Communiqué du SNFOLC

Le SNFOLC s’adresse en urgence au ministre sur la réforme STI2D : insupportable !

6 septembre 2012

vendredi 7 septembre 2012

Le ministre V. Peillon dans la lettre aux personnels du 26 juin 2012 confirme la poursuite de la réforme STI2D « dans le cadre de la réforme du lycée », réforme pourtant rejetée par les personnels et maintient la circulaire de rentrée de Chatel qui met en application réforme du lycée.

La réforme STI2D, c’est le pire de la réforme du lycée, tant par la dégradation des conditions de travail des personnels (reconversions forcées, suppressions de poste… ), que de l’avenir des sections alors que le ministre affirme vouloir changer « après des années où l’école et le savoir ont été malmenés, maltraités ».


Communiqué et lettre à Vincent Peillon

Le Bilan à la rentrée 2012 :

Le constat est accablant, cette réforme STI2D est une impasse pour les personnels, l’avenir des sections. De nombreux collègues changent de discipline, sont contraints d’enseigner avec une formation inexistante, apprennent la veille de la rentrée leur affectation en technologie.

Dans les établissements, selon les régions et les académies, les salles sont encore en attente d’installation et de matériel.
Dans d’autres, les personnels suivent la formation, installent les salles, font leur possible pour être en capacité d’enseigner et de maintenir les sections et se retrouvent affectés en technologie.

La lettre du ministre fait état « d’un accompagnement significatif », mais la formation s’ajoute de fait au service, à la mise en place des salles, des matériels avec une incertitude sur leur changement de discipline.

Changement de discipline

Le ministère persiste dans la poursuite de la mise en place de la réforme avec la circulaire aux recteurs du ministère (DGRH) du 27 juin 2012 qui précise les modalités de changement de discipline.

De 42 disciplines, il ne restera que 4 options.

  • - Architecture et construction
  • - Energie
  • - Information et numérique
  • - Ingénierie mécanique

Pas de table de correspondance, la migration se faisant « au regard des compétences et des appétences de chacun ». Le changement de discipline géré par les recteurs sera validé par les corps d’inspection pour le 15 octobre 2012.

Il n’est plus question de grille de correspondance, les collègues devraient donc subir un changement de discipline imposé sans garantie sur la discipline d’arrivée avec pour conséquence des cartes scolaires, un service complet imposé en technologie !

Pour l’année 2013, en application de la circulaire, les mutations se dérouleront dans le cadre des nouvelles nomenclatures. Les affectations en BTS seront gérées sur la base des anciennes nomenclatures et pour les supports avec le maintien de la coloration actuelle ce qui pose problème pour les collègues en service partagé.

FO appelle les personnels à se réunir, à poursuivre les interventions. FO demande audience au ministère pour que la réforme soit suspendue, les changements disciplinaires arrêtés. Il est urgent d’ouvrir de réelles négociations qui préservent l’avenir des sections STI, le statut, la qualification disciplinaire, l’enseignement et les postes.

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Lettre à Vincent Peillon

Montreuil, le 5 septembre 2012.

Monsieur Vincent Peillon
Ministre de l’Education Nationale
110 rue de Grenelle
75007-Paris

Objet : réforme STI et circulaire d’application du 27.07.2012.

Monsieur le ministre,

Nous nous permettons de vous alerter afin que des mesures soient prises au plus vite
sur la réforme STI et ses conséquences immédiates imposées aux personnels.

En effet, vous avez souligné lors de vos différentes interventions publiques et dans la presse,
le dévouement des personnels et indiqué que « le regard sur le métier va changer ».
De la même façon, vous avez insisté sur « l’école et le savoir [qui] ont été malmenés,
maltraités ».

Les professeurs de STI sont en attente de vos décisions car ils sont dans une impasse face à la
réforme STI2D du gouvernement précédent qui les a frappés de plein fouet et dont ils ont
majoritairement demandé le retrait.

Lors des multiples audiences que nous avons menées, notre organisation syndicale a porté,
avec les personnels concernés, son refus de mise en place d’une réforme découlant de la
RGPP. Le précédent ministère avait bien expliqué qu’il manquait 700 professeurs de
technologie et …que les enseignants de STI, « trop nombreux dans des filières où le nombre
d’inscrits baissait » constituait une « ressource. »

Cette contre-réforme a généré une souffrance que rapportent les Inspecteurs Généraux dans
leur état des lieux sur l’avancement de la réforme du lycée, en notant dans un paragraphe
particulier portant sur le désarroi des professeurs de STI : « dans les LGTI, les rencontres ont
révélé des enseignants inquiets vivant mal cette première année de la réforme de la série
STI2D. Ces attitudes ne peuvent pas être simplement mises sur le compte d’une résistance au
changement, après une vingtaine d’années sans renouvellement des programmes et plusieurs
projets de réforme avortés. Elles témoignent de vraies difficultés et d’un vrai mal être qu’il ne
faut pas sous estimer par rapport à une réforme profonde des enseignements technologiques
qui s’opère dans un calendrier particulièrement contraint. »

En cette rentrée 2012, nombre de collègues ont dû changer de discipline, sans garantie de
réussite, mais comme conséquence de la réforme.
D’autres sont contraints d’enseigner avec une formation inexistante ou apprennent la veille
de la rentrée leur affectation en technologie.
Dans les établissements, selon les régions et les académies, les salles sont encore en attente
d’installation et de matériel.

Dans d’autres, les personnels suivent la formation, installent les salles, font leur possible pour
être en capacité d’enseigner et de maintenir les sections et se retrouvent malgré tout affectés
en technologie. La formation s’ajoute au service.

Vous le savez et vous l’avez dit notre « métier mérite le plus de respect des plus
hautes autorités de l’Etat ».

Ce respect retrouvé passe, pour les professeurs de STI, par la remise à plat de la
réforme et le retrait de la circulaire DGRH en date du 27 juin 2012 qui obligerait chaque
enseignant de STI à changer de discipline. Ce ne sont pas moins de 42 spécialités qui sont
touchés et près de 8000 professeurs.

C’est le plus grand plan de changement disciplinaire qu’ait connu l’éducation nationale.
Les conséquences en sont dramatiques : changement de valence en cours de carrière,
affectation imposée en technologie, risques de carte scolaire en fonction du choix fait,
pression des autorités académiques pour un choix dès la semaine prochaine, comme à
Bordeaux, blocage des affectations en BTS.

Personne ne comprendrait Monsieur le ministre, que vous ne retiriez pas la circulaire
sur les changements de discipline en date du 27 juin et personne ne comprendrait non plus que
cette réforme rejetée ne fasse pas l’objet d’une mise à plat et de l’ouverture de négociations
sur la base des revendications des personnels.

Nous vous remercions de rétablir le cadre normal de négociations afin que les
professeurs de STI puissent être enfin reconnus à la hauteur de leurs attentes.

Veuillez recevoir, monsieur le ministre, l’expression de ma plus haute considération.

Jacques Paris.
Secrétaire Général.
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tract_sti_septembre 2012-V2
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lettre_à Vincent_Peillon STI.

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