L’école du socle : Questions-réponses

vendredi 9 décembre 2011

De nombreux collègues découvrent que leur établissement est inscrit dans l’école du socle.

Quelles conséquences ? Quels dangers ?


Qu’est-ce que c’est ?

L’école du socle et ECLAIR sont deux dispositifs basés sur l’utilisation de l’article 34 de la loi Fillon de 2005 qui permet de déroger aux horaires, aux programmes, aux obligations statutaires.
ECLAIR est défini par la circulaire du 20 juillet 2010 comme un dispositif voué à s’étendre, une expérimentation dont les personnels ne pourraient sortir.
L’école du socle c’est la version de ECLAIR pour les établissements qui ne sont pas dans l’éducation prioritaire. Il s’agit au départ, sous forme d’expérimentation, de la prise en charge des élèves qui n’ont pas validé le palier 2 du socle commun à l’école et de dispositifs d’aide à mettre en place du CM2 à la 5e.

Est-ce la même chose que la liaison CM2-6eme, comme le répètent à l’envi IEN, IPR et principaux ?

Ils nous affirment que pour le bien des élèves, il faut innover, que nous aurons des moyens.
Ce dispositif peut comporter de « l’harmonisation », de la formation, mais heures-postes et HSA en plus ne sont prévues nulle part. Il prévoit les échanges de services entre premier degré et second degré, l’expérimentation sur la base de l’article 34 de la loi Fillon, en fusionnant les disciplines par exemple : SVT-physique-technologie dans le cas de l’EIST (enseignement intégré de la science et de la technologie).

Quel danger ?

L’école du socle prend prétexte de la non validation du niveau 2 du socle commun par les élèves de CM2 entrant en 6e pour faire passer les livrets de compétences comme l’alpha et l’oméga de la pédagogie, alors que la dernière session du DNB a démontré la vacuité de cet outil puisque quasiment tous les élèves ont été validés d’une façon ou d’une autre.
Au nom de l’autonomie des établissements, l’objectif du ministre est de faire éclater le cadre national des horaires disciplinaires et des programmes.
Au final, cela se traduirait par des échanges de services d’enseignement entre le collège et l’école : « mutualisation les moyens entre écoles et collège », participation des professeurs des écoles à l’accompagnement éducatif des 6e et 5e.
Ce n’est évidemment pas pour réduire le service des professeurs des écoles à 18h, ni en faire des enseignants monovalents. Cela suppose aussi des réunions de concertation entre enseignants du 1er et du 2nd degré, qui s’ajouteront à celles qui ne cessent de s’accumuler en collège.

L’école du socle apporte-t-elle des moyens supplémentaires ou permet-elle de les garder ?

C’est l’argument ressassé par les chefs d’établissements mais c’est l’inverse qui est recherché puisque c’est l’innovation et l’expérimentation qui sont utilisés pour éviter par exemple de disposer de groupes réduits. Ainsi, aligner toutes les classes de 6e d’une même discipline sur une même plage horaire, comme cela a pu être proposé, n’est nullement garant de la possibilité d’enseigner en effectifs réduits… mais risque tout simplement d’aboutir à une « interchangeabilité » des élèves qui pourront, par exemple, passer d’un professeur à un autre pour valider telle ou telle compétence du LPC.

Que recherche le ministère ?

Après avoir supprimé les heures, les postes, les groupes, le ministère et les rectorats ont recours à l’expérimentation comme outil de déréglementation. Pour M. Chatel, c’est le moyen de faire disparaître les corps, de permettre leur interchangeabilité, de dissoudre les statuts dans l’expérimentation, d’accumuler les tâches hors statut, et de permettre le travail gratuit des enseignants. L’enjeu est de taille, il lui permettrait de supprimer des milliers de postes et d’heures. On est bien loin de l’intérêt de l’élève.

Fiction ?

Pas du tout. Par exemple, le site du rectorat de Nice affiche la liste des établissements qui expérimentent l’école du socle et l’article 34. Cela donne une idée de l’enjeu : la pulvérisation de l’égal accès à l’instruction. Le député J. Grosperin a présenté en 2010 un projet de loi qui irait même jusqu’à instituer des « établissements du socle », sortes d’établissements virtuels regroupant en réseau les écoles et le collège d’un même secteur, avec un conseil d’administration, un conseil pédagogique et le financement des collectivités territoriales ! La fusion école-collège transférées aux collectivités en somme.

Suis-je obligé de m’y plier si l’on m’annonce que mon collège est labellisé « école du socle ?

Non. C’est une expérimentation et il n’y a pas d’obligation à expérimenter. Ces expérimentations ne peuvent reposer que sur le volontariat. Si les collègues ne le veulent pas, ils n’ont aucune obligation de s’y soumettre. Nos obligations de service sont contenues dans nos statuts, or le décret du 25 mai 1950 existe toujours et prévaut. Lorsque le syndicat est intervenu auprès des IA pour faire respecter la liberté pédagogique individuelle et les statuts, les IA ont reconnu que personne ne pouvait participer à l’école du socle contre sa volonté.

Le SNFOLC s’oppose à la déréglementation sous couvert d’expérimentation. Respect de statuts des personnels et des horaires nationaux. Les personnels peuvent compter sur l’aide et le soutien du syndicat FO.

Page 2 du PDF :

- EIST
- Textes officiels

PDF - 191 ko
FO-L’école_du_socle question_reponse

SNFOLC - 6, rue Gaston Lauriau 93513 Montreuil Cedex
Tél. : 01 56 93 22 44 - Fax : 01 56 93 22 42
Heures de permanences : 9h - 12h30 et 14h - 18h du lundi au vendredi
snfolc.national@fo-fnecfp.fr