Conditions de rentrée 2016 : la réalité sur les moyens alloués aux établissements

Communiqué du 5 février 2016

samedi 6 février 2016

La désinformation est monnaie courante en cette période pour masquer la réalité des conditions de rentrée 2016 prévues dans les académies et départements.

La réforme du collège n’engendrait pas une diminution des moyens ?

Ils seraient maintenus ? Les conditions de travail vont s’améliorer ?


PDF - 542.4 ko

Réforme du collège, DHG

Les faits sur la réalité des
moyens alloués aux
établissements

La désinformation est monnaie courante en cette période pour masquer la réalité des conditions de rentrée 2016 prévues dans les académies et départements. La réforme du collège n’engendrait pas une diminution des moyens ? Ils seraient maintenus ? Les conditions de travail vont s’améliorer ?

DHG : des moyens soi-disant maintenus dans les collèges ? Voici les faits.

C’est un fait que la réforme du collège diminue les heures d’en- seignement disciplinaire. Dans le Rhône, 11461 heures sont supprimées, 7700 heures dans le Var. C’est un fait que dans les Vosges, la DHG diminue pour les col- lèges. Dans le département du Rhône, plus de la moitié des col- lèges perd des moyens, y compris dans 17 d’entre eux où les effectifs vont augmenter ; le DASEN ne s’engage pas sur des ouvertures de divisions, les établissements devant puiser sur leurs propres moyens si elles le peuvent ; un millier d’élèves supplémentaires est attendu dans les lycées, mais seulement 15 divisions seraient créées (dans le Var, les effectifs augmentent mais les moyens alloués aux lycées... diminuent).

Ce même constat est réalisé dans nombre d’académies : pour tenter de faire passer la réforme du collège, le prix à payer serait de prendre sur les moyens du lycée. A Besançon, si les moyens alloués aux lycées augmentent, certains établissements perdent énormément de moyens et on constate en réalité un redéploie- ment de moyens de certains établissements vers d’autres. Dans l’académie de Versailles, le rectorat informe que, contrai- rement aux années précédentes, il ne reste pratiquement aucune réserve de moyens pour les ajustements de fin d’année. C’est une sorte coup de poker pour présenter des moyens constants dans les collèges, dans un contexte marqué par la résistance des personnels !

C’est un fait que les seuils d’effectifs ont été revus à la hausse pour remplir au maximum les salles de classe et s’opposer aux créations de divisions, aux dédoublements pourtant nécessaires. C’est également un fait que les typologies des établissements ont été revues dans certains départements pour justifier la baisse de moyens et les suppressions de poste.

Classes bilangues : il y a les annonces ministérielles, et il y a la réalité dans les établissements

Quelques jours avant la grève majoritaire du 26 janvier, le ministère communiquait abondamment sur le prétendu maintien des classes bi-langues. En réalité, les situations sont très diffé- rentes selon les académies, les orientations de la réforme du collège s’appliquent bel et bien ! A Besançon, fermeture de 50% des classes bi-langues.
Dans l’ Ain, un tiers d’ entre elles sont supprimées. Dans l’académie de Caen, 95% des bi-langues disparaissent purement et simplement du paysage. Là où les bi- langues sont maintenues, aucune garantie ne peut être donnée sur leur pérennisation.
C’ est un fait que de nombreux collègues font même l’ objet localement de pressions, de chantages : pour sauver leur poste, il leur faudrait assumer la charge de la continuité de la bi-langue dans le cycle 3, et pour cela, aller compléter leur service dans le premier degré. Inacceptable et anti-statutaire !

A Versailles, le rectorat exprime d’ailleurs clairement le point de vue selon lequel il ne serait pas aberrant que des professeurs du 2nd degré en sous-service complètent leur service dans le 1er degré. Ce n’est pas règlementaire en l’état actuel des choses, et le volontariat est bien relatif lorsque le poste de l’enseignant est menacé de suppression. C’est la porte ouverte à toutes les formes de pression, de chantage.

Formations-formatage : le rejet de la réforme s’amplifie

Alors que l’immense majorité des enseignants rejette la réforme, les réunions de formation-formatage se poursuivent. Nombreux sont les enseignants consternés : au lieu de les laisser faire cours, on leur impose une formation au contenu indigent. Localement on exige même de certains enseignants qu’ils préparent eux-mêmes des modèles d’EPI avant la réunion de formation, alors que celle-ci n’est pas en mesure de répondre aux questions sur la manière de faire fonctionner la réforme ! Les « arguments » pour imposer les formations sont à géométrie variable selon les académies.
A Versailles, le rectorat répond à FO que les formations peuvent être imposées aux enseignants, au nom de l’article 7 du décret FP de 2007, et ajoute que « la formation fait partie des obligations, votre organisation l’a dit au moment du décret sur les obligations règlementaires de service [NDR : décret Hamon du 20 août 2014 contre le lequel FO a voté lors du CTM du 27 mars 2014], le temps de service ne se limite plus aux ORS d’enseignement devant une classe ». Mais l’obligation de formation ne figure pas dans ce décret !
C’est donc ici, comme ailleurs, une volonté d’imposer au for- ceps une réforme très massivement rejetée et combattue, au nom des 1607h qui justifieraient tout et n’importe quoi. C’est l’inacceptable qu’on tente d’imposer aux collègues dans les formations-formatage qui se poursuivent.

Une exigence commune : la réforme du collège doit être abrogée

La préparation de la rentrée 2016 montre déjà que celle-ci s’annonce comme une dégradation forte des conditions de travail des personnels dans les collèges mais aussi dans les lycées. Le SNFOLC invite tous les personnels dans les établissements à se réunir en AG et HIS, avec leurs organisations syndicales, pour dresser précisément l’état des lieux, déterminer leurs revendications. Plus que jamais, la réforme du collège doit être abrogée !
Aucune suppression de poste ! Maintien du latin, du grec, des bi-langues, des classes européennes ! Des moyens permettant réellement de réduire les effectifs dans les classes, maintien ou restitution des dédoublements là où ils sont nécessaires ! Demandes collectives d’annulation des réunions de formation-formatage !

La grève du 26 janvier, à l’appel de l’intersyndicale 2nd degré et de l’intersyndicale fonction publique (FO, CGT, Solidaires, et avec le soutien de la FSU) a été puissante. Elle a rappelé que malgré la désinformation, malgré les formations-formatage, l’exigence d’abrogation de la réforme du collège est renforcée. En refusant de nous entendre, la ministre prend la responsabilité de la poursuite du conflit. La mobilisation est à nouveau montée d’un cran le 26 janvier dernier. La question n’est-elle pas posée de tout arrêter, de tout bloquer, de la grève jusqu’au retrait de la réforme du collège ? Le SNFOLC invite les personnels à en discuter partout.


SNFOLC - 6, rue Gaston Lauriau 93513 Montreuil Cedex
Tél. : 01 56 93 22 44 - Fax : 01 56 93 22 42
Heures de permanences : 9h - 12h30 et 14h - 18h du lundi au vendredi
snfolc.national@fo-fnecfp.fr