Evaluation des épreuves de certification Cambridge et Cervantès

mercredi 24 février 2016

Aucune pression ne doit être exercée sur les collègues.


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Aucune pression ne doit être exercée sur les collègues

Certains recteurs tentent d’imposer de faire passer des certifications privées de langues des instituts Cambridge en anglais et Cervantès en espagnol en s’appuyant sur un curieux syllogisme. Ils proclament tout d’abord deux contre vérités : ainsi, selon le recteur de Lyon, ces certifications seraient « établies sur la base des programmes d’enseignement en vigueur » et donc du même ordre que les diplômes nationaux. Et les programmes nationaux seraient sous la coupe du cadre européen des langues.
Sur la base de cette prémisse majeure, le décret du 20 août 2014 est invoqué comme prémisse mineure : « la participation des enseignants à des dispositifs d’évaluation des élèves au sein de l’établissement » est prévue dans les missions liées à l’enseignement.
Conclusion fournie en chœur par les IPR et le recteur de Lyon qui répondent aux collègues que l’évaluation des épreuves de certification fait partie des missions des enseignants et qu’il s’agit d’une obligation de service. CQFD

Des fonctionnaires d’Etat au service d’organismes privés !

La conséquence de la logique ministérielle aboutit non seulement à utiliser les missions liées du décret Hamon pour introduire l’obligation de faire passer des certifications privées dans l’Education nationale, mais surtout à faire des certifications privées une obligation de service pour mettre gracieusement les enseignants, fonctionnaires d’Etat, au service d’organismes privés à but lucratif, eux-mêmes rétribués par leur contrat passé avec le ministère… Le marché des certifications représente en effet 11 millions d’euros versés par l’Education nationale depuis 7 ans à « Cambridge Language Assessment » et à « Institut Cervantes ».
Ces mêmes organismes qui dégagent des profits de cette utilisation d’agents publics, voilà ce que permettraient les missions liées du décret du 20 août 2014. Il paraît qu’il était censé reconnaître les missions existantes…

Au moment où des centaines de classes bilangues sont supprimées avec toutes les conséquences que cela implique, au moment où les classes européennes sont intégralement supprimées en application de la réforme du collège, obliger les professeurs de langues à faire passer ces certifications est ressenti comme une véritable provocation.

Le SNFOLC conteste ce choix du ministère

Le syndicat exige que ces certifications ne fassent l’objet d’aucune obligation pour les enseignants pour plusieurs raisons.

1- La certification n’est pas établie sur la base des programmes d’enseignement. Si bien que les épreuves de certification sont déconnectées des cours et inadaptées pour les élèves qu’elles déstabilisent.

2- Ces certifications ont lieu sur le temps de cours des élèves et des professeurs et elles entrent en concurrence avec la validation du niveau des élèves par le Baccalauréat.

3- Les enseignants sont convoqués pour servir de caution à un organisme privé : ils n’ont pas leur mot à dire sur la conception des sujets et l’organisme certificateur s’autorise (au motif d’harmonisation) à modifier les notes des enseignants !

4- Ces certifications représentent une charge de travail supplémentaire désormais non rémunérée.

5- Il y a matière à s’interroger sur le caractère réglementaire d’un tel dispositif de certification.

Le SNFOLC intervient à tous les niveaux. Il invite les collègues à se réunir et faire connaître collectivement leur opposition à ces dispositifs. Le SNFOLC soutiendra leurs démarches.


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