FNEC-FP-FO

« Est-ce que l’Education nationale a encore besoin de l’agrégation ? » Communiqué de la FNEC-FP FO du 30 novembre 2012 . Tract SNFOLC & lettre au ministre 6-12-12

30 novembre 2012

jeudi 6 décembre 2012

Audience Ministre de l’enseignement supérieur

« Est-ce que l’Education
nationale a encore
besoin de l’agrégation ? »


C’est ce que le ministère de l’Enseignement supérieur a répondu à Force Ouvrière
lors de l’audience bi-latérale du 30 novembre 2012.

Le ministère confirme les propos du Président de la république : « enseigner, c’est
un métier ».

Ce « métier » est le même de la maternelle à la terminale.

Le « master enseignant » prépare au métier d’enseignant.
Le ministère a besoin d’enseignants (recrutés en M1) et pas « nécessairement »
d’agrégés (« enseigner l’histoire, c’est enseigner l’histoire »….).

Les discussions sur la réforme de l’agrégation vont s’ouvrir en 2013.
Force Ouvrière demande le maintien de l’agrégation fondée sur un corpus
disciplinaire de haut niveau.

Pour Force Ouvrière, la forte « composante pré-professionnalisante » à partir de la
2ème année de licence, encore renforcée dans les ESPE (Ecoles supérieures du
professorat et d’éducation) aboutit à des masters enseignants vidés des contenus
disciplinaires. La logique de ces écoles, c’est de répondre à l’école du socle
contenue dans la loi de refondation de l’école afin de produire des professeurs de
socle.

L’ESPE, c’est essentiellement pour le ministère un tronc commun de formation à un
même métier avec des parcours diversifiés : les statuts particuliers sont menacés.

Montreuil, le 30 novembre 2012

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Communique_agregation 30-11-12.

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TRACT SNFOLC, 6 décembre 2012

Que prépare le ministère contre l’agrégation ?

Montreuil, le 6 décembre 2012.

« Est-ce que l’éducation nationale a encore besoin de l’agrégation ? »

Telle est bien la question posée par un représentant du ministre de l’enseignement supérieur à la délégation FO reçue vendredi 30 novembre sur la formation des personnels enseignants et la mise en place des ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l’Education) ! Il faut ajouter que l’agrégation n’est jamais évoquée dans les différents travaux des deux ministères concernés par le sujet, ni dans le projet de loi en date du 6 décembre 2012.

Faut-il alors comprendre que la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, au travers du « Master d’enseignement », et la refondation de l’école, auraient pour conséquence la remise en cause du concours de recrutement des agrégés de l’Université ?

C’est impossible ! Démentez, Monsieur le Ministre

L’agrégation occupe une place-clé dans l’enseignement du second degré de l’Education nationale comme symbole de la mission fondamentale de transmission à tous les élèves du plus haut niveau possible de connaissances disciplinaires. Le statut particulier des agrégés stipule qu’ils « assurent leur service dans les classes préparatoires aux grandes écoles, dans les classes de lycée, dans des établissements de formation et, exceptionnellement, dans les classes de collège. (…) Ils peuvent également être affectés dans des établissements d’enseignement supérieur. »
Cette mission confiée par la République à son école ne saurait être dissoute dans aucune « refondation » ni de l’école, ni du « métier » d’enseignant.

Un « nouveau métier fondé sur l’abandon de l’excellence disciplinaire ?

Renoncer à l’agrégation dans ce qu’elle représente, l’excellence disciplinaire, pour en faire une sorte de « classe exceptionnelle » attribuée au « mérite », c’est, pour FO, franchir un pas inacceptable.
N’est-ce pas indiquer que la forte « composante pré-professionnalisante » à partir de la 2ème année de licence, encore renforcée dans les ESPE (Ecoles supérieures du professorat et d’éducation) aboutit ainsi à des masters enseignants vidés des contenus disciplinaires ?

Est-ce que la logique de ces écoles serait de répondre à l’école du socle contenue dans le projet de loi de refondation de l’école afin de produire des professeurs de socle ?
La signification serait alors très claire : l’affaiblissement radical et durable de l’enseignement disciplinaire.

Nous sommes enseignants spécialistes de notre discipline,
pas des « professeurs de socle » !

