Flux d’adhésions à FO de syndiqués et de syndicats du SNALC - 16-03-2012

16 mars 2012

vendredi 16 mars 2012

  • - Quelques réflexions de Jean-Christophe Vayssette, ancien président du SNALC-Versailles, commissaire paritaire agrégé
  • - Une page d’Ouest-syndicaliste, journal de l’Union départementale FO de Loire atlantique de mars 2012

Quelques réflexions sur l’état du SNALC

Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix
(Préambule de la constitution du 27 octobre 1946, alinéa 6)

En 1937, lorsque l’ancien président Edmond LACKENBACHER (1901-1940) a décidé de quitter le SNALC, son successeur, André-Marie GOSSART (1889-1961) déclara « j’espère bien que, comme ami et comme collègue, je le verrai quelquefois revenir ici si j’y suis encore. J’aurai toujours plaisir à causer avec lui et j’espère que d’autres collègues confédérés se souviendront au moins à titre d’amis, que les portes du S3 leur restent ouvertes » (Bulletin officiel du syndicat national des professeurs de lycée et du personnel de l’enseignement secondaire féminin, n°228, juin 1937, p.186). A aucun moment, LACKENBACHER n’a été accusé d’être un « roi fainéant » , un « looser » (sic, sans doute pour « loser ») ou un vandale. C’était le SNALC auquel on était attaché, capable de débattre sans injurier, de cultiver le sens des nuances avec une certaine élégance. Ce SNALC aujourd’hui a disparu.

I - Le bilan d’un échec

1. Le résultat aux élections professionnelles

Du 13 au 20 octobre 2011 se sont tenues les élections professionnelles qui devaient définir le nouveau paysage syndical.
Par rapport au scrutin de 2008, le SNALC subit une érosion pour les CAPN dans la plupart des corps. Il perd -0,06% des voix valablement exprimées chez les certifiés où il rétrograde de la troisième à la quatrième place, -0,63% chez les CPE, -0,70% chez les chaires supérieures, -0,76% chez les PEPS. Il n’a pas retrouvé le deuxième siège qu’il avait perdu trois ans auparavant à la CAPN des chaires supérieures.
Pour le Comité Technique Ministériel, il s’était allié le 24 mars 2011, au sein de la CSEN, à la FAEN et à la CFTC afin de constituer l’Union pour l’Ecole Républicaine. Cette dernière se place en septième position sans parvenir à obtenir un élu...

2. Les conséquences pour le SNALC

Cette absence au Comité Technique Ministériel est particulièrement alarmante. Elle fait que pour la première fois de son histoire, le SNALC n’est plus considéré comme une organisation représentative (article 3 du décret n°82-447 du 28 mai 1982 modifié par l’article 3 du décret n°2012-224 du 16 février 2012).

A ce titre, il ne peut notamment plus participer aux négociations avec le gouvernement. Dans les établissements, il n’est plus autorisé à organiser d’heure mensuelle d’information syndicale (article 5 du décret n°82-447 du 28 mai 1982).

A partir de la rentrée 2013, il verra les moyens qui lui sont alloués passer de 65 ETP à 23, c’est-à-dire que le SNALC aura trois fois moins de temps à consacrer à l’information, au conseil, au suivi de carrière des adhérents et sympathisants dans les établissements, les rectorats, au ministère.

Les observateurs en concluent, sans doute un peu prématurément, à la « disparition du SNALC et de ses alliés républicains » (Le Monde du 21 octobre 2011). Un candidat qui figurait sur la liste UER pour le CTM dénonçait, le 21 octobre 2011 sur internet, les syndiqués au SNALC comme des « membre[s] fantôme[s] d’un syndicat qui n’existe plus » (http://www.neoprofs.org/t39302p15-resultats-des-elections-pro). La Quinzaine Universitaire n’en continuera pas moins à lui ouvrir ses colonnes (QU n°1340, 12 novembre 2011 ; QU n°1343, 11 février 2012).

3. un échec non assumé

Niant la mise hors jeu du SNALC sur la scène syndicale - « le SNALC représentatif là où il faut quand il faut »- , la direction nationale s’est efforcée de présenter sa défaite comme une grande victoire « Merci, mille fois merci » (communiqué de presse du 21 octobre 2011). Tout au plus concède-t-elle qu’il s’agit d’« une victoire volée » (QU n°1340, 12 novembre 2011, éditorial) dont elle entend demander réparation devant les tribunaux.

