FO AFPA

Les questions de FO AFPA au président BAROU Communiqué Force Ouvrière du 4 décembre FO-AFPA

29 novembre 2012

jeudi 6 décembre 2012


Monsieur le Président, au lendemain d’une journée qui aura vu plus des deux tiers du personnel de
l’AFPA en grève et d’une manifestation qui aura compté prés de 3000 de ses salariés dans la rue à Paris
(soit plus de 25% de l’ensemble du personnel !), Force Ouvrière vous interpelle sur un certain nombre de
questions qui se posent aujourd’hui avec acuité quant aux buts réels poursuivis par vos actions depuis le
mois de juin :

  • - Comment un gouvernement qui, par les voix des ministres SAPIN et REPENTIN, affirme dans
    tous les médias depuis plusieurs mois vouloir « sauver » l’AFPA, peut-il, suite à l’action du 22
    novembre et lors de l’entrevue qui a suivi avec les O.S, renvoyer la décision du sauvetage
    financier au 22 décembre 2012 ?
  • - Comment cela se peut-il, alors même que vous déclarez aux mêmes médias, que si rien ne se
    passe d’ici la fin de l’année le dépôt de bilan sera pour janvier 2013 ?
  • - Comment cela peut-il se faire « sérieusement » alors que la consultation par le CCE sur votre
    plan de refondation est prévue avant ? Demanderiez-vous un blanc-seing aux O.S. alors
    qu’aucun plan de financement n’est connu à ce jour ?
  • - Se pourrait-il que, de sursis en sursis, on « accorde » à l’AFPA de survivre jusqu’à ce que, en fin
    du premier semestre 2013, l’Acte III de la décentralisation soit traduit dans la loi ? Doit-on
    craindre que comme en 2004, on nous mette encore une fois devant le fait accompli ?
  • - Comment ne pas penser qu’il sera alors plus aisé, plus « propre », moins couteux de licencier le
    personnel surnuméraire de l’AFPA dans 22 entités régionales plutôt que de procéder à un
    plan social
    dans une association qui depuis 60 ans est l’outil du Service Public de l’Etat en
    matière de formation professionnelle des adultes ?
  • - Comment ne pas se demander, au-delà de la recapitalisation, quels sont les engagements pris
    pour que nous retrouvions ce niveau d’activités
    qui, seul, permettra à l’AFPA de continuer à
    exister ?
  • - Qui peut penser que, sans activité supplémentaire, le « trou financier » ne continuera pas de se
    creuser ? Qui peut affirmer que face à la fuite du pool bancaire il pourra être comblé par des
    artifices politiciens ou des recapitalisations ?
  • - Comment, au vu de la réalité des commandes des Conseils régionaux, ne pas être convaincu que le
    seul acteur capable de flécher vers l’AFPA cette activité indispensable reste l’Etat ?
  • - Comment ne pas rapprocher la recapitalisation de l’AFPA sous forme de Titres ou Obligations
    associatifs, de celle du Plan Stratégique
    qui prétendait le faire par la dévolution du Patrimoine ?
  • - Comment ne pas constater que, à part le recrutement et la nomination prochaine de « Directeurs de
    centre », rien, dans les organisations, n’a changé depuis ce plan stratégique pourtant jugé
    calamiteux par tous (y compris par ceux qui l’ont défendu, voire promotionné) ?
  • - Faut-il croire que les mêmes causes (organisation en tuyaux d’orgue, financements défaillants,
    management souvent soumis au recrutement de type chaises musicales, activité en baisse
    continue) ne produisent pas les mêmes effets ?
  • - Comment ne pas penser que notre nouveau Directeur Général Délégué, n’a été recruté que sur
    des compétences de type « cost killer »  ?
  • - Comment ne pas voir dans ce plan de refondation, une version idéologiquement différente du
    Plan stratégique
    qui mènerait à la même issue  : la régionalisation-privatisation de l’AFPA ?

Pour finir, et au-delà du sort de l’AFPA qui, tient tous les salariés dans une expectative préjudiciable au
fonctionnement correct de l’AFPA, une question demeure :

  • - en ce qui concerne la formation des demandeurs d’emploi et la reconversion des salariés en
    difficulté, la Formation Professionnelle des Adultes est-elle un « Marché » ?

Clairement Force Ouvrière répond NON et réaffirme que les financements existent, que l’Europe ne
s’oppose pas au financement sous mode de subvention.

C’est une question de volonté politique et ce que la loi a fait, la loi peut le défaire  : cela concerne tout
particulièrement les articles concernant l’AFPA dans la loi de 2004 !

À l’heure où le gouvernement « avoue » un nombre de 3,5 millions chômeurs, à l’heure où il annonce
comme prioritaire le redressement industriel, à l’heure où il affirme que la qualification des travailleurs est
un des enjeux de la réussite de celui-ci, va-t-il se priver du principal outil capable de participer à ces
buts ?

Pour Force Ouvrière c’est impossible sauf à accepter que l’AFPA soit sacrifiée sur l’autel de la
compétitivité et de la dictature de la dette.

Force Ouvrière rappelle plus que jamais ses revendications, portées par la journée du 22 novembre :
-* - Maintien d’une AFPA nationale, financée par un budget issu de l’Etat,

  • - Abrogation des articles de la loi d’août 2004 concernant l’AFPA,
  • - Non au plan social qui se dessine derrière le plan de refondation,
  • - Non à la réduction des effectifs dans tous les services (formateurs, administratifs,
    restauration, hébergement),
  • - Non au gel des salaires, augmentation générale pour tous,
  • - Maintien et développement du dispositif de formation existant : aucun centre de formation,
    aucun site ne doit fermer,
  • - Maintien et développement de l’ingénierie de formation,
  • - Retour d’un vrai service d’orientation et d’accompagnement,
  • - Maintien en interne et développement des services de restauration et d’hébergement.

Force Ouvrière appelle tous les salariés de l’AFPA à se réunir en assemblées générales, à discuter de
la situation et à prendre toutes décisions d’action pouvant faire barrage au démantèlement de
l’Association.

Montreuil, le 29 novembre 2012.

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AFPA-Communique_FO 29_11_12

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