Lettre du SNFOLC

Décrets de 50 - Lettre aux enseignants des collèges et des lycées

4 octobre 2011

mardi 11 octobre 2011

En défendant notre statut national nous défendons une école qui instruise.
Les décrets du 25 mai 1950 doivent être respectés et maintenus !

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Chers collègues,

En cette rentrée, nous sommes confrontés à des effectifs
de classes encore plus chargés, aux cours non assurés, à la
dénaturation de notre discipline, aux pressions incessantes
sur les remplacements au pied levé et la réunionnite. C’est
la conséquence des suppressions de postes, et des réformes
qui les organisent, comme celles des lycées, des STI, de la
masterisation.
A cette dégradation de nos conditions de travail, aux
salaires bloqués, s’ajoute la redéfinition de nos obligations
de service, fixées par les décrets du 25 mai 1950 en maxima
hebdomadaires d’heures de cours dans notre discipline.

A Lille, comme ailleurs : non au travail gratuit !

Le recteur de Lille a publié en avril dernier une circulaire
dans le but d’alourdir d’une à deux heures de cours le service
hebdomadaire exigible des professeurs des lycées et collèges
sans payer d’heures supplémentaires. Bref, il propose une
relecture des décrets de 1950 qui n’ont pourtant subi aucune
modification !

Concrètement, cette circulairemodifie les régimes de l’heure
de 1ère chaire et étend les majorations de service à toutes les
heures données en effectifs réduits (moins de 20 élèves), c’est-à-dire groupes de langue, TP, TD,AP, etc. Les décrets
de 1950 mentionnent, eux, les classes et rien d’autre. Selon le recteur, « l’unité de la classe fait place à la multiplication
des groupes… qui ne sont ni des groupes classes, ni les demi groupes traditionnels d’élèves de la même
classe,…la notion de division n’ayant plus désormais le même caractère normatif ». Ce sont plus de 100 postes qui
ainsi seraient économisés sur l’académie.

Des grèves quasi unanimes ont eu lieu, notamment au lycée Mousseron (Denain), Montebello (Lille), Diderot
(Carvin), B.Pascal et Ribot (Saint Omer) pour exiger le paiement des heures de 1ère chaire, et l’annulation des heures
de travail gratuit pour effectifs faibles : des reculs ont été obtenus.

A Paris, et partout : non aux 35 heures de bouche-trou pour les TZR

Le recteur de Paris prétend redéfinir complètement les obligations de service des professeurs TZR
en leur imposant « un volume horaire calculé sur la base de 35 heures lorsqu’ils ne sont pas en
responsabilité d’enseignement devant élèves. » Des professeurs seraient ainsi transformés en animateurs
et bouche-trou corvéables à merci.
Le SNFOLC s’est adressé au ministre pour exiger que ces circulaires soient retirées.

Défendre les décrets de 50, ce n’est pas
ringard, c’est défendre la transmission des
connaissances et l’Ecole publique elle-même.

Tout cela ne vise-t-il pas à préparer le démantèlement
de notre statut national, au premier chef
les décrets de mai 1950 ?

Une campagne est en cours. Les enseignants
ne seraient pas assez « présents », ce serait
même une cause d’échec scolaire ! Autrement
dit, ils chercheraient à préserver leurs petits
avantages acquis au mépris de l’intérêt de leurs
élèves.

Mais l’IFRAP (un think tank) a vendu la
mèche, en révélant le calcul selon lequel un
allongement de 2 heures du temps de service
« rapporterait » 44 000 postes ! Le mécanisme
est toujours celui de la RGPP et de ses suppressions
de postes…

Un rapport du Sénat vante le « modèle finlandais » invoqué par le ministre voilà quelques jours. On y lit notamment :
« Rien ne bougera, dans notre pays, tant qu’il n’aura pas modifié radicalement la formation des enseignants et tant
que ces derniers continueront à transmettre des savoirs de façon abstraite (…) En Finlande, le professeur n’est pas
que professeur. Il est aussi surveillant, parfois « assistant social » : il n’hésite pas à se rendre au domicile de ses
élèves. Il n’y a pas, comme chez nous, ce cloisonnement étanche entre la sacro-sainte délivrance du savoir et le reste. »

Cette attaque annoncée va de pair avec les projets d’évaluation remplaçant la notation pour donner au chef d’établissement
pouvoir sur l’avancement, les mutations et le recrutement. D’abord dans les établissements étiquetés
ECLAIR, avec la mise en place d’une prime dont l’attribution serait pour partie décidée par le conseil pédagogique
et le CA. C’est donc tout le statut qui est visé ! Les professeurs sont fonctionnaires d’Etat, ils veulent le rester !

Véritable clé de voûte du fonctionnement des lycées et des collèges, les décrets de 50 s’inscrivent dans la série des
conquêtes sociales de la Libération, à côté de la Sécurité sociale et du statut général de la Fonction publique. Ils consacrent
le rôle des professeurs qui est de transmettre les connaissances en garantissant leur indépendance pédagogique.
Lorsque le ministre de Robien osa en 2007 s’attaquer aux décrets de 50, il souleva un mécontentement si
profond que le gouvernement dut abroger son décret, comme le revendiquait FO.

Force Ouvrière n’accepte pas plus l’austérité que la casse du statut, qu’elle soit de droite, de gauche et même syndicale
 ! Travailler plus pour gagner moins, la polyvalence, c’est non !

Jacques Paris, Secrétaire général du SNFOLC

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