FNEC-FP-FO

CSE du 24 octobre : Déclaration de la FNEC FP-FO

24 octobre 2012

vendredi 26 octobre 2012


Monsieur le Ministre, monsieur le Président,

Je m’exprime ici au nom de la confédération
Force Ouvrière et de sa fédération de
l’enseignement, la FNEC FP FO.

Parmi les textes que vous présentez à ce CSE il
y a ceux qui concernent la mise en oeuvre des
contrats d’avenir professeur. Lors du CSE du 24
août dernier, nous avons refusé de prendre part
au vote sur ce dispositif qui est un nouveau
dispositif d’emplois précaires, recrutés localement
et qui n’est en rien un dispositif de
pré-recrutement. Ni sur le plan des
« rémunérations », ni sur le plan des « missions »,
ce nouveau dispositif de contrats aidés ne
correspond à ce qui est nécessaire aussi bien en
terme de postes statutaires dans les établissements
qu’en terme de solution au chômage des jeunes.
En toute logique nous refuserons également de
prendre part au vote sur le texte de mise en
oeuvre de ce dispositif que vous nous soumettez
aujourd’hui.

Mais ce CSE se tient dans un contexte particulier ;
vous avez présenté aux organisations syndicales
les principales propositions de votre projet de loi
d’orientation et de programmation. A ce jour,
nous n’avons toujours pas reçu le texte de votre
projet. Nous continuons donc à nous exprimer
sur vos annonces et vos intentions exprimées
publiquement.

Nous devons vous réaffirmer notre opposition à
l’école du socle de compétences même rebaptisé
« socle de connaissances, de compétences et de
culture » et au livret personnel de compétences
qui l’accompagne. Votre volonté de confirmer ce
socle de compétences vous amène à poursuivre
l’essentiel des contre réformes des gouvernements
précédents dont nous vous demandons, avec les
personnels, l’abandon.

Vous avez annoncé vouloir modifier le rythme
scolaire de la journée à l’école primaire. La
semaine de 5 jours que vous entendez mettre en
oeuvre soulève de redoutables questions. Il
s’agirait d’une aggravation des conditions de
travail et de définition des obligations de service
des instituteurs et professeurs des écoles. Une
partie de ces obligations de service dépendrait
directement du projet éducatif local, c’est-à-dire
d’une politique éducative locale et de
l’organisation qui en découlerait. Et les
collègues dont les rémunérations sont bloquées
devraient en outre supporter les frais liés à ce
jour de travail supplémentaire qui leur serait
imposé.

Un axe essentiel de vos propositions consiste à
mettre en oeuvre l’acte III de la décentralisation
dans l’éducation nationale. Vous voulez
territorialiser l’école. Ainsi vous envisagez de
confier aux régions l’orientation scolaire dans le
cadre d’un service public territorialisé
d’orientation dont les personnels, les conseillers
d’orientation psychologues, verraient leurs
missions et obligations de service définies pour
partie par une convention entre la région et le
rectorat. Doit-on comprendre que le sort promis
à tous les fonctionnaires par l’acte III de la
décentralisation est celui de services et de
missions définis conventionnellement ? Ce
serait sans précédent dans l’histoire de toute la
Fonction publique ?

Enfin toujours au nom de la décentralisation,
vous voulez abandonner la carte des formations
professionnelles, donc l’avenir des lycées professionnels
présentés comme « complémentaires »
à l’apprentissage, à la responsabilité et au
pilotage des conseils régionaux. Nous venons
d’apprendre que la région Ile de France
envisagerait de fermer 7 lycées professionnels à
Paris. S’agit-il d’une anticipation ?

Vos annonces sont d’une extrême gravité. Si
elles étaient confirmées votre loi poursuivrait et
aggraverait le délabrement de l’école publique
par la confirmation de l’école du socle de
compétences et l’acte III de la décentralisation.

Nous devons vous le redire, ces annonces ne
rencontrent aucun consensus, ces annonces
provoquent inquiétude et colère chez les
personnels. Vous prendriez la responsabilité
d’une fracture avec les personnels si vous
confirmiez vos intentions dans le projet de loi.

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CSE-declaration_FO 24_octobre

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