SNFOLC

Langues vivantes : le SNFOLC écrit de nouveau à Vincent Peillon (27-11-2012)

27 novembre 2012

jeudi 29 novembre 2012

Objet : nouvelles épreuves de langues vivantes au baccalauréat.


Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, les personnels sont extrêmement mécontents quant à l’introduction des épreuves d’expression et de compréhension orales en langues vivantes au baccalauréat. Vous avez d’ailleurs reçu une lettre commune du SNFOLC, SNES, CGT, SNALC, SUD, sur ce sujet.

Pour notre part, nous avons rencontré les services de la DGESCO, le 12 novembre.
Les inquiétudes n’ont pu être dissipées. L’exaspération des enseignants est bien réelle.

En effet, les enseignants se trouvent face à une « mission impossible » quant à la préparation de quatre épreuves sur les deux heures de temps d’enseignement.

La banque nationale de sujets oraux ne sera pas mise en place, ce serait aux enseignants de constituer, chacun dans sa classe, au fur et à mesure des années scolaires, leur propre banque.
Or les professeurs sont déjà surchargés de travail.

La diminution des horaires en langues conduit à avoir des dizaines d’élèves, dans la plupart des cas, plus de 100 élèves par enseignant.
Les regroupements de classes faute de professeurs, la réforme Chatel du lycée maintenue qui mixe LV1 et LV2 conduisent à préparer des épreuves différentes pour les élèves d’un même regroupement.
A ces conditions de travail dégradées, s’ajoute la difficulté de trouver au moins deux sujets répondant aux contraintes imposées et les capacités techniques demandées dans l’utilisation d’un logiciel de montage audio ou vidéo. En outre, l’heure de première chaire a été retirée à la majorité de nos collègues en raison des regroupements liés à la réforme du lycée.

Je me permets d’attirer votre attention sur une modification déterminante pour nos collègues en lycée d’enseignement général : les professeurs vont convoquer les élèves, faire passer des épreuves qu’ils ont conçues, corriger leurs propres élèves. Ils ne sont plus des examinateurs strictement mais des concepteurs-évaluateurs.
Pour tous les professeurs, quelle que soit la discipline, c’est un changement de taille dans la conception même du baccalauréat qui perdrait ainsi son caractère anonyme, national et ponctuel.
Cette inquiétude est renforcée par la nature même de la grille de notation jointe au BO : les LV2, par exemple, ne peuvent avoir que les notes 0/4/8/12/20. En LV1, c’est 0/2/6/10/16/20. Le désarroi ne fait que croître puisque les réunions organisées par les inspecteurs n’ont pas clarifié la situation, ni en ce qui concerne l’organisation des épreuves, ni en ce qui concerne de la notation. Les consignes sont différentes d’une langue à l’autre, d’une académie à l’autre, d’un « bassin » à l’autre.

De fait, chaque collègue est livré seul, établissement par établissement, classe par classe à l’organisation des épreuves. Dans le cadre présent elles relèveraient des seuls moyens ou disponibilités locales sous la seule responsabilité des chefs d’établissement (échange d’élèves, de professeurs, rémunération des heures).

Pour FO, le signe apprécié par les professeurs serait que vous renonciez, - il en est encore temps-, à ces épreuves orales dont le caractère relève plus de l’expérimentation dans la précipitation que d’une écoute des personnel. Attachés à leur discipline, ces derniers veulent qu’un oral soit mis en place mais ni au détriment de la valeur de l’épreuve, de celle du baccalauréat, ni au détriment de leurs conditions de travail.
Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Jacques Paris, Secrétaire Général SNFOLC.

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lettre_au_ministre LV nov2012

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