Elle prétend que le ministère en modifiant l’intitulé de sa liste pour le CTM (CSEN-FGAF, FAEN, SCENRAC-CFTC au lieu d’Union pour l’Ecole Républicaine) lui aurait fait perdre 5 000 voix, sans préciser toutefois comment elle arrive à de tels chiffres. Elle s’indigne ainsi d’un procédé qu’elle a elle même appliqué à l’encontre de la section académique de Versailles qui souhaitait se présenter aux CAPA sous le sigle SNALC, SNCL CFTC et à laquelle elle a imposé de sa seule autorité celui de l’Union pour l’Ecole Républicaine, finalement changé par l’administration en CSEN-FGAF, FAEN, SCENRAC-CFTC, beaucoup moins connu des collègues. La section académique n’en a pas moins réussi à faire élire huit commissaires paritaires académiques SNALC (quatre titulaires et quatre suppléants), c’est-à-dire deux de plus que Rennes, l’académie du président national et quatre de plus que Grenoble, l’académie d’une vice-présidente.

Comme si le verdict des urnes lui rendait désormais très difficile l’action syndicale, la direction nationale semble avoir choisi pour exister l’action judiciaire. Cette voie qui est supposée entretenir l’espoir des adhérents et éviter une hémorragie de cotisations, offre en outre à ses yeux l’immense avantage de la dispenser de s’interroger sur sa part de responsabilité dans l’impasse actuelle.

II - Les causes de l’échec

1. Le pari sur la FGAF

Lorsque le SNALC a renoncé à s’allier avec Force Ouvrière pour les élections professionnelles, il a motivé officiellement sa décision par le refus de traiter avec des « organisations politisées » (communiqué de presse du 5 janvier 2011). En clair FO serait un syndicat trotskyste. On a du mal à imaginer que les ministères de la Défense ou de l’Intérieur où FO est largement majoritaire (26,64% et 42,25% des voix au dernier scrutin) soient devenus des bastions du trotskysme. Fidèle à la charte d’Amiens, FO reste indépendante à l’égard des partis politiques et, comme par le passé, ne donnera aucune consigne de vote pour scrutin présidentiel.

Par ailleurs, le SNALC est sans doute désormais mal placé pour donner des leçons en ce domaine. Au mépris de l’article 1 de ses statuts, il a apporté son soutien au projet pédagogique de M. MELENCHON (http://gauchedecombat.com/2012/01/16/le-snalc-choisit-le-programme-education-de-melenchon ) et ses responsables académiques n’hésitent plus à s’engager, ès qualité, aux côtés de ce même M. MELENCHON (http://www.frontdegauche66.fr/article-liste-des-235-premiers-signataires-99760821.html).

L’objectif réel était ailleurs. Il s’agissait de faire en sorte que toutes les voix portées sur le SNALC soient comptabilisées pour la FGAF afin de permettre à cette dernière d’obtenir un siège au Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’Etat. Cette stratégie a échoué. Avec 17 003 suffrages (1,47%), la FGAF n’entre pas dans cette instance où FO est devenue la première organisation avec 192 802 voix (16,61%) et quatre élus. La FGAF se trouve dans une situation très difficile. Les alliances qu’elle a acceptées de passer avec SUD à l’hôpital de Nice ou avec l’UNSA au Ministère de l’Ecologie ont brouillé son message (http://www.fgaf.org/upload/171011_010101_PEEL_EfyTK6.pdf). Elle semble par ailleurs aujourd’hui en voie d’éclatement, sa principale composante la FA-FPT ayant décidé de se désaffilier le 6 octobre 2011 (http://www.fafpt.org), ce qui « compromet gravement [son] avenir » (communiqué de presse de la FGAF du 9 janvier 2012). Le SNALC a été sacrifié en pure perte.

