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Circulaire de rentrée 2012 : communiqué SNFOLC du 5 avril 2012 Attaques tous azimuts contre le statut au nom de « La personnalisation des parcours scolaires »

5 avril 2012

vendredi 6 avril 2012


On aurait tort d’en rester à l’impression de fatras et d’entassement de toutes les innovations et
expérimentations dans lesquelles aucun collègue ne pourrait se reconnaître. Que pas un mot, dans
ces longues dizaines de pages, n’y soit réservé à la transmission des connaissances disciplinaires ou
à la préparation du baccalauréat, tient au fait que la circulaire de rentrée, en se plaçant d’emblée
sous le signe de la « personnalisation des parcours scolaires » poursuit un tout autre objectif. Le
ministre, en rassemblant tout l’arsenal de ses contre réformes, montre qu’elles font système dans
une logique d’éclatement réglementaire.

« Personnaliser et responsabiliser,
les deux mots clés du progrès du système éducatif »

Personnaliser, c’est-à-dire individualiser, pour substituer l’« Ecole du socle » (le mot revient à 23
reprises !) à la transmission des connaissances disciplinaires organisées en programmes nationaux
conduit la circulaire ministérielle à :

  • - faire de la « liaison école-collège » une référence incontournable,
  • - promouvoir « les nouvelles formes variées d’alternance proposées dès la classe de 4ème… »,
  • - « généraliser progressivement le LPC à l’école à partir de la rentrée 2O12 »,
  • - « consolider la réforme des lycées (« l’accompagnement personnalisé concerne désormais toute la
    scolarité avec sa mise en place en classe Terminale à la rentrée 2012 », « un nouvel enseignement en
    Terminale littéraire : droits et grands enjeux du monde contemporain », « nouvel enseignement de
    spécialité en Terminale scientifique : informatique et sciences du numérique », « rénovation de la
    série STG qui devient STMG et, dans une certaine mesure, de la série ST2S »
    ),
  • - proposer un plan national de formation pour 2012 structuré autour de « grands axes » tous au
  • service de la réforme (socle commun, réforme du lycée, parcours de l’élève, usage du
  • numérique,…),
  • - présenter « le programme ECLAIR comme l’avant-garde de notre Ecole »…,
  • - organiser des établissements en « réseaux » autour des « internats d’excellence » avec « parcours
  • mixtes entre statut scolaire et apprentissage, et mixité des statuts dans une même formation »,
  • - utiliser les LV (langues vivantes) comme bélier contre les décrets de 50 avec l’expérimentation de la « globalisation » (dans 10% des collèges) : chaque élève dispose de 684 heures de LV sur l’ensemble de sa scolarité (annualisation, groupes de compétences, déséquilibres entre les différentes LV, nouvelles épreuves de langues au bac en 2013 »,
  • - installer un « accompagnement spécifique des établissements comptant un nombre important d’exclusions »
  • - avancer l’expérimentation « cours le matin, sport l’après-midi »,
  • - généraliser la « politique éducative de santé » en retenant « 7 domaines prioritaires pour le projet de chaque établissement (sexualité, drogue, nourriture,… »),
  • - rassembler l’ensemble des dispositifs permettant l’accompagnement des jeunes en difficulté
    « sous le label Réseau nouvelle chance …tant dans le champ de la prévention que du raccrochage »

La circulaire mêle annonces de nouvelles mesures et d’autres déjà prises. L’exigence de
« personnaliser », placée en exergue, vise directement les droits collectifs liés au statut en rendant
les collègues individuellement responsables des conditions dans lesquelles ils travaillent. Elle est relayée à de multiples reprises :

  • - « l’autonomie dont disposent désormais tous les responsables du système éducatif… »,
  • - Contrats MEN/académie (Versailles, Créteil, Lille, Montpellier, Strasbourg, Poitiers et Dijon, pour
    commencer) pour « un dialogue de gestion et de performance rénové… » prolongés par des
    « contrats d’objectifs »
    entre rectorats et établissements et des « contrats regroupant un collège et
    les écoles du secteur, notamment en ECLAIR »,

A noter que reviennent très souvent des incitations à nouer des liens avec les CT (collectivités territoriales) : « réseau scolaire et intercommunalité », « partenariats entre l’établissement et les
acteurs du territoire », « coordination de l’action culturelle en lien avec les DRAC et les CT »,

« partenariats avec les services de l’Etat et les CT pour généraliser l’EDD (l’éducation au
développement durable »…
.

Internet est présenté comme la solution à appliquer en toutes occasions : « de nouveaux outils, via
notamment Eduscol : … grilles de référence, vade mecum, fiches d’accompagnement personnalisé
6ème, DVD socle, clips video thématiques, … », « bureau numérique du professeur » , « les espaces en
ligne de ressources et de formation, clé « entrer dans le métier et une autre se préparer aux métiers
de l’enseignement, ENT (environnement numérique de travail), sans oublier le cahier de textes
numérique ou la « mobilité virtuelle » à laquelle la circulaire fait appel pour le séjour linguistique à
l’étranger promis à chaque élève « au cours de sa scolarité »…

En conclusion, chacun comprendra que si la question des postes n’apparaît dans aucune des
citations énumérées, c’est bien entendu que la RGPP, pour le ministre, ne saurait poser problème
aux collègues : « personnaliser » avec des classes à 30 en collège … ! Comme nous le disions dans
les premières lignes de cette fiche, le côté « caverne d’Ali Baba » de la circulaire, répond à l’objectif
de masquer la volonté gouvernementale de se dégager du cadre statutaire en proposant à chaque
pas toutes sortes de combines visant à substituer des mesures d’accompagnement éducatif à la
place des moyens assurant la transmission des connaissances disciplinaires. En témoignent, à titre
d’exemple supplémentaire, le recours à l’institution de « référents » (référent vie lycéenne, référent
parents d’élèves, référent culture, référent sécurité routière, etc…) sans parler des « numéros
verts »
ou la mise en avant de la nécessité de concevoir des expérimentations au nom du très
redoutable article 34 de la loi du 23 avril 2005.

La circulaire de rentrée, on le voit, souligne la place de l’action syndicale pour la défense des acquis
statutaires, en particulier l’exigence de retrait de la réforme de l’évaluation qui livrerait les
personnels à l’arbitraire le plus complet.

5avr12 communiqué_FO_circulaire de rentrée

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