SNFOLC

FO défend le statut - FO défend l’égalité des droits - FO défend l’école qui instruit

5 novembre 2013

mardi 5 novembre 2013


Extraits du Syndicaliste des Lycées et Collèges n°394 de novembre 2014.

Le SNFOLC invite ses sections à
prendre l’initiative de motions
de soutien à la grève du 14
novembre et de réaffirmation
des revendications des
personnels du 2nd degré :

Motion type à adapter :

"Vos revendications de suspension de la réforme
des rythmes scolaires et d’abrogation
du décret du 24 mars rejoignent nos revendications.

Nous voulons :

  • le maintien de notre statut national,
    le maintien des décrets du 25 mai 1950
  • le maintien ou le rétablissement des
    règles et horaires nationaux
  • le rétablissement d’épreuves nationales
    et anonymes au baccalauréat en langues
    vivantes, l’arrêt de la réforme du lycée (général
    et STI), le rétablissement des horaires
    disciplinaires, la suppression du LPC
  • l’annulation du rattrapage de la journée
    de pré-rentrée du 2 septembre prévue
    le 13 novembre et le 11 juin

Nous ne voulons pas des projets éducatifs
territoriaux, ni du conseil école-collège !

Décrets de 50 :
Obsolètes ?

Après la concertation sur l’avenir de l’enseignement prioritaire
(voir ci contre) que certains voudraient utiliser pour justifier
une remise en cause du statut de tous les enseignants, les assises
interacadémiques sont fixées.
Force Ouvrière participera à toutes les concertations sur la
base de ses mandats, notamment la défense des garanties statutaires
existantes.

On entend dire que les décrets de 50 sont obsolètes.
Remarquons que, s’il s’agit de l’âge d’un texte, alors il y a plus
ancien : la loi sur les syndicats date de 1884, sur la liberté de
la presse de 1881, celle sur la séparation des Églises et de l’État
de 1905... Elles sont toujours en vigueur. Quant à la Sécurité
sociale, elle date de 1945...

S’il s’agit de progrès social, nous sommes toujours prêts à discuter.
Mais on ne peut conquérir de nouveaux droits en faisant
une croix sur ceux qui existent !

Force est de constater que tout ce qui est sur la table va dans
le sens de la régression : annualisation, individualisation et définition
locale (lettre de mission), bi ou polyvalence, corps
unique...

Il s’agit en fait d’adapter le statut aux besoins de la territorialisation
de l’école et à l’école du socle, du savoir au rabais.
Le tout sur fond d’austérité et de baisse du coût du travail, de
salaires à la baisse et de conditions de travail toujours dégradées.
Nous défendons notre statut national aussi parce que comme
le disent les directeurs d’école de Paris opposés à la réforme
des rythmes scolaires : l’important c’est l’école !

Oui, l’important c’est la transmission des connaissances, l’égalité
des droits garantie par des programmes, horaires et examens
nationaux !

Réforme du collège :
attention école du socle !

Toujours moins d’heures de cours et des projets territoriaux, à
l’instar de ce qui se pratique avec la réforme des rythmes scolaires
 : qui peut croire que c’est ainsi qu’on lutte contre l’échec
scolaire ?

Alors que le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) vient
d’être installé, une réforme du collège s’annonce. Selon le ministère,
elle serait applicable dès la rentrée 2015. Pour ce faire,
les volumes horaires disciplinaires seraient fixés d’ici la fin de
l’année civile afin d’orienter les travaux du CSP.

Rappelons que la note de vie scolaire est maintenue en attendant
l’avis du CSP et que le livret de compétences l’est aussi
dans les mêmes conditions qu’en 2012-2013, c’est-à-dire sans
référence aucune à des connaissances disciplinaires précises.
C’est la logique du socle et de l’école du socle. On a vu ce que
cela donne dans la pratique lors du DNB 2013…

Que restera-t-il des horaires disciplinaires nationaux ?

La loi de refondation donne des axes précis dans le rapport
qui lui est annexé :
« Les collèges doivent pouvoir disposer d’une marge de manoeuvre
dans la gestion de leur dotation afin que les équipes
pédagogiques puissent concevoir des actions pédagogiques et
des parcours scolaires favorisant la réussite de tous. Le travail
en équipe et les projets de classe permettront une plus grande
transversalité. Cette marge de manoeuvre doit permettre, sur
la base du volontariat, des expérimentations pédagogiques,
des regroupements d’élèves, du travail transversal et pluridisciplinaire,
des projets collectifs, etc. »

Nul doute que les heures de projets seraient prises sur les horaires
disciplinaires.

