SNFOLC Grenoble

Lettre FO aux agrégés - Académie de Grenoble

janvier 2012

samedi 7 janvier 2012

L'équipe SNFOLC de l'académie de Grenoble : (de gauche à droite) Béatrice Vincent, secrétaire départementale Isère, Jacques Paris, secrétaire général du Snfolc, Nicole Kuntz, professeure agrégée (Drôme) René Hamel, secrétaire académique (Savoie, Hte Savoie) Catherine Sylvestre, professeure agrégée (Isère)

L’équipe du SNFOLC de l’académie de Grenoble (survolez l’image avec la souris)

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Le gouvernement prépare un nouveau statut de l’enseignant

Le gouvernement veut modifier notre statut, voici quelques unes de ses propositions et de ses suggestions. Elles portent sur le recrutement, le chef d’établissement et nos statuts.

« Le renforcement de l’autonomie des chefs d’établissement doit signifier la possibilité pour celui-ci de recruter librement son équipe enseignante et d’administration »

Certains politiques comme Copé poussent l’exigence d’un management qui permette par exemple de se débarrasser d’un chef d’établissement qui n’est pas « un vrai chef ».

Quant à Xavier Bertrand, il s’était déjà prononcé sur les propositions du rapport du député Reiss et avait demandé une évolution du statut du chef d’établissement « afin qu’il puisse participer au recrutement des équipes et qu’il ait une réelle manœuvre en matière de formation continue ». Gérard Longuet avait renchéri en affirmant « il faut qu’un patron (le chef d’établissement) puisse rentrer dans les classes et puisse faire une exfiltration des enseignants qui sont en rupture avec son projet pédagogique » !

Le SN-FO-LC et ses élus condamnent non seulement ces propositions mais engagent déjà la bataille pour sauvegarder les décrets de 50, notre liberté pédagogique et notre statut de fonctionnaire d’état recruté par concours et dont les postes doivent être octroyés par le ministère après consultation des CAPA.

De plus Nadine Morano, ministre chargée de l’apprentissage, a précisé « il faut réfléchir à un nouveau statut qui permette d’intégrer dans leur mission non seulement les cours mais aussi le tutorat, l’orientation ou la concertation ». Alourdissement donc des heures de présence pour des missions qui, déjà testées, n’ont donné que peu de résultats probants.
Nous voulons pouvoir continuer à enseigner, transmettre le savoir pour faire réussir nos élèves !

FO défendra les décrets de 50 et demande qu’on puisse déjà appliquer l’existant de manière satisfaisante : arrêt des suppressions de postes, recrutement et formations d’enseignants, retour des personnels d’éducation dans les établissements - AED, infirmières, Assistante sociale, COP, médecins scolaires, ATOS, personnels de labo...

Agrégés, nous serons les premiers touchés par toutes ces mesures car l’intention du gouvernement est de nous faire disparaître (cf. encadré sur les nombre de postes aux concours), nous coûtons trop cher ! Qui voudra des agrégés à moins d’heures de cours, payés plus cher que leurs collègues alors que les budgets alloués aux établissements seront réduits ? C’est déjà le cas pour les universités passées à l’autonomie et où les vacataires se multiplient.

Ne touchez pas à l’ENS ! L’ENS doit rester une « Ecole Normale Supérieure » Maintien de ses statuts actuels !

L’ENS a pour mission de délivrer aux étudiants qui y sont admis ? une formation disciplinaire de haut niveau, sanctionnée par le concours de l’agrégation. Les agrégés ont vocation à transmettre ces connaissances disciplinaires dans l’Éducation Nationale (notamment classes préparatoires aux Grandes Écoles) et dans les universités. L’École Normale Supérieure, qui constitue la clé de voûte de la formation des enseignants fonctionnaires d’État, est directement issue de la révolution française et des grandes réformes laïques.

Or, l’article 3 du projet de décret met clairement en cause la spécificité de l’ENS, qui deviendrait un établissement généraliste de « formation des élèves et des étudiants se destinant aux différents métiers de l’enseignement et de la recherche dans l’espace européen de l’enseignement supérieur et de la recherche ».

C’est la logique de la masterisation, qui a supprimé la préparation aux concours de l’enseignement et la formation des enseignants fonctionnaires stagiaires dans les IUFM, pour créer les « masters d’enseignement » au sein des universités, et instaurer la formation sur le tas aux étudiants et jeunes professeurs stagiaires.

L’enseignement dans l’ENS « réformée » ne serait plus réservé aux seuls professeurs rattachés (disparition de l’article 24) et la mise en cause de l’engagement décennal des étudiants de l’ENS à l’égard de la Fonction Publique réduirait le lien avec l’Éducation Nationale. L’abandon de l’obligation qui est faite aux étudiants de passer des diplômes de second ou de troisième cycles de l’enseignement supérieur abaisserait le niveau d’exigence lié à cet établissement.

L’intégration des grands établissements et, en particulier, de l’École Normale Supérieure, dans un ensemble où ils seraient incités à « créer un ou plusieurs services communs inter établissements », dans l’objectif de réaliser des mutualisations de services et donc des économies de postes, ne peut qu’aboutir à diluer encore plus la spécificité de l’ENS.
L’agrégation, clé de voûte du recrutement de tous les enseignants du 2nd degré, tous spécialistes de leurs disciplines d’enseignement, est clairement menacée.

C’est ainsi que M. Carrez, dans son rapport sur le projet de budget de l’enseignement scolaire 2012 n’hésite pas, en s’appuyant sur la calamiteuse masterisation, à « s’interroger … sur la pertinence de conserver une différence si marquée entre le service dû par les uns et par les autres ». En opposant certifiés et agrégés, le rapporteur du budget ne cherche rien d’autre qu’à imposer 18 heures de cours hebdomadaires aux agrégés au lieu de 15 pour économiser des milliers de postes et remettre en cause la définition des obligations de service de tous.

Pour FO, cette réforme de l’ENS s’intègre totalement au dispositif de la RGPP. En définitive, il s’agit, en détruisant la formation de haut niveau des élèves de l’ENS, de faire payer aux enseignants, aux élèves, le remboursement d’une dette qui n’est pas la leur.

Le C.A. de l’ENS ne doit pas voter le projet ministériel !

Le ministère doit abandonner son projet !

Pour nous contacter : agreges.fo.grenoble@free.fr

  • ° Catherine SYLVESTRE au 04 76 72 00 96
  • ° Nicole KUNTZ au 06 70 51 86 13

Dans la prochaine Lettre aux Agrégés de l’académie de Grenoble, vous trouverez des informations concernant l’accès à la hors classe.

Si vous êtes intéressé (e) demander la au syndicat FO par mail.

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PDF - 1.3 Mo
AGREGES lettre_FO Grenoble janvier_2012

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