SNFOLC

Epreuves de LV : NON au baccalauréat maison. Communiqué SNFOLC du 28 février 2013 & compte-rendu d’audience au ministère, 27 février 2013.

28 février 2013

jeudi 28 février 2013

Epreuves de LV
NON au baccalauréat maison

Le baccalauréat doit rester le premier grade universitaire.


Des calendriers différents pour les épreuves, y compris dans une même commune, des épreuves différentes d’un lycée à l’autre, en fonction des moyens du bord, des épreuves avec des copies non anonymées, du matériel qui ne fonctionnait pas le jour des épreuves, des sujets introuvables sur une banque de sujets inexistante, des épreuves sans convocation, ni pour les élèves, ni pour les professeurs, des enseignants de LV seuls dans la classe, des enseignants d’autres niveaux et disciplines réquisitionnés, des enseignants qui ont dû se débrouiller pour élaborer un sujet, faire passer les épreuves, hors du temps de travail statutaire et gratuitement…bienvenue dans les nouvelles épreuves de langues au baccalauréat 2013.

Loin d’une énumération à la Prévert, c’est la réalité du baccalauréat en langues pour 2013.
FO intervient depuis 2012 sur cette question.

Reçue le 27 février, FO a réaffirmé son désaccord avec ces épreuves qui dénaturent le baccalauréat et font peser sur les professeurs une charge de travail considérable et gratuit. Le ministère est bien obligé de reconnaître maintenant à la fois que ces épreuves sont bien « compliquées » et qu’elles posent toute une série de problèmes.

Pour FO, ce nouveau type d’épreuves est une usine à gaz qui déréglemente le baccalauréat, le statut, les droits, les obligations réglementaires de service (ORS).

Avec FO, que ce soit dans les académies de Clermont-Ferrand, de Toulouse, de Créteil, de Versailles, à Paris, Nantes, Rouen … les personnels se réunissent, dressent leurs revendications, demandent audience au DASEN, aux recteurs.

FO reçue le 27 février 2013 a demandé, face aux difficultés, une note de cadrage national qui met en place tout de suite une double mesure de sauvegarde : tout dépassement horaire des ORS doit donner lieu à des HSE, aucun professeur ne doit se voir contraindre à interroger ses propres élèves.

Le ministère va transmettre cette demande au ministre.

FO prend acte de la volonté du ministère de dresser un bilan sur 2013. FO a demandé l’ouverture de négociations sur un vrai bilan. FO participera aux discussions pour de vrais oraux comme pour les épreuves de français.

Pour FO, la crédibilité du baccalauréat, son existence, les droits statutaires seraient remis en cause si ce système perdurait. Une brèche ouverte pour faciliter la mise en place du contrôle continu dans toutes les épreuves dans le « fameux baccalauréat » de monsieur le ministre (BFM, 24.02.2013)

Montreuil, le 28 février 2013

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Nouvelles épreuves de Langues Vivantes 2013 NON au baccalauréat maison Le baccalauréat doit rester le premier grade universitaire.

Une délégation du SNFOLC (Samya KABOUB, professeur d’allemand 93, Eric Bezault, professeur d’anglais 75, Edith Bouratchik, secrétaire générale adjointe) a été reçue à sa demande au ministère par la DGESCO (Monsieur Huart)) sur les nouvelles épreuves de langues, le 27 février 2013.

1. Compréhension orale

FO a dressé l’état des lieux de cette épreuve dont nous avons demandé le retrait : oui à un oral, mais un oral terminal et pas en contrôle en cours de formation.
La colère des enseignants est légitime et forte. FO a pris l’initiative d’une pétition ; Les signatures ont été remises à cette occasion ainsi que les lettres des sections FO aux recteurs, les pétitions locales, les motions de demandes de retrait.

FO a dressé l’état des lieux non exhaustif suivant :

  • Des épreuves à des moments différents, y compris dans une même commune,
  • Des épreuves différentes d’un lycée à l’autre, en fonction des moyens du bord, dans des salles où l’écoute par tous les élèves n’était pas possible.
  • Des épreuves avec des copies non anonymées, du matériel qui ne fonctionnait pas le jour des épreuves.
  • Des sujets introuvables sur une banque de sujets qui n’existait pas.
  • Des épreuves sans convocation, ni pour les élèves ni pour les professeurs, des tables non numérotées.
  • Des enseignants de LV seuls dans la classe ; des enseignants d’autres niveaux et disciplines réquisitionnés.
  • Des enseignants qui ont dû se débrouiller pour faire un sujet, hors du temps de travail et se concerter, là aussi au-delà de leurs obligations de service.
  • Des enseignants pris pour le passage des épreuves au-delà de leur temps de service, sans paiement des heures faites, sans récupération possible,
  • Des enseignants obligés de corriger sur place, d’autres non.

Dans la quasi totalité des établissements, aucune compensation horaire n’a été proposée aux professeurs.
Le ministère n’a pas prévu le paiement des heures faites pour la conception des sujets qui relève de chaque enseignant, la préparation, la surveillance hors temps de service, les corrections.
C’est donc gratuitement que les personnels ont dû assumer une épreuve nouvelle, sans aide, avec des formations hors temps de service.

