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Agrégation : FO soutient les jurés démissionnaires de l’agrégation d’histoire - SNPREES et SNFOLC & explications des démissionnaires eux-mêmes.27-09-2013

25 septembre 2013

vendredi 27 septembre 2013

Pour le maintien et la défense de l’agrégation
FO soutient les jurés démissionnaires
de l’agrégation d’histoire


FO a pris connaissance de la déclaration des 15 universitaires membres du jury de l’agrégation d’histoire, démissionnaires à la suite de la nomination d’un inspecteur général de l’Education Nationale à la tête de ce jury (arrêté du 30.08.2013). Cette nomination a été faite sans aucune concertation avec les collègues universitaires concernés, comme il est de coutume en pareil cas, alors que dès juillet dernier, dans un courrier adressé au ministre de l’Education Nationale, les membres du jury avaient alerté quant aux risques que représenterait une telle nomination : affaiblissement du concours, déconnexion entre la recherche et ce concours qui vise à préparer à haut niveau des enseignants.

Cette nomination vise en réalité à mettre au pas des jurys indépendants qui font le lien avec la recherche, des universitaires qui ont l’audace de penser que la formation des enseignants passe aussi par la satisfaction des meilleures exigences disciplinaires, garante de la meilleure qualité d’enseignement au profit des élèves qu’ils auront à enseigner.

Le SNPREES-FO et le SNFOLC soutiennent donc sans réserve la position prise par les 15 membres du jury. Comme eux, FO considère qu’il s’agit de briser le lien entre l’université et la formation des enseignants : « ce qui menace, c’est la poursuite, comme pour le CAPES et les Masters MEEF, de l’entreprise visant à écarter l’Université de la formation des enseignants. A terme, c’est l’ensemble de notre offre de formation qui s’en trouvera un peu plus fragilisée. » Comme eux, elle considère que « c’est l’agrégation qui est visée », sinistre écho à la déclaration faite par le ministère de l’enseignement supérieur à une délégation F.O. s’inquiétant du devenir de ce concours : « Est-ce que l’Education nationale a encore besoin de l’agrégation ? » (Communiqué FO du 30/11/2012). Comme eux, elle pense que cette nomination doit être mise en lien avec « les effets dramatiques de la mastérisation » et « le rythme éreintant des réformes qui ont affecté le CAPES ». FO rappelle que déjà, contre La mastérisation, une partie du jury de l’agrégation de mathématique avait démissionné en février 2012.

Ces attaques successives contre des concours d’un haut niveau disciplinaire sont des attaques contre les disciplines elles-mêmes, exigeantes dans leur apprentissage et guides dans la construction d’une pensée critique et organisée.

Les réformes qui ont mis en œuvre la « mastérisation » maintenue par V.Peillon, et celles qui aujourd’hui la prolongent et l’amplifient à travers les Masters « MEEF », dans la loi de refondation de l’Ecole du même ministre, marginalisant fortement les connaissances disciplinaires dans le processus de recrutement des enseignants, ont pour effet de produire un enseignement dégradé.

La réduction de l’enseignement au « socle commun », l’évaluation par « compétences » de la loi Peillon, ou la « spécialisation progressive » en Licence prévue par la loi Fioraso vont dans le même sens : la négation de la discipline dans les concours et tout particulièrement de l’agrégation.

FO s’adresse au ministre pour lui demander de répondre clairement sur le maintien et l’avenir de l’agrégation ainsi que sur le corps des agrégés. Les pourtant nombreuses déclarations des ministres évitant consciencieusement ces questions sont une alerte pour tous les professeurs. Une non réponse du ministre serait le signe évident que l’école « refondée » se passe des agrégés et des disciplines de recherche. Pour FO, ni l’agrégation, ni les agrégés ne sauraient être mis en extinction !

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Chères collègues, chers collègues,

Veuillez trouver ci-dessous un message, transmis par Christophe Chandezon, qui fait
le point sur la situation du jury de l’agrégation externe d’Histoire et vous explique les
raisons de la décision prise hier par 15 membres du jury d’adresser leur démission au
Ministère de l’Education Nationale.
Bien cordialement,
Antonio Gonzales,
Jean-Christophe Couvenhes,
Secrétaire de la SOPHAU

Cher(e)s collègues,

En juillet dernier, les historiens membres du jury d’oral de l’Agrégation externe
d’histoire ont exprimé leur crainte de voir le Ministère de l’Education Nationale nommer
sans la moindre concertation représentant de l’Inspection générale à la présidence du
jury.

