Evaluation : toutes les raisons de s’y opposer. Un argumentaire du SNFOLC -7 mars 2012

mercredi 7 mars 2012

samedi 10 mars 2012

Rôle du chef d’établissement,
des inspecteurs.
La transmission du savoir.
Les rythmes d’avancement.
Calendrier de mise en œuvre.


Réforme de l’évaluation Toutes les raisons de s’y opposer

Dans les grandes lignes, qu’est-ce que le projet gouvernemental sur l’évaluation des personnels ?

Au nom de l’autonomie des établissements il faudrait supprimer la notation pour faire place à une évaluation établie sur la base d’un entretien professionnel mené par le seul chef d’établissement.
Le ministre de l’Éducation nationale, confondant établissement scolaire et entreprise a déclaré qu’il « fallait un patron » : le chef d’établissement.
Ce projet de réforme est aussi le point de passage pour pulvériser dès demain tout le statut national des personnels : demain les obligations de service (transformées en temps de présence), le droit à mutation seraient remis en cause. Tout se tient.

Le chef d’établissement deviendrait donc le seul évaluateur… Quel est le dispositif prévu ?

L’évaluation reposerait désormais sur un entretien professionnel tous les 3 ans organisé par le chef d’établissement.

Celui-ci « évaluerait la totalité de la « manière de servir des enseignants » y compris sur le plan pédagogique et disciplinaire.

L’entretien serait préparé par « un processus d’auto évaluation s’appuyant principalement sur un référentiel de compétences défini par arrêté ministériel » (voir plus bas lesdites compétences). Chaque enseignant serait ainsi amené à effectuer une démarche autocritique, particulièrement stressante... et humiliante.

A l’issue de l’entretien le compte-rendu, établi par le chef d’établissement est communiqué dans les 10 jours à l’agent, lequel peut faire des observations dans les 5 jours.

Les possibilités de recours sont amoindries par rapport à la situation actuelle : les délais sont réduits à x jours. De plus il n’y a plus aucune référence nationale, contrairement à la situation actuelle.

Que reste-t-il du rôle des inspecteurs pédagogiques ?

Quasiment rien. Un inspecteur est recruté pour ses compétences disciplinaires. Mais pour le gouvernement ce n’est visiblement pas ce qui compte. Le projet ministériel stipule bien que « Les corps d’inspection sont garants de l’expertise disciplinaire et didactique des enseignants. »
Mais les inspecteurs n’interviendraient plus qu’à des « moments clés » : titularisation, affectation en CPGE...
Leur contribution s’exerce par l’élaboration et la validation de la méthode d’auto-évaluation, ou de l’autoévaluation elle-même, à la demande de l’enseignant.

Ce dispositif, une fois de plus, ne risque-t-il pas d’amoindrir le rôle de la transmission du savoir
dans l’évaluation des professeurs ?

Selon le projet d’arrêté ministériel :
« Il s’agit notamment pour l’agent d’évaluer sa capacité à faire progresser :

  • - chaque élève dans le respect des programmes et des politiques éducatives ;
  • - les compétences dans la discipline ou les domaines d’apprentissage ;
  • - Le travail en équipe, les compétences interdisciplinaires et les projets de l’école ou de l’établissement.
  • - La qualité du climat scolaire en interne et en externe. »
    On ne saurait être plus clair : il s’agit d’un changement complet de logique. L’école républicaine, c’est la transmission des connaissances, des programmes et horaires nationaux et la liberté pédagogique du professeur dans sa classe.

La transmission des connaissances est explicitement réduite à la portion congrue, le projet d’établissement devient de fait la loi et s’impose à tous, le climat scolaire « en interne et en externe » permet de rendre les professeurs de tout et n’importe quoi, et permet aussi d’introduire toute sorte de pression. Par exemple les problèmes familiaux des élèves n’influent-ils pas sur le « climat scolaire externe », tout comme les initiatives prises par le conseil général ou la municipalité ?

Est-il exact que le système d’avancement sera modifié en profondeur ?

Il n’y aura plus de grand choix ou de petit choix, mais un système de bonification (ou de majoration d’ancienneté) dans l’échelon, au vu de l’appréciation de la valeur professionnelle :

« Les professeurs certifiés (agrégés, CPE etc.) de classe normale peuvent bénéficier, au titre d’une campagne d’avancement d’échelon, de deux ou cinq mois de réduction d’ancienneté par année scolaire. »
Le ministère ajoute : « la répartition des réductions d’ancienneté s’effectue sur une base annuelle de deux cent cinquante six mois pour un effectif de cent agents. »

Avancement : le rythme moyen d’avancement d’échelon devient l’ « ancienneté » !

Une nouvelle « notation » qui n’est qu’une machine à trier
L’entretien professionnel sert de base au classement des personnels en quatre catégories. La notation sur 100 est pourfendue par le ministère, comme obsolète et insuffisante (elle présente notamment la garantie qu’il y a des grilles nationales de référence), mais le nouveau système équivaut à une notation de 1 à 4.

Les collègues seront classés ainsi (extrait du projet d’arrêté ministériel)
« - mise en œuvre exceptionnelle des compétences requises ;
- mise en œuvre remarquable des compétences requises ;
- mise en œuvre satisfaisante des compétences requises ;
- mise en œuvre insuffisante des compétences requises ; »

Même si ce n’est pas dit il y a fort à parier qu’il y aura de fait des quotas : sinon comment le chef d’établissement pourra établir qui sera proposé à une bonification de 5 mois, de 2 mois ou à une promotion de grade.

Notre exigence : le retrait du projet de réforme

Evaluation_QR 7_mars_ 2012

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