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CPGE : Conventions CPGE-Universités, la vigilance s’impose - SNFOLC - 26 novembre 2014

26 novembre 2014

jeudi 27 novembre 2014


La loi Fioraso n° 2013-660 du 22 juillet 2013 contre laquelle s’était prononcée Force
Ouvrière au CNESER le 25 février 2013, oblige dans son article 33 « chaque lycée
public disposant d’au moins une formation d’enseignement supérieur »
de conclure
« une convention avec un ou plusieurs établissements publics à caractère
scientifique, culturel et professionnel de son choix dans son académie afin de prévoir
des rapprochements dans les domaines pédagogique et de la recherche et de
faciliter les parcours de formation des étudiants. »

Pour Force Ouvrière, il convient de placer un certain nombre de garde-fous pour
éviter que ces accords, qui doivent être votés par les conseils d’administration, ne
remettent en cause la nature des classes préparatoires aux grandes écoles, la qualité
des formations qui y sont délivrées, le statut des personnels qui y enseignent.

Tout d’abord, aucune convention ne devrait imposer des échanges de service entre
les CPGE et l’Université, ce qui amorcerait dans les faits une indifférenciation des
services des professeurs de classe préparatoire et des PRAG, avec, à terme,
alignement des rémunérations, des conditions d’exercice et des obligations
réglementaires de service (« 384 heures de travaux dirigés ou de travaux pratiques »
par an, décret n°93-461 du 25 mars 1993).

Ensuite, il n’est pas envisageable d’instaurer une sorte de sectorisation où chaque
CPGE ne relèverait que d’une université. Agir autrement reviendrait à condamner les
classes préparatoires partenaires de facultés jugées, à tort ou à raison, peu
prestigieuses. Chaque lycée doit pouvoir signer plusieurs conventions afin d’offrir un
véritable choix à ses étudiants, en fonction de leurs disciplines, de leurs goûts et de
leurs aptitudes.

En troisième lieu, la discipline dominante ne doit pas être déterminée avant la fin de
l’année scolaire. Dans le cas contraire, les hypokhâgnes ne pourraient demeurer
indifférenciées et les élèves, obligés de faire un choix prématuré pour les ECTS,
verraient se multiplier les occasions de se fourvoyer.

Il n’est pas envisageable de contraindre les étudiants à des déplacements réguliers
entre l’université et le lycée sauf à alourdir leur emploi du temps au-delà du
raisonnable.

S’agissant des droits d’inscription à l’Université, nous rappelons qu’ils s’ajoutent aux
frais d’inscription aux concours. Toutes ces dépenses supplémentaires ne favorisent
pas la mixité sociale des CPGE.

Enfin, il ne serait pas acceptable que les régions réduisent les dotations accordées
aux lycées disposant de CPGE au motif qu’ils pourraient demander à leurs
universités partenaires de reverser une partie des droits d’inscription acquittés par
leurs étudiants.

Les élèves et leurs professeurs s’étaient massivement mobilisés, en décembre
dernier, pour défendre les classes préparatoires menacées par les projets du
ministère. Il ne faudrait pas que les conventions CPGE-Universités servent de moyen
d’amorcer une intégration des CPGE aux Universités ni à réintroduire subrepticement
des réformes unanimement rejetées, car uniquement dictées par des considérations
budgétaires, à courte vue.

Plus que jamais, dans chaque établissement, pour Force Ouvrière, la vigilance
s’impose.

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CPGE_26_NOV_2014

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