Pour FO c’est le moyen d’introduire avec les épreuves de langues en CCF, un nouveau type de professeur : concepteur, examinateur, dans des conditions différentes d’un établissement à l’autre, qui travaille gratuitement, hors des cadres statutaires réglementaires. C’est un bac maison reposant sur la « bonne volonté » des professeurs et leur « dévouement » (Refondons l’école, V. Peillon, page 90). Pour autant, la demande de rémunération des professeurs tombe sous le sens puisqu’il s’agit d’un travail en plus, des épreuves du baccalauréat et que toutes les épreuves ouvrent des droits à rémunération.

Les personnels se sont réunis avec FO ; dans certains établissements des préavis de grève ont été déposés pour le jour des épreuves.
FO demande pour les épreuves qui ne sont pas encore déroulées (note du 14 décembre 2012, consignes aux recteurs avant les congés de Noël) qu’un cadrage national soit fait ; qu’un sujet national soit mis en place. FO a souligné l’importance possible des recours, les épreuves étant différentes d’un établissement à l’autre, les consignes différentes, en somme, une accumulation de faits qui n’ont rien à voir avec le baccalauréat épreuve anonyme, ponctuelle, premier grade universitaire.

Le ministère reconnaît que « c’est compliqué, et on a compris que c’était compliqué » ; « le ministère a réuni en séminaire national les inspecteurs ; la DGESCO a dit à nouveau aux recteurs « qu’il fallait rajouter de la norme là où il y avait trop de souplesse ».

Le ministère a reconnu être à l’écoute des demandes du SNFOLC.
Il minimise les recours pensant que le problème des recours est bordé juridiquement par l’article L 331 du code de l’éducation en ce qui concerne les examens et que le poids de la note de compréhension dans le total de l’épreuve est suffisamment faible pour ne pas donner lieu à des recours.

FO a insisté sur le fait que « le baccalauréat est le baccalauréat ; nous ne cherchons pas le buzz sur le bac, nous cherchons à ce qu’il se déroule dans des conditions de crédibilité maximale, dans ce cas, il faut éviter tous les problèmes qui l’affaiblissent et amplifient la demande de certains sur le fait qu’il serait devenu caduc. » Le ministère reconnaît qu’il veut tout faire pour qu’il se déroule dans de bonnes conditions.

2. Expression orale

Cette épreuve est elle aussi déclinée localement. Certains établissements banalisent des journées, d’autres non ; des élèves vont entrer et sortir des cours.
Il est quand même curieux et paradoxal, pour FO, que les épreuves du baccalauréat soient moins bien traitées que les épreuves de baccalauréat blanc où les journées sont banalisées.
Dans certains établissements les professeurs pourront récupérer ; d’autres auront des HSE ; ailleurs rien du tout !
Pour le passage des épreuves nous demandons qu’il soit possible de ne pas prendre ses propres élèves.

Pour FO, il est encore temps qu’une note de cadrage national soit écrite pour que des consignes claires favorables aux enseignants soient données. Ce sont des épreuves du baccalauréat, les enseignants ne peuvent pas faire cours en même temps ; ils doivent faire passer les élèves sur leur temps de service, sans dépassement des obligations de service. Tout dépassement doit donner lieu à des HSE.

Pour le ministère, les HSE ne sont pas prévues par le texte de novembre 2011 : « aucun dédommagement n’est prévu, le ministère ne peut donner de consignes en ce sens ».
Sur les échanges d’élèves, les récupérations, rien n’est interdit localement. La DEGESCO va transmettre notre demande au ministre sur une note de cadrage national. Le ministère a accepté un nouveau point sur cette question vers le 17 mars.


3. Epreuve obligatoire de littérature étrangère en langue étrangère

FO a demandé la garantie que seuls les enseignants qui ont eu à préparer cette épreuve soient convoqués en raison de sa complexité ; faire autrement serait nier à la fois le travail des élèves et des professeurs.
Le ministère regarde ce qui est possible.
Il indique par ailleurs que d’ores et déjà il « va se pencher sur la simplification de cette épreuve. »

4. Le ministère reconnaît les difficultés niées en novembre (voir CR SNFOLC 14.11.2012).
« Le ministre et le directeur de la DGESCO vont regarder comment simplifier tout cela »
Le ministère va faire le bilan de ces épreuves 2013. FO a demandé, à partir du bilan ministériel, d’ouvrir des négociations. Le ministère a accepté de recevoir FO sur le bilan afin que le syndicat puisse faire valoir son point de vue.

Pour le SNFOLC, poursuivre la campagne sur les revendications est essentiel pour à la fois établir dans les établissements, dans les académies, les revendications et le rapport de force pour que les personnels ne soient pas les victimes du bac Chatel maintenu par Peillon

FO poursuit la campagne en direction du ministre :

  • -le maintien du cadre national, anonyme et ponctuel du baccalauréat
  • -la constitution d’une banque nationale de sujets
  • -l’organisation des épreuves orales nationales en dehors du temps de cours, en fin d’année, comme en français, avec une indemnisation des collègues
  • -l’abrogation du barème de notation par palier
  • -une dotation matérielle qui réponde aux besoins réels des enseignants de langues (lecteurs audio, vidéoprojecteurs, ordinateurs...)
  • -la restitution des heures de langues vivantes perdues suite à la réforme du lycée et bien entendu le maintien de toutes nos garanties statutaires contenues dans le décret de 1950.
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