La ministre a-t-elle décidé de se débarrasser des chaires supérieures et des CPGE ?

samedi 21 janvier 2017

Au moment où les enseignants se mobilisent pour défendre leur statut contre le projet d’évaluation, les professeurs de CPGE ont-ils raison de s’inquiéter sur les menaces qui pèsent sur leur avenir ?


La ministre a-t-elle décidé de se débarasser des chaires supérieures et des CPGE ?

Au moment où les enseignants se mobilisent pour défendre leur statut contre le projet d’évaluation, les professeurs de CPGE ont-ils raison de s’inquiéter sur les menaces qui pèsent sur leur avenir ?

Dégel du point d’indice : le compte n’y est pas

Le dégel du point d’indice avec une augmentation de 0,6 % au 1er juillet 2016 et de 0,6 % au 1er février 2017 est loin de rattraper la perte de pouvoir d’achat subie par les chaires supérieures depuis 15 ans. A cela s’ajoute l’augmentation de la retenue pour pension civile (1er janvier 2011 : 7,85 % du traitement, 1er janvier 2015 : 9,14%, 1er janvier 2016 : 9,94 %, 1er janvier 2017 : 10,29 %, 1er janvier 2020 : 11,10%).
Un véritable rattrapage, exigé par FO, nécessite une augmentation de 8 % de la valeur du point et l’attribution immédiate de 50 points d’indice supplémentaires pour tous les fonctionnaires.

Refonte des carrières et du statut : menace directe contre les chaires supérieures

Lors du CTM du 11 janvier, le ministère, interrogé par Force Ouvrière, n’a pas été en mesure de répondre à la revendication des professeurs de chaires supérieures d’accéder à la hors échelle B (indice majoré 1062 au troisième chevron). Pourquoi le ministère reste-t-il muet sur leurs revendications ? Sur leur perspective de carrière et d’évolution de leur traitement ? De fait, c’est le corps des chaires supérieures qui est menacé d’extinction. Si cette position n’était pas revue, cela ne manquerait pas de tarir le corps des chaires supérieures, qui était jusqu’alors le débouché naturel des agrégés. Pour accéder au troisième chevron hors échelle B, ces derniers se verraient imposer l’obligation d’exercer d’autres fonctions que de l’enseignement. L’excellence disciplinaire ne serait plus reconnue. Au-delà des chaires supérieures, ce sont les CPGE qui sont menacées.

Inquiétude légitime des personnels quant à la remise en cause des Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles

Les attaques se suivent et se ressemblent contre les CPGE. La loi Fioraso n° 2013-660 du 22 juillet 2013 dont l’article 33 oblige les lycées dotés de CPGE de signer une convention avec « un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel » (université) prévoyant « les modalités de mise en œuvre d’enseignements communs aux formations dispensées. » L’objectif visé reste celui que Vincent Peillon avait annoncé au micro de France Inter le 12 janvier 2010 : « moi je suis, je le dis depuis dix ans, pour la suppression des Grandes Ecoles, ça veut dire internaliser à l’Université l’excellence ».

Défendre les statuts et les traitements, c’est aussi défendre les professeurs de chaire supérieure

Attachée au statut général de la fonction publique, attachée aux différents corps et à la diversité de l’enseignement supérieur, Force Ouvrière défend les CPGE et les professeurs qui y exercent. Elle les invite à se réunir avec leurs organisations syndicales. Le gouvernement doit reculer, comme il avait été tenu de le faire lors du mouvement de décembre 2013.
La FNEC FP-FO, la CGT Educ’action, et SUD éducation appellent les personnels à participer aux rassemblements (ministère, rectorats, IA) organisés le 1er février afin d’y déposer l’ensemble des motions, pétitions, prises de position demandant l’abandon du projet ministériel de l’évaluation.

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