Au-delà du symbole, il s’agissait de mettre en garde contre le risque d’affaiblir
l’Agrégation en découplant de la recherche la préparation d’un concours d’excellence.
Les interventions et le courrier signé par tous les membres enseignants-chercheurs
historiens du jury sont restés lettre morte. La nomination du nouveau président du
concours est désormais officielle :

http://www.education.gouv.fr/pid255...

Elle revient à l’Inspecteur général Yves Poncelet, vice-président du concours 2013.

Il est important que collectivement les historiens universitaires aient conscience de
ce qui est en jeu : après les effets dramatiques ? de la mastérisation, le rythme éreintant
des réformes qui ont affecté le CAPES, désormais, c’est l’Agrégation qui est visée.

Il ne faut pas être grand clerc pour deviner qu’à très court terme l’Agrégation ne sera
plus l’Agrégation, alors même qu’au fil des années les jurys successifs avaient fait
évoluer le concours progressivement et dans une large concertation. Si l’Agrégation
clone à court terme le Capes nouveau style, elle n’aura bientôt plus aucune raison
d’exister.

Des présidents de jurys d’Agrégation ont déjà été choisis au sein de l’Inspection
générale, mais dans un contexte tout à fait différent.

Aujourd’hui, ce qui menace, c’est la poursuite, comme pour le CAPES et les Masters
MEEF, de l’entreprise visant à écarter l’Université de la formation des enseignants. A
terme, c’est l’ensemble de notre offre de formation qui s’en trouvera un peu plus
fragilisée.

Depuis le 5 juillet, le Ministère de l’Education Nationale avait le temps, si telle
avait été son intention, de dialoguer avec le jury. Au contraire, aucune réponse ne lui est
parvenue et le jury a été systématiquement tenu à l’écart de toute la procédure qui a
conduit à la nomination d’un nouveau Président. Ses membres pensaient mériter un
autre traitement de la part des autorités de tutelle, dans la mesure où le bon déroulement
du concours repose largement sur l’engagement et le dévouement collectif pour faire
vivre le concours et en maintenir la qualité scientifique.

Les 15 signataires ne souhaitent pas continuer à participer au jury d’oral pour la
prochaine session dans ces conditions, et ont le 16 septembre au matin adressé une lettre
de démission au Ministère de l’Education Nationale.

  • Christophe Chandezon, Vice-président, Professeur d’histoire ancienne,
    Université Paul-Valéry - Montpellier III
  • Jean-Louis Gaulin, Vice-président, Professeur d’histoire médiévale,
    Université Lumière - Lyon 2
  • Reynald Abad, Professeur d’histoire moderne, Université Paris IV-Sorbonne
  • Pierre-Yves Beaurepaire, Professeur d’histoire moderne,
    Université de Nice Sophia - Antipolis, Institut Universitaire de France
  • Michel Bertrand, Professeur d’histoire moderne,
    Université de Toulouse, Institut Universitaire de France
  • Philippe Chassaigne, Professeur d’histoire contemporaine,
    Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3
  • Sophie Dulucq, Professeure d’histoire contemporaine,
    Université Toulouse - Le Mirail
  • Thierry Dutour, Maître de conférences d’histoire médiévale,
    Université Paris IV-Sorbonne
  • Xavier Huetz de Lemps, Professeur d’histoire contemporaine,
    Université Nice Sophia Antipolis
  • Frédérique Lachaud, Professeur d’histoire médiévale, Université de Lorraine
  • Christel Müller, Professeur d’histoire grecque,
    Université Paris Ouest Nanterre La Défense
  • Eric Perrin-Saminadayar, Professeur d’histoire grecque,
    Université Paul-Valéry - Montpellier III
  • Pierre Ragon, Professeur d’histoire moderne,
    Université Paris Ouest Nanterre La Défense
  • Bertrand Schnerb, Professeur d’histoire médiévale,
    Université Charles-de-Gaulle - Lille 3
  • Nicolas Tran, Professeur d’histoire romaine,
    Université de Poitiers, Institut Universitaire de France
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