Le SN-FO-LC s’est adressé immédiatement au ministre.
Au moment où vient de paraître le projet de loi, FO s’adresse au ministre : il n’est pas trop tard pour éviter le conflit dont vous porteriez la responsabilité.

Renoncez à ce projet de loi, ouvrez des négociations sur la base des revendications des personnels.

Pour FO, aujourd’hui, face à ce projet de loi, lourde menace contre l’école de la République, ses personnels et leurs statuts nationaux, l’heure est à préparer la mobilisation pour y faire échec.
Si le ministre persistait, il porterait l’entière responsabilité de la situation de conflit avec les personnels.

FO invite les personnels à se réunir dans les établissements, à multiplier les prises de position, motions, pétitions : « Monsieur le ministre, renoncez à votre projet de loi ».

En tout état de cause, si le ministre poursuit dans cette voie, La confédération FO, la FNEC FP-FO ont déjà indiqué qu’ils voteraient contre ce projet au CSE du 14 décembre.

Le SNFOLC s’est adressé aussitôt à F. Peillon

(…) Nos craintes sur l’avenir de l’agrégation en l’état portent sur plusieurs entrées :

  • - Le modèle qui semble retenu par les deux ministères est un modèle simultané intégrant une formation sur le terrain dans les deux années de master au détriment du modèle consécutif qui laissait une place déterminante au disciplinaire.
  • - La référence continue dans la formation des futurs professeurs à la cohérence entre acquisition de compétences, allers/retours dans les établissements pendant quatre semestres, et maquettes des concours nouveaux, laisse peu de place à une formation disciplinaire de haut niveau.
  • - La priorité retenue rappelée par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, à savoir, « enseigner est un métier » (…), abandonne la référence aux différents corps statutaires fondée sur des concours différents avec des exigences disciplinaires différentes : PLP, certifiés, professeurs des écoles et agrégés.
  • - Le renvoi systématique de Madame la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, dans sa lettre en date du 12 novembre, à un cahier des charges de formation dans les ESPE qui s’appuierait exclusivement sur le référentiel métiers établis par votre ministère (RMEN), conduit à penser qu’il n’y a plus que deux types d’enseignants. D’abord un enseignant de la maternelle au baccalauréat (fiche EFV01) qualifié pour les écoles maternelles et élémentaires, collèges, lycées, CFA. Puis de l’autre, un enseignant dans les supérieur (fiche ESR01), « formation initiale et continue dans l’enseignement supérieur ; recherche fondamentale et appliquée ; dialogue entre sciences et société. »

  • (…)Nous nous interrogeons donc sur les contours de ce « nouveau métier ». Faut-il comprendre que les fonctions d’enseignement qui jusqu’à présent leur sont dévolues seraient modifiées ? Qu’on les destine à d’autres missions, qu’à l’enseignement devant les élèves, notamment du secondaire ? Que les modalités (c’est à dire par concours pour l’immense majorité des agrégés) et les critères de recrutement (c’est à dire l’excellence disciplinaire) qui ont cours jusqu’ici seraient modifiés ?



Faut-il comprendre que le corps des agrégés pourrait devenir un débouché de carrière (par liste d’aptitude sur décision de l’administration), et que le recrutement externe serait tari ? La revalorisation des professeurs certifiés nécessite de tout autres mesures, notamment indiciaires.

Jacques Paris
Secrétaire général

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tract_agreges 6-12_2012

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Agrégation : courrier SNFOLC du 5 décembre au ministre

Objet : agrégation 2014

Monsieur le Ministre,

Je me permets de me tourner vers vous très rapidement suite à la réunion qui s’est tenue le 30 novembre au ministère de l’enseignement supérieur où notre fédération, la FNEC FP-FO, était reçue sur la formation des personnels enseignants et d’éducation au sein des ESPE.

En effet, que ce soit dans cette dernière réunion ou dans celle du 14 novembre, les principes retenus quant à l’acquisition des compétences requises pour « l’exercice du métier d’enseignant » n’évoquent jamais le concours qu’est l’agrégation.

Nos craintes sur l’avenir de l’agrégation en l’état portent sur plusieurs entrées :

- Le modèle qui semble retenu par les deux ministères est un modèle simultané intégrant une formation sur le terrain dans les deux années de master au détriment du modèle consécutif qui laissait une place déterminante au disciplinaire.

