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LES DÉPUTÉS VOTENT LA LOI DE TERRITORIALISATION DE L’ÉCOLE - Article paru dans FO Hebdo du 27 mars

27 mars 2013

jeudi 28 mars 2013

Article paru dans FO Hebdo 3068
Pour son abandon, les fédérations FO, CGT, SUD et CNT appellent à une grève nationale le 28 mars.


Le 19 mars, les députés ont adopté, en première lecture, le texte du ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, par 320 voix contre 227, puis il a été transmis au Sénat. À l’Assemblée, la discussion sur le projet de loi d’orientation et de programmation pour « la refondation de l’école de la République » aura duré quarante heures.

Avant le scrutin, Frédéric Reiss a expliqué pourquoi l’UMP allait voter contre, parlant d’un texte « bavard » et qui « ressemble plus à un lifting idéologique qu’à une véritable refondation de l’école ». Difficile pour lui de s’en prendre au fond tant l’actuel ministre poursuit la politique de ses prédécesseurs. « Vous avez fait la réforme du lycée, a dit M. Peillon en s’adressant aux députés de l’opposition. Vous n’avez fait aucune économie sur le lycée. Ce sera aussi à nous de tracer la voie sur ce chemin. »

À gauche, difficile de s’appesantir sur un texte dont la première mesure d’application, déjà prise, révolte les professeurs des écoles et divise les maires. Il s’agit du décret publié le 24 janvier sur les rythmes scolaires, qui confond scolaire et périscolaire et place le premier degré sous la tutelle des mairies ce qui, pour elles, a un coût parfois exorbitant.

LE SOCLE DES COMPÉTENCES ENFLE

Cette réforme était initialement prévue pour la rentrée prochaine, mais le gouvernement a dû lâcher du lest, offrant aux communes la possibilité de repousser la réforme à 2014. Depuis, la liste des villes qui reportent ne cesse de s’allonger. Le ministre espérait que 50% des villes passent à la semaine de quatre jours et demi dès 2013, mais il a dû descendre à 20%. Après Lyon, Montpellier, Grenoble, Bordeaux et Montreuil, Mulhouse, Villeurbanne, Metz et Saint-Denis ont suivi, avant tout dernièrement Lille, Martine Aubry faisant connaître sa décision –2014– la veille du vote de la loi Peillon.

La réforme des rythmes, qu’une annexe au texte prévoit d’étendre aux lycées et collèges, est le premier acte de la loi dite de « refondation », que la Fédération FO de l’Enseignement (FNEC FP) a rebaptisée « territorialisation de l’école publique ». Ce qui a été confirmé à la tribune de l’Assemblée par le ministre qui veut, a-t-il dit, permettre « aux collectivités territoriales d’être impliquées dans les contrats d’objectifs entre les établissements et les rectorats ». La FNEC FP FO et trois autres fédérations enseignantes –CGT, SUD, CNT– ont décidé d’appeler tous les personnels à une grève nationale, le 28 mars, pour l’abrogation du décret et l’abandon du projet de loi de refondation.

François Fillon a inventé, en 2005, « l’école du socle », en vertu duquel les disciplines disparaissent derrière les « champs disciplinaires ». Aujourd’hui, le collège serait à son tour adossé au « socle commun de connaissances, de compétences et de culture ». Dans quel but ? Pour que « tous les élèves reçoivent une formation secondaire accordée à la société de leur temps ». Même par temps de crise ?


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