2. L’aveuglement

L’impasse dans laquelle se trouve le SNALC résulte des choix qui ont été pris à partir du congrès de Montbéliard en 2006. Sous prétexte de rajeunir son image et de moderniser son message, il a été amené à développer un discours fort subjectif qui construit un rapport au monde où il s’agit de séduire ou de détruire. On ne cherchera pas à montrer les insuffisances de l’action de Jack LANG ou de Nicolas SARKOZY en matière d’éducation. On s’en prendra à leur personne en les traitant de « vélociraptor botoxé » (Autopsie du mammouth, p.131) ou de « petit Nicolas » (ibidem, p. 185, 206). Ou le lecteur est subjugué par le bon mot et il approuve, ou il juge déplacé le propos et il est considéré comme un adversaire à neutraliser. Mais en aucune façon, on aura fait progresser sa réflexion.

Le SNALC n’argumente plus, il exprime des émotions sur un mode hyperbolique. Il ne s’applique pas à montrer le caractère néfaste d’une réforme, il « s’indigne très vivement » (communiqué de presse du 30 novembre 2011), il « s’insurge » (communiqué de presse du 10 novembre 2011), il tient à « exprimer sa profonde révolte » (communiqué de presse du 28 avril 2010). Et répétant le slogan de Dolores IBARRURI GOMEZ (1895-1989), membre du Comité exécutif du Komintern, il s’écrie sans craindre le ridicule : « no pasaràn » (QU n°1303 du 25 octobre 2008, p. 9).

Quand il ne manie pas le blâme à l’égard des autres, il célèbre son propre culte. Ainsi se prétend-il le « deuxième syndicat le plus représenté dans l’enseignement secondaire public » (communiqué de presse du 1er septembre 2011). Et il le croit. Mais pour arriver à ce résultat, il « oublie » de prendre en compte les PEPS, les PLP et les CPE. Il ne s’inquiète pas non plus de son incapacité lors de la manifestation du 31 janvier 2012, à réunir trente personnes alors que les autres organisations arrivent à en mobiliser chacune plusieurs milliers. Qu’importe puisqu’il est « le deuxième syndicat le plus représenté de l’enseignement secondaire public ».

Il n’est pas étonnant dans ces conditions que ses calculs s’avèrent souvent erronés. En 2008, il annonçait un troisième élu agrégé à la CAPN. En vain. En 2010, il était persuadé que la FGAF allait se voir attribuer un siège au Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’Etat. A tort. En 2011, il était sûr que le CTM aurait vingt représentants des personnels. Il en alla différemment. Il pensait qu’AD et le syndicat national des IA-IPR allaient rejoindre l’Union pour l’Ecole Républicaine. En fait, ils préférèrent l’UNSA. Dans des communiqués de presse des 18 et 26 mai 2011, il proclamait que l’UER avait « un potentiel électoral » supérieur à « celui de FO ». Au soir des élections, FO obtenait dans l’Education nationale 35 245 voix contre 16 485 pour l’UER. Aujourd’hui le Syndicat NAtional des Lycées et Collèges pense que, à l’instar du SGEN, en syndiquant tous les personnels de la maternelle à l’université il sera en mesure de retrouver sa représentativité lors du prochain scrutin professionnel. Il néglige seulement deux faits : tout d’abord le SNALC a toujours été hostile au corps unique, ensuite au sein de la CSEN et de la FGAF il existe déjà un syndicat du premier degré, le SNE...

3. Le blocage de l’appareil

On pourrait se demander pourquoi la Commission Administrative du SNALC continue d’accorder sa confiance aux dirigeants qui se sont aussi visiblement fourvoyés. C’est ignorer la structure interne du syndicat. Le pouvoir est détenu par l’appareil qui refuse de s’allier à d’autres organisations significatives de peur d’avoir à se justifier ou avoir à composer.

Actuellement l’appareil jouit de l’impunité. Il ne sera pas directement touché par les conséquences des décisions qu’il a prises. Il gardera l’essentiel des moyens dont il dispose aujourd’hui. Ce sont les sections académiques qui devront faire la quasi totalité des efforts. Mais ce faisant, le syndicat s’affaiblira considérablement : il n’y aura plus de maillon intermédiaire entre une direction concentrée à Paris et les adhérents dispersés dans leurs établissements.

