raisons...

Ce premier bilan du déploiement général au collège du LPC se veut « nuancé ». En fait il est accablant aussi bien sur l’outil lui-même que sur ses effets sur les pratiques enseignantes. Mais les termes sont mesurés. Les inspecteurs évoquent le « caractère regrettablement disparate de la mise en oeuvre du LPC selon les académies et les établissements. Les contradictions qui ont sans cesse pesé sur ce dossier ont eu comme conséquence un grand inconfort de travail pour les professeurs ». Le livret « ne jouait pas non plus dans de bonnes conditions son rôle d’outil de suivi personnalisé des parcours, au sein du collège comme entre le collège et aussi bien les écoles primaires de l’amont que les lycées de l’aval ». Quant à sa cohabitation avec le brevet elle est « un obstacle à la mise en oeuvre du socle commun ».

Le rapport ne mentionnera pas une autre fois la souffrance des enseignants que l’on oblige à cocher une centaine de cases pour chaque élève probablement en vain. Sur ce terrain, il est moins sévère que le rapport Grosperrin ou celui du HCE. « Pour reprendre une expression très imagée entendue au Collège Françoise Dolto de Paris, le cochage des cases de validation des sous-compétences transformerait les équipes enseignantes en « poinçonneurs des Lilas » », écrivait Grosperrin. « Ce document a été même qualifié dans cet établissement « d’attestation Mc Gyver », ce qui en dit long sur son image dans la communauté enseignante ». Quant au HCE, il parlait des « distorsions » du LPC, perçu comme un pensum bureaucratique.

Le rapport de l’Inspection montre que le LPC est rempli de façon aléatoire.

Il évoque le « sentiment d’abandon » des équipes devant l’évaluation. « Les équipes ne reconnaissent pas dans ce livret un outil de suivi de l’élève au cours de sa scolarité au collège. Même lorsqu’il est complété régulièrement et avant le niveau de troisième, sa présentation (l’existence d’un menu déroulant en particulier) limite la vision d’ensemble du profil de l’élève. Le LPC n’est pas encore un outil de communication habituel, automatique ». Les enseignants les plus engagés, selon l’Inspection, regrettent des outils précédents, ce qui tend à donner à croire que la qualité de l’outil explique le désamour. Or le rapport montre aussi que la validation est faite dans des conditions très variées mais jamais satisfaisante. Et que comme outil de communication, il est « un frein » entre école et collège et reste ignoré entre collège et parents ou collège et lycées. Quant à son articulation avec le brevet elle est totalement à revoir puisque le LPC n’est plus qu’un élément secondaire pour le jury. Ce qui l’emporte c’est la classique note des traditionnelles épreuves.

Alors pourquoi s’obstiner à sauver le LPC ?

C’est que le LPC matérialise le socle. Là par contre l’Inspection se lâche pour crucifier la façon dont l’éducation nationale a introduit le socle. « Sa mise en oeuvre aurait dû se concrétiser en principe par des changements dans ce qui est enseigné, le socle commun étant d’abord un référentiel d’enseignement, avec des contenus définis par la nation comme indispensables à chacun... Elle aurait dû secondairement consister en une nouvelle approche pédagogique et interroger le « comment enseigner ? », puisque le socle ne vise pas seulement l’acquisition de savoirs par les élèves, mais aussi la maîtrise des compétences à mobiliser ces savoirs dans diverses situations ». Or rien de tout cela n’a eu lieu, bien au contraire pour les programmes puisque « dans la majorité des disciplines, le socle ne représente qu’une partie des programmes ». Et le LPC est « apparu comme un révélateur des difficultés pour les acteurs des collèges à articuler maîtrise du socle et programmes disciplinaires d’une part, évaluation par compétences et notes chiffrées d’autre part ». Il n’y a pas eu de rénovation pédagogique.

Puisque l’Inspection tient au socle elle souhaite sauver le LPC et propose des améliorations.

Il faut « simplifier le LPC en retrouvant ses unités signifiantes (appelées domaines), qui sont comprises par tous les acteurs, élèves et parents compris ». C’est sans doute ce que va faire V Peillon qui a annoncé, dans l’entretien qu’il a accordé au Café pédagogique début septembre, un LPC simplifié. Il faut pour les inspecteurs réécrire le socle et les programmes. Le premier point exige une loi. Le second a également été annoncé par V Peillon dans cet entretien. L’inspection souhaite « faire du LPC ainsi réécrit un véritable outil de communication entre les différents niveaux d’enseignement » et parallèlement créer un outil de communication avec les familles. Enfin elle veut « résoudre l’actuelle contradiction entre validation du socle et certification du DNB en instaurant au sein de l’examen la logique du socle commun et en en faisant un instrument, en complément du LPC, permettant une validation de la scolarité obligatoire qui serait avantageusement confiée, avec toutes les régulations nécessaires, aux seuls professeurs de l’établissement qui connaît l’élève ».

A quoi sert le LPC ?

Encore une fois c’est l’angle administratif qui est privilégié dans ce rapport. Il donne à entendre qu’un meilleur outil informatique de saisie réglerait la question de l’évaluation surtout si les chefs d’établissement exercent les pressions nécessaires. Cela alors même que la perspective d’un grand fichier national des compétences de tous les élèves de France est inquiétante. Il préconise de dédoubler le LPC avec un outil de communication, ce qui alourdirait encore le travail des enseignants sans le légitimer davantage. Car c’est bien par là qu’il faut commencer. En quoi le LPC peut il aider à réduire l’échec scolaire ? Dans quelle mesure peut-il aider le travail enseignant ? Quelles formations organiser pour les enseignants ? Dans quelle mesure les équipes éducatives en charge de la validation du LPC seront réellement reconnues dans un établissement organisé pour les reconnaître ? Sans prise en charge de ces dimensions, l’allègement du LPC aura peu d’effet sur les pratiques.


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