- La référence continue dans la formation des futurs professeurs à la cohérence entre acquisition de compétences, allers/retours dans les établissements pendant quatre semestres, et maquettes des concours nouveaux, laisse peu de place à une formation disciplinaire de haut niveau.

- La priorité retenue rappelée par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, à savoir, « enseigner est un métier » qui donne lieu à un tronc commun de formation. Ainsi est abandonnée la référence aux différents corps statutaires fondée sur des concours différents avec des exigences disciplinaires différentes : PLP, certifiés, professeurs des écoles et agrégés.

- Le renvoi systématique de Madame la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, dans sa lettre en date du 12 novembre, à un cahier des charges de formation dans les ESPE qui s’appuierait exclusivement sur le référentiel métiers établi par votre ministère (RMEN), conduit à penser qu’il n’y a plus que deux types d’enseignants.
D’abord un enseignant de la maternelle au baccalauréat (fiche EFV01) qualifié pour les écoles maternelles et élémentaires, collèges, lycées, CFA. Puis de l’autre, un enseignant dans le supérieur (fiche ESR01), « formation initiale et continue dans l’enseignement supérieur ; recherche fondamentale et appliquée ; dialogue entre sciences et société. »

Faudrait-il alors penser alors que l’agrégation s’effacerait au profit d’un enseignant de « l’école du socle » ?
Nous ne pouvons le concevoir car cela contribuerait à affaiblir durablement et définitivement l’enseignement disciplinaire.

Ces quelques réflexions, vous en conviendrez, sont plus qu’inquiétantes.

J’ajouterai encore à mon propos que c’est avec une grande surprise que j’ai lu les propos du chef du service de la stratégie de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle à la DGSIP, en charge de la mise en place des ESPE, qui à la question de Madame Mélot, sénatrice, sur le devenir de l’agrégation, répond que l’agrégation sera « repensée par palier pour aller vers un nouveau métier ».

Ces propos reflètent-ils réellement la position du ministère ?
Vous comprendrez que si tel est le cas cela laisse planer des interrogations, voire les plus vives inquiétudes. Que signifie le terme « nouveau métier » ?

Les agrégés sont des professeurs recrutés sur la base de leur excellence disciplinaire.

Selon leur statut particulier ils « assurent leur service dans les classes préparatoires aux grandes écoles, dans les classes de lycée, dans des établissements de formation et, exceptionnellement, dans les classes de collège. (…) Ils peuvent également être affectés dans des établissements d’enseignement supérieur. »

Nous nous interrogeons donc sur les contours de ce « nouveau métier ». Faut-il comprendre que les fonctions d’enseignement qui jusqu’à présent leur sont dévolues seraient modifiées ? Qu’on les destine à d’autres missions, qu’à l’enseignement devant les élèves, notamment du secondaire ? Que les modalités (c’est-à-dire par concours pour l’immense majorité des agrégés) et les critères de recrutement (c’est à dire l’excellence disciplinaire) qui ont cours jusqu’ici seraient modifiés ?
Faut-il comprendre que le corps des agrégés pourrait devenir un débouché de carrière (par liste d’aptitude sur décision de l’administration), et que le recrutement externe serait tari ? La revalorisation des professeurs certifiés nécessite de tout autres mesures, notamment indiciaires.

Faut-il comprendre que la réforme de la formation et du recrutement des enseignants, que la refondation de l’école, auraient pour conséquence la remise en cause du concours de recrutement des agrégés de l’Université ?

Cela ne serait pas sans conséquence sur la place des disciplines dans l’enseignement secondaire notamment, tant il est vrai que l’existence des agrégés contribue à la valorisation des disciplines qui y sont enseignées.

Nous sommes, vous le comprendrez, tout à fait inquiets pour l’avenir de l’agrégation et des agrégés.

Nous espérons que vos réponses permettront de nous rassurer.
Nous attendons de vous, Monsieur le Ministre, toutes les garanties immédiates et nécessaires sur le maintien en l’état actuel du concours de l’agrégation avec ses épreuves disciplinaires.

En vous remerciant, veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Jacques Paris.
Secrétaire Général.


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