L’appareil s’en moque. Il n’est préoccupé que de ses problèmes internes. Comment progresser dans la hiérarchie ? Sur quelles personnes s’appuyer pour renforcer sa position ? Est-il possible d’écarter des concurrents ? Et ne peuvent espérer faire carrière que ceux qui sont dans la ligne, c’est-à-dire ceux qui ne remettent pas en cause les orientations pourtant préjudiciables suivies jusqu’à présent. Pour assurer sa survie immédiate, l’appareil met en péril l’avenir du syndicat.

III - Les raisons d’espérer

1. Le renforcement de FO

Le 2 juin 2008, le gouvernement a signé avec six organisations syndicales sur huit les accords de Bercy. L’objectif proclamé était de moderniser le dialogue social et les règles de la représentativité en France. Il était notamment mis fin au paritarisme dans les comités techniques et le vote électronique était introduit pour les élections professionnelles. L’arrière pensée moins avouable des pouvoirs publics était de réduire le nombre des organisations afin d’arriver à une cogestion renforcée à l’intérieur du cadre très contraignant de la RGPP. Deux pôles devaient émerger de cette recomposition : celui de la radicalité autour de la CGT et celui du réformisme autour de la CFDT.
Les résultats du scrutin d’octobre 2011 sont venus remettre en cause ce Yalta syndical. Force Ouvrière qui a refusé de signer les accords de Bercy, loin d’être éliminée du paysage syndical est sortie renforcée des élections. Forte des 192 802 voix obtenues (16,61%) elle est désormais la première organisation de la fonction publique d’Etat. Les collègues se sont reconnus dans les actions qu’elle a menées en faveur des statuts, des conditions de travail, du pouvoir d’achat ou du droit à la retraite. Ils ont par ailleurs compris que si l’on veut se faire entendre, il n’est plus possible de raisonner dans le cadre étroit d’un seul ministère.

Le rapport de forces est également en train de s’équilibrer dans l’Education nationale, soumises depuis soixante ans à l’hégémonie naguère de la FEN, aujourd’hui de la FSU. Avec le ralliement du SNETAA et celui de plusieurs personnalités du SNALC, du SNCL, du SNE…, FO est en train de constituer une force capable de peser efficacement sur les choix effectués dans l’enseignement. C’est par exemple autour d’elle et non autour du SNALC que s’organise l’opposition aux projets du ministère visant à confier l’évaluation des enseignants aux seuls chefs d’établissement.

2. Les valeurs communes

Depuis les élections d’octobre 2011, Force Ouvrière est désormais la seule organisation représentative défendant un enseignement de qualité fondé sur la transmission des connaissances, en vue de former des adultes éclairés, libres et responsables. Très attachée à la liberté pédagogique, Force Ouvrière est opposée à l’Ecole du socle commun, au collège unique, à la réforme des lycées. Elle dénonce les suppressions de postes et l’autonomie renforcée des établissements scolaires.

Elle défend les intérêts moraux et matériels des personnels de l’Education nationale. C’est pourquoi, contrairement à d’autres organisations syndicales, pour évoquer un jeu de dupes, elle ne parlera jamais de « dîner de profs » (QU n°1300, 13 septembre 2008, éditorial). Elle ne qualifiera pas la profession d’enseignant de « plus vieux métier du monde » (communiqué de presse du 13 février 2007, QU n°1270, 26 février 2007, p.3). Elle ne commentera pas la perte de pouvoir d’achat par la formule « marre de se faire baisser » (communiqué de presse du 19 décembre 2007). Elle donnera à un article concernant une décision de justice frappant un collègue, un autre titre que « Dégueulasse » (QU n°1301, 27 septembre 2008, p.16). Ce langage pourrait laisser entendre que l’on méprise ceux que l’on est supposé représenter.

Au fond, Force Ouvrière applique le programme que s’était fixé Albert FEDEL (1870-1961), le fondateur du SNALC : « Je ferai en sorte que notre dignité professionnelle soit respectée toujours et partout, et que les membres de l’enseignement secondaire obtiennent tous les égards auxquels ils ont droit ».

3. Des élus à votre écoute

Les commissaires paritaires du SNALC-Versailles qui ont choisi de rejoindre Force Ouvrière continueront de renseigner les collègues qui feront appel à eux, que ces collègues choisissent de les suivre à FO ou non. Ils respectent les décisions de chacun. Ils ne recourent pas à l’invective. On pourra les contacter dans les sections départementales du SNFOLC.

