Courrier du SNFOLC

Drame de Béziers : courrier du SNFOLC aux secrétaires généraux du SNEP et du SNES

Montreuil, le 27 octobre 2011

vendredi 4 novembre 2011


Aux secrétaires généraux du SNEP et du SNES
Chers camarades,

Nous avons bien reçu votre courrier concernant le drame de Béziers et vous en remercions.

L’émotion des personnels après le suicide de notre collègue dans la cour du lycée est considérable.

La présentation, largement reprise par les médias et au delà, du geste de notre collègue comme résultant de son état psychologique individuel ou du fait qu’elle aurait eu de mauvais rapports avec les élèves nous semble tout à fait inadmissible.

Le drame survenu à Béziers n’est malheureusement pas le seul, comme le confirme un rapport récemment rendu public, qui établit que les enseignants sont massivement touchés par le « burn out ».

Il s’inscrit donc dans un contexte d’ensemble qui nécessite d’abord d’établir les responsabilités de cette situation et pour les organisations syndicales en conséquence de cibler leurs revendications.

Ce qui donne toute sa portée à ce drame, qui concerne tous nos collègues, ce sont notamment la profonde dégradation de nos conditions de travail qui résulte des suppressions massives de postes d’enseignants comme de surveillants et de CPE, de l’augmentation des effectifs dans les classes, de la désorganisation croissante des établissements, les réformes qui dévalorisent toujours plus la transmission des connaissances, l’autonomie renforcée des établissements, le temps de présence dans les établissements considérablement allongé avec des emplois du temps à trous et la réunionnite, l’absence de soutien de la hiérarchie face aux difficultés rencontrées.

Ajoutons la campagne insidieuse selon laquelle ce sont les enseignants qui seraient responsables des difficultés des élèves en conséquence de leur prétendu refus d’assumer toutes sortes de tâches alors que le but avoué est de préparer le remplacement de la définition de leurs obligations de service dans le cadre des décrets de 50 par un temps de présence dans l’établissement. Les projets d’évaluation par le chef d’établissement, sur entretien individuel, précédé d’une « auto-évaluation » mènent tout droit à un accroissement du stress et à de nouveaux drames.

Cette situation est donc la conséquence des mesures gouvernementales. Le ministre est responsable et c’est à lui d’agir pour que de tels faits ne se reproduisent plus.
C’est la raison pour laquelle notre fédération, la FNEC-FP FO, a demandé la réunion urgente du CCHS afin d’établir les causes de cette situation et les mesures d’urgence à prendre.

Il nous semble que dans ce contexte la responsabilité des organisations syndicales est de s’adresser au ministre pour lui demander des mesures urgentes qui répondent aux revendications : arrêt des entretiens professionnels dégradants et des projets d’évaluation, respect des garanties statutaires et notamment des décrets de 50, formations sur le temps de travail et non hors temps de travail (stagiaires, réforme STI), protection des personnels dans le cadre de l’article 11 du statut de la fonction publique, rétablissement de la formation professionnelle initiale, arrêt des classes surchargées et rétablissement des postes en conséquence, postes de surveillants en nombre suffisant, rétablissement de l’autorité des professeurs, notamment dans les conseils de classe.

Dans ce cadre nous nous interrogeons sur votre demande de « demi-journée banalisée ». S’agit-il d’un moyen de faire aboutir des revendications précises, d’un moyen d’action syndical en vue de créer le rapport de force pour les faire aboutir ?

Les revendications doivent être formulées et il faut demander au ministre d’y répondre.
Demander la mise en place d’un tel cadre institutionnel, organisé par le ministre, est-il susceptible de contribuer à établir le rapport de force nécessaire ? S’il s’agit de mobiliser les personnels sur leurs revendications pourquoi ne pas appeler à la réunion des personnels en assemblées générales avec leurs organisations syndicales pour établir les revendications locales et nationales ?

A l’inverse cette journée institutionnelle sans revendication et sans définition de moyens d’action ne risque-t-elle pas d’enfermer les collègues dans un cadre de discussion sur leurs conditions de travail et les risques du métier conduisant à la recherche de solutions locales avec les moyens du bord, dans le cadre de l’autonomie des établissements et d’une refonte de leur statut national, notamment du décret de 50 ?

Vous comprendrez que dans ces conditions nous ne pouvons pas nous associer a votre demande de journée banalisée.

Ce sont, chers camarades, quelques réflexions que nous vous soumettons afin de faire avancer les revendications des personnels, dans une situation dont chacun mesure la gravité aujourd’hui.
Nous restons en permanence disponibles, à tous les niveaux, pour l’action commune de nos organisations syndicales dès lors que les revendications sont communes et le moyen d’action crédible et nous sommes prêts à participer à toute réunion en ce sens.

Recevez nos salutations syndicalistes les meilleures.

Jacques Paris

Secrétaire Général du SNFOLC


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