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LPC : où en est-on ? Tract du SNFOLC du 7 février 2013

7 février 2013

jeudi 7 février 2013


L’Inspection Générale de l’Education Nationale a publié au mois d’août un rapport détaillé de 88 pages sur la mise en place et l’utilisation des livrets personnels de compétences (rapport n°2012-094). Ce n’est pas exagérer que d’écrire qu’il est accablant. C’est l’institution elle-même qui confirme ce que les collègues et FO dénoncent depuis 3 ans : l’inutilité et la surcharge de travail du LPC. Fort de ce constat, Vincent Peillon a reconnu, le 7 septembre, que le LPC est « un casse-tête stérile pour les professeurs », d’une « inutile complexité ».

Pour autant, le ministre n’entend pas y renoncer car il ne peut se démunir de l’outil qui matérialise le socle commun. Or le rejet du LPC c’est aussi le rejet du socle commun qui est à la fois un moyen de réduire l’enseignement à un socle minimum de connaissances et de compétences pour les élèves, et de mettre en cause les statuts, les programmes et les examens nationaux en insistant sur la nécessité de trouver des solutions locales. C’est la fin du droit égal à l’instruction sur tout le territoire. C’est la généralisation de l‘expérimentation voulue par l’article 40 de la loi Peillon qui fait sortir du cadre réglementaire et institue l’école du socle.

A travers le rejet du LPC, c’est l’affaiblissement des connaissances au profit des compétences, des savoir-faire et des savoir-être qui sont remis en cause par les enseignants. Or le ministre entend imposer le socle commun comme seule référence pour l’examen et les programmes en accentuant l’aspect local de l’examen.

Le B.O n° 35 du 27 septembre 2012 rappelle donc que la validation des compétences est obligatoire mais que les 7 compétences du socle peuvent être validées en bloc, « sans que soit exigé le renseignement des domaines et des items ». « Lorsqu’il s’avère que l’acquisition d’une compétence est discutée, les équipes pédagogiques ne renseignent que les domaines et non plus les items » « Une simple attestation de validation des compétences, en une page au lieu des 25 pages du livret actuel, sera adressée aux familles. »

Autrement dit, la seule page qui valide le socle est la première, celle qui est réservée au chef d’établissement.

  • •le LPC n’améliore pas les résultats des élèves au DNB
  • •le LPC ne facilite pas la prise en compte des difficultés
  • des élèves
  • •le LPC est “simplifié » en attendant la loi d’orientation

ALORS POURQUOI PASSER DU TEMPS A LE REMPLIR ?

Le LPC ne permet ni aux élèves, ni aux enseignants de mieux travailler avec les classes surchargées que nous avons cette année.

Pour les enseignants, il y a d’autres urgences qu’élaborer et utiliser un nouveau LPC :

  • - moins d’élèves par classe,
  • - le maintien des horaires, des programmes
  • et des diplômes nationaux,
  • - le respect de leur liberté pédagogique
  • - l’abandon du projet de loi Peillon

Pourquoi le ministre tient-il tant à maintenir le LPC ?

La réponse est dans le rapport. Derrière le LPC, il y a le socle commun. Derrière le socle commun, la mise en cause des horaires nationaux, des disciplines, du temps de travail, des statuts nationaux.
Voici un extrait du rapport qui parle de lui-même :

« Le temps scolaire doit s’adapter aux rythmes divers d’acquisition des compétences
Il paraît devenu indispensable de penser, dans les établissements, de nouvelles organisations du temps scolaire (disciplinaire et autres), pour tenir compte des rythmes différents d’acquisition des compétences. Objectif central de la scolarité obligatoire, le socle commun doit être acquis par tous dans une personnalisation des parcours scolaires. Cette personnalisation fondée sur une approche pédagogique implique, sur la base d’un diagnostic, une refonte du concept même de parcours et de l’unité classique de lieu et de temps héritée des collèges Jésuites (une heure, une salle, une discipline, un groupe-classe avec son professeur). Elle ne peut être pensée en termes de dispositifs et a donc ses retombées en termes d’organisation : la réorganisation qui découlera de cette approche devra traverser et transcender les dispositifs, quels qu’ils soient, et s’appuyer de plus en plus sur une nouvelle représentation de la notion de cursus, de groupe, de niveau d’enseignement, de calendrier et d’emploi du temps. » ( p. 39)

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