Ils assurent tout particulièrement une permanence téléphonique au 01 46 42 04 53. On peut leur écrire par courrier postal au SNFOLC, M. VAYSSETTE, 14 rue Paul Bert, 92130 ISSY-LES-MOULINEAUX et par courriel à l’adresse : agrcertsnfolc@gmx.fr.

De même qu’il est parfaitement normal que la majorité fasse prévaloir sa ligne, il est compréhensible que la minorité quitte une organisation avec laquelle elle se trouve en désaccord profond. Nous n’avons pas défendu une certaine idée de l’Ecole parce que nous étions au SNALC, nous étions au SNALC parce que nous défendions une certaine idée de l’Ecole. Que le SNALC vienne à ne plus être le SNALC et nous n’avons plus de raison d’y rester.

En rejoignant Force Ouvrière, nous avons choisi de favoriser le regroupement de tous ceux qui, dans l’Education nationale, refusent l’hégémonie des centrales pratiquant la cogestion. Ensemble, nous aurons la possibilité de participer à syndicalisme revendicatif et républicain, à même d’agir puissamment en faveur des personnels du second degré.

Jean-Christophe VAYSSETTE
Ancien président du SNALC-Versailles
Commissaire paritaire agrégé

Consultez le site : http://du-snalc-a-fo.fr/

quelques_réflexions_ sur_l’état_du_SNALC

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Extrait de L’Ouest Syndicaliste N°603 - Mars 2012

Flux d’adhésions à FO de syndiqués et syndicats du SNALC (Syndicat National des Lycées et Collèges)

Issu de la « Fédération des professeurs de des Lycées » constituée
en 1905, le SNALC perpétuait dans l’enseignement secondaire,
ce jusqu’aux élections du 20 octobre dernier dans la fonction
publique d’Etat, une tradition syndicale républicaine et laïque, mais
« autonome », c’est-à-dire (comme la FSU et l’UNSA d’ailleurs) hors de toute
« confédéralisation » au sein d’une organisation interprofessionnelle.

Si les accords de Bercy de 2008, pendant dans la Fonction
publique de la « Position Commune » MEDEF-CGT-CFDT pour le
privé, avaient pour objectif premier l’élimination à terme de FO du
« paysage syndical », ils avaient aussi pour objectif collatéral la mise
à mort immédiate (dans la foulée des élections du 20 octobre
2011) de la CFTC et de la plupart des syndicats « autonomes » de
la fonction publique, dont en particulier le SNALC.

Tirant les conclusions de la mise en place de ce dispositif liberticide
de « Bercy » et de sa transposition législative en 2010, Bernard
Kunz, ex-président national du SNALC, en conclut que l’heure était
venue pour son organisation de rejoindre Force Ouvrière, dont
l’attachement à l’indépendance, à la laïcité et à l’Ecole de la
République est notoire. Ce qu’il fit en mai 2011, accompagné d’un
nombre significatif de militants du SNALC, après avoir été mis
minorité au sein de son syndicat, tandis qu’une nouvelle direction
du SNALC prenait le parti aventureux d’aller aux élections d’octobre
2011 sous la bannière du syndicat autonome, flanqué de quelques
alliés de circonstance aux potentialités électorales et militantes
insignifiantes.

Comme c’était prévisible, le résultat des élections de représentativité
d’octobre fut sans appel : zéro siège au Comité technique ministériel
de l’Education pour le SNALC et la fédération dont il était le pivôt
(la CSEN - « Confédération Syndicale de l’Education nationale »).
Du coup, inévitablement, à tous les échelons du SNALC, la
question du passage à FO se trouve de nouveau posée, en
« interne », ou même déjà sous forme de déclaration publique. Ainsi,
à l’unanimité, le bureau du SNALC de l’académie de Versailles
(celle de métropole où l’influence du syndicat est la plus forte) a
lancé le 14 février dernier un appel à rejoindre FO.

Pour contrer ce processus, la nouvelle direction du SNALC a
riposté par l’envoi massif aux enseignants d’une lettre polémique,
et même injurieuse, à l’encontre de FO : " SN-FO-LC : impuissance,
tromperies, aveuglement".

Les raisons de cette « charge » contre Force Ouvrière ?