La territorialisation en ligne de mire...
la monovalence sur la sellette

C’est ainsi (article 57 de la loi) qu’ « il est institué, dans chaque
secteur de recrutement d’un collège, un conseil école-collège.
En cohérence avec le projet éducatif territorial, celui-ci propose
au conseil d’administration du collège et aux conseils
des écoles de ce secteur des actions de coopération, des enseignements
et des projets pédagogiques communs visant à
l’acquisition par les élèves du socle commun de connaissances,
de compétences et de culture ».

Parmi ces propositions, des échanges de service entre les écoles
et les collèges...

Assises sur l’Education prioritaire :
Refonte de la carte et refonte
des statuts ?

Avant que la discussion n’ait débuté, ses conclusions
en sont déjà annoncées. Dans le rapport préparatoire, il
est bien précisé que les assises de l’éducation prioritaire
« ont pour objectif de faire partager le diagnostic établi
dans le cadre de la modernisation de l’action publique
(MAP) »
(1). La même politique d’austérité est à
l’oeuvre dans la MAP comme dans la RGPP. Le rapport
préconise de modifier la carte en « l’ajustant aux écoles
et collèges connaissant les plus fortes concentrations
de défavorisés »
. En clair : faire sortir des établissements
de l’éducation prioritaire pour n’aider que les
plus défavorisés.

Déshabiller Pierre pour habiller Paul tout en constituant
des zones franches statutaires ?

« Dans l’état actuel des connaissances et des budgets disponibles,
il est souhaitable de centrer l’usage des moyens vers
l’école quitte à trouver des ressources au niveau du lycée
 »
(p. 38). Il y a fort à parier que, pour le ministre (qui annonce
d’éventuelles décharges pour les professeurs qui seront encore
classés en ZEP après refonte de la carte), cela signifie supprimer
des décharges statutaires aux certifiés et aux agrégés des
lycées.

Cela irait de pair avec d’autres dispositions :

  • - « attirer » et « retenir des professeurs motivés et efficaces »
    par des « leviers financiers (jusque là peu convaincants), relatifs
    au mouvement, à l’évolution des carrières, aux conditions
    d’exercice, aux dynamiques d’équipe et à
    l’accompagnement »
     ; ce qui en langage MAP signifie : instituer
    des zones franches en matière de carrière et de droits statutaires
    sur le modèle du dispositif ECLAIR.
  • - « renforcer le pilotage national » en articulation avec d’autres
    politiques publiques (ville, petite enfance, famille, jeunesse) ;
    ce qui signifie : confier aux collectivités les missions dont l’Etat
    se désengage.

Les voix des personnels devraient se soumettre à la double
contrainte de l’austérité budgétaire et de la remise en cause
des statuts des personnels. Ce n’est pas ce qu’ils demandent !

(1) Le rapport de diagnostic de juillet 2013 est consultable en ligne. Les citations sont
extraites de ce rapport.

[->http://cache.media.education.gouv.fr/file/08_Aout/15/9/Rapport_de_diagnostic_sur_l_evaluation_de_la_politique_de_l_education_prioritaire_266159.pdf

Motion adoptée par 100 enseignants
à Pantin (93) lors des Assises
de l’éducation prioritaire

A Monsieur le DASEN,

Les enseignants du primaire et du secondaire des écoles
et du collège du quartier des Quatre-Chemins à Pantin,
convoqués aux « assises de l’éducation prioritaire » le
10.10.2013 avec les syndicats SNES , SNFOLC, SUD,
CGT, SNUIPP, SNUDI FO constatent que la « concertation
 » sur l’éducation prioritaire n’est qu’une façade cachant
des décisions déjà prises.

Ils se prononcent pour la satisfaction des revendications
des établissements :

  • créations de postes d’enseignants
  • RASED dans chaque école à hauteur des besoins
  • maîtres supplémentaires
  • classement ZEP ; de formation initiale et continue
    sur le temps de travail
  • pour une diminution significative des seuils de
    classes
  • pour le rétablissement des heures de cours supprimées
     ;
  • pour la création des postes de médecins scolaires,
    psychologues, AVS formés pour une meilleure prise
    en charge du handicap.

Ils se prononcent

  • pour le maintien de l’égal accès à l’instruction pour
    tous les élèves du pays
  • pour aucune baisse des salaires et des primes mais
    pour leur augmentation ;
  • pour le maintien du statut de fonctionnaire d’Etat,
    contre toute territorialisation et tout projet éducatif
    territorial.

Adopté à l’unanimité moins deux abstentions


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