SNFOLC

Académie de Strasbourg, Anne Spicher présidente du SNALC et Marie Verdon commissaire paritaire des certifiés, rejoignent FO - 12 juin 2014

12 juin 2014

vendredi 13 juin 2014


La présidente du SNALC de Strasbourg rejoint le SNFOLC

Interview d’Anne Spicher

Tu as choisi de rejoindre le SNFOLC : peux-tu nous parler
de ton parcours syndical ?

Elue des personnels depuis 1996 et responsable
académique du Snalc, j’ai oeuvré à la défense des
professeurs et de notre métier. J’ai milité pour
l’amélioration des conditions de travail des enseignants
et pour la transmission des connaissances.
J’ai toujours refusé la dérive de l’enseignement
vers l’animation, j’ai dénoncé les absurdités de la
réunionite et du pédagogisme.

Quelles sont les raisons qui t’ont poussée à rejoindre le
SNFOLC ?

Si j’ai décidé de rejoindre le SNFOLC, c’est parce
que je ne me reconnais plus dans un syndicat, le
Snalc, qui a perdu son indépendance. Soutenir le
projet de décret Peillon sur les statuts des professeurs,
comme le fait le Snalc, c’est contribuer au
démantèlement de notre métier et avaliser des mesures
d’austérité. C’est condamner les professeurs
à travailler plus en gagnant moins. C’est inacceptable
pour moi.

Selon toi, quels sont les principaux dangers des projets
de décret Peillon ?

Si les projets de décret Peillon étaient officialisés,
ce serait une catastrophe pour les professeurs et
pour l’enseignement. L’abrogation des décrets 50,
sécurisants pour les personnels, entraînerait une redéfinition
de nos missions : augmentation inévitable
de notre temps de travail, risque
d’annualisation des services, réunionite accrue,
perte de liberté pédagogique. A cela, il convient
d’ajouter une perte de rémunération pour de nombreux
enseignants.

Y a-t-il d’autres risques ?

Oui, car le projet de décret Peillon ouvre la voie à
la territorialisation de l’enseignement secondaire,
par le biais d’un système indemnitaire avec missions
attribuées sous tutelle du Conseil d’Administration,
où siègent élèves, parents et représentants
des collectivités territoriales et du patronat.

Quels sont, d’après toi, les atouts du SNFOLC ?

Il s’agit d’un syndicat professionnel et indépendant.
Le siège de la fédération F.O. au Comité Technique
Ministériel lui assure la représentativité nécessaire
pour faire entendre ses revendications et
s’opposer aux projets destructeurs, comme elle l’a
fait en votant contre le projet de décret Peillon le 27
mars dernier.

Quelles sont aujourd’hui les priorités en termes d’action
syndicale ?

Plus que jamais, les professeurs ont besoin d’être
défendus. Nos revendications salariales doivent
être entendues, nos conditions de travail doivent
être améliorées. Le combat n’est pas fini. Je le
poursuis désormais aux côtés des militants du
SNFOLC, contre l’austérité et le gel du point d’indice,
contre les politiques éducatives qui dénaturent
l’enseignement.

Peux-tu nous parler de ta vision de l’Education Nationale
 ?

L’Ecole est faite pour instruire, transmettre des
connaissances, développer la réflexion et l’esprit
critique. L’Education doit rester nationale, les professeurs
doivent être reconnus et respectés. Leurs
missions doivent être définies en maxima hebdomadaires
d’heures d’enseignement.

Quel est ton message aux enseignants ?
Et plus particulièrement aux adhérents du Snalc ?

J’invite les adhérents du Snalc et les professeurs
en général à faire le bon choix : en rejoignant le
SNFOLC à votre tour, vous faites un choix utile.
Contre la dégradation de nos métiers, contre l’austérité
salariale. Vous choisissez l’indépendance
syndicale.

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Quitter un SNALC infidèle

le 6 mai 2014

Nathalie Marie VERDON
Commissaire paritaire Certifiée
Académie de Strasbourg

Depuis la nomination de M. Portzer à la Direction
Nationale du SNALC j’ai vu peu
à peu bafoués les valeurs et principes fondamentaux
qui m’avaient amenée à adhérer au
SNALC en 2008 et être élue commissaire paritaire
en 2011 : recentrer les missions sur la transmission
des savoirs disciplinaires, faire respecter la liberté
pédagogique, l’autorité légitime des professeurs et
la laïcité. Indignée par les choix opérés par le syndicat,
en particulier le Décret des Métiers relatif
aux obligations et missions des personnels enseignants,
pour lequel le syndicat a complaisamment
donné un blanc-seing à M. Peillon, j’ai décidé de
quitter le SNALC.

Il est désormais plus urgent et nécessaire pour moi
de soutenir les personnels dans un contexte d’abdication
des partenaires sociaux. En participant
désormais aux actions menées par le SNFOLC, je
souhaite porter les principes et idées que le
SNALC avait toujours défendus jusqu’ici et qui se
retrouvent piétinés aujourd’hui par la nouvelle
ligne du syndicat. D’aucuns tentent de tromper les
professeurs en leur faisant croire que le Décret
Peillon est une avancée : la modernité voudrait que
les enseignants travaillent plus que les 42 heures
par semaine selon les propres enquêtes du Ministère,
quand certains souffrent déjà d’une augmentation
sensible de leur charge de travail du fait de
la multiplication de tâches périphériques à l’enseignement
et la conception des cours.

Ce Décret constitue une régression majeure. Mais
le musellement des syndicats n’est pas une fatalité.
Le signe du courage, en cette époque de conformisme,
est la capacité de rester fidèle à ses convictions
– non pas par entêtement ou par défi, ni pour
avoir raison envers et contre tout – mais simplement
parce qu’elles représentent les valeurs auxquelles
on croit.

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