Une hostilité de principe à toute adhésion ou à toute alliance avec
une organisation syndicale « représentative » dans l’Education
Nationale ? A priori non, puisque cet aspect des choses n’est pas
évoqué.

Des « fondamentaux » SNALC soudainement devenus inconciliables
avec ceux traditionnels de FO ? Les auteurs du brulôt n’osent
pas se risquer sur ce terrain, se sentant même obligés de rappeler
leur attachement à « l’école de la République » et leur dégoût du
« pédagogisme » de mode.

Alors le but de l’opération ? Peut-être, voire même sans doute,
tenter d’empêcher aujourd’hui les militants du SNALC de rejoindre
FO, pour mieux les conduire demain (après les présidentielles),
dans un front politico-syndical avec la FSU : assez lourdement, les
polémistes anti-FO s’exercent à « féliciter » la FSU pour son succès
aux élections du 20 octobre (dont la FSU est pourtant est la
perdante notoire) .

- Cela quand bien même les nouveaux « féliciteurs » de la FSU
doivent concéder pudiquement « l »hétérogénité pédagogique« de »l’organisation syndicale«  »félicitée" !

- Cela quand même aussi en la circonstance, il leur faut feindre
d’oublier que c’est la FSU, principale instigatrice des accords de
Bercy, qui a mis en place la guillotine liberticide dont le couperet
s’est abattu sur le SNALC le 20 octobre dernier !

Du coup, il y a un sérieux cactus dans l’opération : pas sûr que
l’enthousiasme pour un front politico-syndical de "l’hétérogénité
pédagogique" FSU soit au rendez-vous chez les profs attachés à
la tradition syndicale du SNALC !

Notre camarade Olivier Rosier, secrétaire académique du
SNETAA-FO, et issu lui-même du syndicalisme « autonome », se
trouve être parmi les destinataires de la lettre de la nouvelle
direction du SNALC. On lira ci-dessous des extraits de la lettre en
réponse qu’il vient de rendre publique.

|Pourquoi nous avons décidé de rejoindre FO

(Extraits de la déclaration du 14/02/2012
du bureau académique du
SNALC-Versailles)

" (...) Nous avons décidé de rejoindre FO, car, depuis les
élections d’octobre 2011, FO est la seule organisation
représentative défendant un enseignement de qualité
fondé sur la transmission des connaissances. (...) Le
SNALC, n’ayant d’élu, ni au comité technique ministériel,
ni au comité technique académique, ni aux comités
techniques départementaux ne pourra plus négocier
d’accord avec l’administration.
(...) Conformément à la Charte d’Amiens, FO est
indépendante des partis politiques, des gouvernements,
de l’Etat. Elle n’a pas signé les accords de Bercy dont
chacun observe aujourd’hui les effets négatifs. Elle est
devenue la première organisation de la fonction publique
d’Etat. (...) "
|

Extraits de la lettre ouverte d’Olivier Rosier, secrétaire académique du SNETAA-FO, en réponse aux actuels dirigeants du SNALC

"Vous accusez mes camarades d’impuissance. C’est risible : première organisation
syndicale de la fonction publique, Force Ouvrière a les moyens de défendre les
intérêts collectifs des fonctionnaires. Vous affirmez qu’un siège sur quinze au CTM ne
sert à rien, je ne suis pas d’accord. F.O n’est pas une organisation de cogestion, elle
est une confédération syndicale qui utilisera ce siège pour faire entendre sa voix et celle de ses adhérents.

(...) Que peut faire le SNALC (...) en la matière ? Rien. Votre absence au CTM vous
réduit à l’impuissance. La crédibilité, dans le nouveau cadre légal, est lié à la
représentativité au CTM, et vous n’y êtes pas.

F.O, je vous le rappelle, a refusé de signer ces nouvelles règles, voulues par tous les
autres, et votre situation actuelle très difficile n’est pas de sa volonté. (...) Plusieurs
de vos responsables ont choisi comme moi de les rejoindre. Ce choix n’a pas été
facile, puisque comme vous, nous étions attachés à notre drapeau. Mais l’honnêteté
intellectuelle impose de prendre en compte les nouvelles règles de représentativité.

(...) FO est prête à accueillir tous ceux qui le souhaitent (...)"

extrait_Ouest_syndicaliste adhésions_snalc

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