Autonomie et indicateurs de résultats des lycées :
Le Ministre passe à la mise en concurrence des établissements

lundi 26 avril 2010, par Claude Singer

Une large publicité a été donnée à la publication des « indicateurs de résultats » des lycées par le ministère. Ces « indicateurs » servent de fait à opérer un classement des lycées par le Ministère de l’Education nationale, en introduisant notamment un critère de « valeur ajoutée » des établissements, selon la terminologie utilisée dans les entreprises.
Le classement ministériel gratifie en passant les établissements privés d’une publicité éhontée.


Cette opération souligne la volonté du ministre de poursuivre à marche forcée dans la voie de l’autonomie des établissements, et de leur mise en concurrence, c’est à dire de l’éclatement du caractère national des programmes, des diplômes et des statuts des personnels.

L’Etat dégage ainsi sa responsabilité des difficultés de l’Education nationale, celles-ci ne relèveraient plus que du projet de chaque établissement, et de son contrat d’objectifs. A charge aux personnels de se débrouiller pour y faire face, dans un contexte de suppressions massives de postes, sous la houlette du Conseil d’administration et du conseil pédagogique.

Cette nouvelle opération médiatique s’enchaîne parfaitement avec les conclusions tirées par le ministre des Etats généraux de la sécurité à l’Ecole et, notamment, le dispositif CLAIR (Collèges et Lycées pour l’Ambition, l’Innovation et la Réussite). Celui-ci confère aux chefs d’établissement toute liberté pour « choisir leur équipe » et tous les moyens d’ « attirer les professeurs déterminés à relever ce défi » (de la lutte contre la violence). Le ministre ajoute que ces établissements auront « toute latitude pour mettre en œuvre leur projet pédagogique ». Il renvoie également à la « formation des enseignants à la gestion de crise » la responsabilité de faire face, alors qu’il va nommer les stagiaires sur des postes à plein temps à la rentrée et les priver d’une véritable formation professionnelle.

Selon lui la déréglementation, qui va aussi de pair avec l’assouplissement de la carte scolaire serait donc la solution à tous les problèmes, alors qu’elle n’apporte chaque jour qu’un peu plus de désorganisation des établissements, de perte de repère pour les élèves, et sape l’autorité des personnels.

A la logique républicaine fondée sur des services publics qui garantissent les droits égaux de chacun, le gouvernement substitue une logique de concurrence et de privatisation, l’instruction devenant plus affaire de moyens financiers et de réseaux qu’un des premiers droits reconnus par la Constitution.

Ces dernières initiatives ne font qu’éclairer la véritable signification des réformes en cours, que ce soit celle des lycées, de l’autonomie des établissements ou de la formation et du recrutement des enseignants. Elles ne peuvent que renforcer l’exigence de leur abandon.

Montreuil le 15 avril 2010


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